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[NOISE] de Tetsuya Tsutsui

 
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sushikouli
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 29 Oct 2003

Message Posté le : 30/09/18 11:33    Sujet du message: [NOISE] de Tetsuya Tsutsui Répondre en citant

Résumé éditeur :
Dans un village que la dépopulation condamne à disparaître, une lueur d’espoir naît : Keita, un agriculteur du coin, a créé une nouvelle espèce de figues qui fait sensation dans tout le Japon grâce aux recommandations d’une star du web ! Avec la couverture médiatique, l’économie locale repart. Keita espère que ce renouveau permettra de rouvrir l’école, ce qui pourrait convaincre sa femme partie à la grande ville de revenir avec leur fille.

Mais la paisible bourgade voit son quotidien bouleversé par l’arrivée d’un inconnu à la mine patibulaire, Mutsuo Suzuki. Il dit vouloir travailler comme journalier, seulement son attitude bravache et ses mensonges évidents inspirent la méfiance. Les doutes de Keita se confirment quand son meilleur ami lui apprend qu’il a reconnu l’étranger : condamné il y a plusieurs années pour une affaire de harcèlement et de meurtre, c’est un criminel fraîchement sorti de prison ! Que faire s’il s’installait dans la région ?


Je réagis aux commentaires de Gemini :

Citation:
Avec Noise, il coche absolument toutes les cases du bon vieux réactionnaire :
- Un violeur/meurtrier sort de prison avant d'avoir terminé de purger sa peine, car le système judiciaire japonais le considérait comme un prisonnier modèle.
- Il tue la personne suffisamment stupide pour s'occuper de la réinsertion d'anciens prisonniers comme lui.
- La police fût incapable de l'empêcher d'agir la première fois, en particulier en raison de commentaires de citoyens sur internet leur reprochant leur violence à son encontre.
- Le "prisonnier modèle" n'a évidemment qu'une idée : recommencer à violer et tuer.
- Seuls d'honnêtes citoyens peuvent l'arrêter.


J'ai trouvé ça cliché et convenu. Pourquoi vouloir le traiter de réac ?
Citation:
L'auteur a beau dire ne pas prendre parti pour ses personnages, se contenter de raconter leurs histoires, c'est bien lui qui met en place tous ses éléments concomitants, sans la moindre once d'ambiguïté. Il aurait par exemple pu surprendre le lecteur en révélant que l'individu suspect n'a rien à voir avec le criminel libéré de prison, et qu'il est uniquement victime de préjugés, il n'en fait rien ; le scénario est au contraire totalement primaire, et les partisans de la justice citoyenne présentés par le mangaka comme des individus parfaitement raisonnables et dans leur bon droit. De la même façon, quel intérêt de dire qu'il a été libéré de prison avant d'avoir purger l'intégralité de sa peine, sinon pour indiquer qu'il aurait dû être sous les verrous au moment du récit, et donc incapable d'accomplir le moindre méfait ? C'est totalement délibéré et fait parti d'un plan d'ensemble.

Je pense que tu es passé à côté de son propos. Vraiment. Pour moi, le thème central du récit c'est davantage "Comment la vie de Monsieur Toutlemonde (surtout quand la vie lui sourit) peut basculer du jour au lendemain à cause de concours de circonstances et de mauvais choix faits par facilité".

Tsutsui a utilisé le cliché du criminel parce que c'est à peu près la seule raison, aujourd'hui, qui peut mener à un meurtre tout en laissant une échappatoire à l'assassin. Là, les "gentils" utilisent ce que j’appellerai "les solutions de facilité" et tentent de se donner bonne conscience. Et heureusement pour Tsutsui qu'ils sont vraiment couillons, sinon, y aurait pas d'histoire. (Et à aucun moment je ne les ai perçus comme étant "raisonnables" ou "dans leur bon droit".)

Ma conclusion à la fin du tome 1, c'est que, quand on est un "bon père de famille" et qu'on prétend avoir des valeurs morales à transmettre, on commence par assumer ses erreurs et dire la vérité. Mais je suis curieux de voir comme le mangaka va gérer la suite (le rapport à la culpabilité et au tribunal public - les figues représentant une manne pour la bourgade...). Y a plein de choses intéressantes à faire et à dire à partir de maintenant. Et c'est là qu'on verra si Tsutsui est toujours aussi bon ou pas.

Du coup, j'ai bien aimé ma lecture, dans le sens où elle est fluide et efficace. Mais je ne suis absolument pas convaincu par l'attitude des persos qui ne m'inspirent ni empathie, ni sympathie.
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Gemini_
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 30/09/18 12:38    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai effectivement considéré que le propos de l'auteur pouvait être de créer cette situation de départ, puis de voir comment cette petite communauté rurale (en apparence très secrète et qui profite des activités du personnage principal) et les autorités (en particulier un policier impliqué plus que de raison) allaient réagir. Et c'est peut-être bien ce que le mangaka estime faire, notamment car il dit s'appuyer avant tout sur des faits divers.

Ensuite, il y a la façon de le faire. Le concours de circonstances m'apparait avant tout présenté par le mangaka comme un échec institutionnel. Échec d'une police incapable d'empêcher un crime matriciel - ici pour des raisons d'image publique, résultant de la publication d'une vidéo sur internet et de commentaires haineux à l'encontre des policiers - échec d'une justice trop clémente (je rappelle que la peine de mort existe au Japon) qui a laissé le personnage sortir de prison avant terme, et échec des systèmes de réinsertion et de surveillance des anciens détenus. Dans ce contexte, les seuls qui semblent avoir une réaction sensée, c'est l'agence de location qui suit à la trace les véhicules loués aux anciens détenus, quand bien même ce serait de la discrimination.

Ce qui me gêne, c'est l'accumulation de critiques envers le système qui va mener à la situation dans laquelle se trouve le personnage principale. De même que sa façon de confirmer à quel point l'ancien détenu est monstrueux - en en rajoutant encore une couche à la fin du premier tome, d'une façon certes prévisible mais non moins grotesque - afin de montrer que le personnage principal avait mille fois raison de se méfier.
Dans un cas comme dans l'autre, si le but du mangaka était simplement de créer cette situation de départ, il aurait pu arriver au même résultat sans recourir à de tels procédés, voire en laissant une légère ambiguïté.
Par conséquent, je m'interroge quant à ses raisons, et ai l'impression que tout cela pointe vers la même idéologie.

Toute œuvre de fiction est politique. Car son auteur vit au sein d'un système politique, car elle dépeint une société politique, et parce que l'auteur lui-même possède ses propres idées. Et le message politique que je perçois de ce manga me déplait.
_________________
- Tu es critique. Cela signifie que tu dois classer les films sur une échelle qui va de "bon" à "excellent".
- Et si je n'ai pas aimé ?
- Ça correspond à bon !
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sushikouli
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 29 Oct 2003

Message Posté le : 30/09/18 16:10    Sujet du message: Répondre en citant

Merci de ta réponse.
Gemini_ a écrit:
Ensuite, il y a la façon de le faire. Le concours de circonstances m'apparait avant tout présenté par le mangaka comme un échec institutionnel.

C'est son fond de commerce depuis 15 ans.
Citation:
Échec d'une police incapable d'empêcher un crime matriciel - ici pour des raisons d'image publique, résultant de la publication d'une vidéo sur internet et de commentaires haineux à l'encontre des policiers -

Mmmmhhh... Ce passage est plus compliqué... La présomption d'innocence est un principe de droit fondamental. Et rien ne permet jamais de prouver qu'un harceleur VA devenir un meurtrier. De même qu'il est impossible d'évaluer si la rencontre entre la police et le suspect entre en compte ou non dans son passage à l'acte.

En France, l'affaire Daval l'an dernier a démontré que même le "gendre idéal", au-dessus de tous soupçons, pouvait passer au meurtre (reste à déterminer l'éventuelle préméditation, et la présence ou non d'un ou plusieurs complices).

Ce qui est intéressant aussi, toujours dans ce passage que tu évoques, c'est le rapport à la culpabilité, et à cette volonté de toujours réussir et être parfait, si propre aux japonais. Voir à quel point le sentiment d'échec est mal vécu et ronge le personnage concerné pose plein de questions également.
Citation:
Dans ce contexte, les seuls qui semblent avoir une réaction sensée, c'est l'agence de location qui suit à la trace les véhicules loués aux anciens détenus, quand bien même ce serait de la discrimination.

Big Brother a gagné lorsqu'on considère comme normal et sain de surveiller les autres dans leurs moindres déplacements ?
Citation:
Ce qui me gêne, c'est l'accumulation de critiques envers le système qui va mener à la situation dans laquelle se trouve le personnage principale.

Le système a-t-il besoin d'être critiqué ? Cette fiction est-elle conforme à la réalité ? En quoi as-tu besoin de croire à certains faits plutôt qu'à d'autres ?
Citation:
De même que sa façon de confirmer à quel point l'ancien détenu est monstrueux - en en rajoutant encore une couche à la fin du premier tome, d'une façon certes prévisible mais non moins grotesque - afin de montrer que le personnage principal avait mille fois raison de se méfier.

Là, j'ai vraiment une lecture diamétralement opposée à la tienne. Pour moi, ça montre qu'aucun des choix des personnages principaux après "l'élément perturbateur de l'histoire" n'était réellement justifié. Et s'ils avaient choisi la voie de la vérité, certes, nous n'aurions pas d'histoire à lire, mais ils "s'en seraient bien tirés". De mon point de vue, à la fin du tome 1, ils ne sont déjà plus vraiment défendables (corruption des forces de l'ordre, obstruction à la justice, dissimulation de preuves).
Citation:
Dans un cas comme dans l'autre, si le but du mangaka était simplement de créer cette situation de départ, il aurait pu arriver au même résultat sans recourir à de tels procédés, voire en laissant une légère ambiguïté.
Par conséquent, je m'interroge quant à ses raisons, et ai l'impression que tout cela pointe vers la même idéologie.

Je pense que les questions qu'il pose sont plutôt : "Jusqu'à quel point un meurtre est défendable / "excusable" (rapport à la légitime défense) ?" ; "A partir de quel moment une personne bien bascule du côté obscur ?" et "Qu'est-ce que la morale ?" (la frontière ténue entre le bien et le mal). N'oublions pas non plus qu'à chaque fois qu'on a un choix à faire, dans la vie, au-delà du choix en lui-même (et de l'option retenue transformée en action), on a la possibilité de "poursuivre" ou "d'arrêter". De fait, jusqu'où vont s'embourber les personnages principaux, et comment vont-ils gérer les révélations quand elles seront connues. J'avoue que j'aime bien l'idée de la culpabilité de groupe. Parce que l'effet de groupe influence toujours différemment les réactions des gens par rapport à des actes isolés.

En tout cas, si Tsutsui t'incites à débattre, c'est qu'il réussit à te faire réfléchir. Donc qu'il va dans la bonne direction. (Mais je suis d'accord sur un point : le scénar' est cousu de fil blanc (malgré quelques idées vraiment originales) et il pouvait faire mieux comme point de départ. On verra bien pour la suite.)
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Tuc
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 30 Juil 2006

Message Posté le : 03/10/18 00:10    Sujet du message: Répondre en citant

Je dois reconnaître que j'ai le cul entre deux chaises concernant ce titre pour le moment avec ce premier tome

quand le premier chapitre était paru dans la revue de Ki-Oon je me suis dit "Tsutsui va nous piéger et celui qu'on prend pour un violeur est certes un peu bizarre et peut être un peu clepto mais dans le fond c'est probablement un faux procès"

et avec le tome complet il n'y a au final aucunes surprises sur ce personnage

Alors d'un côté je laisse quand même une chance à Tsutsui de nous raconter quelque chose d'un peu plus surprenant par la suite, d'un autre j'ai été un peu déçu

Ceci dit il y a des éléments qui vont pour moi dans le bon sens, d'abord le flic qui lui a correctement réagi et qui était sur les traces de l'assassin, il représente l'autorité qui réagit vite et bien donc l'institution qui a été mis en échec mais qui apprend de ses erreurs
Il y a ensuite les petits signaux indiqués quand les personnages principaux essayent de se convaincre que ce qu'ils font est bien alors que c'est une énorme bêtise, ce qui est souvent présent dans ses mangas (pas dans Duds Hunt où effectivement c'est la police qui cautionne une méthode très expéditive, mais plutôt dans Prophecy)

Tiens sinon Gemini n'a pas justement comparé Noise à Prophecy alors qu'au final c'est assez proche comme thème (citoyens lambda se faisant justices eux-mêmes)

Par contre je n'irais pas dire que c'est réac... mais plutôt que c'est convenu et sans surprise pour le moment
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