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[LE MONDE DE RAN] Ran et Compagnie

 
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Auteur Message
Gemini_
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 29/08/18 13:12    Sujet du message: [LE MONDE DE RAN] Ran et Compagnie Répondre en citant

Ran Uruma s’est récemment installée à Haimachi avec son père et son frère. Sous une apparente normalité, les Uruma sont en réalité une famille de sorciers. C’est ainsi qu’en enfilant ses chaussures, la petite Ran peut se transformer en adulte. Malheureusement elle est loin de maitriser ses pouvoirs.

Il me reste encore à terminer le dernier volume de cette courte série (seulement sept tomes), mais j’avais d’ores et déjà envie d’ouvrir un sujet dédié, suite aux quelques messages postés dans celui des dernières lectures.
Signé Aki Irie et publié de 2008 à 2015, d’abord dans le Fellows puis dans le Harta, Le Monde de Ran narre comme son nom l’indique le quotidien de Ran, petite sorcière installée depuis peu dans une ville japonaise à priori comme toutes les autres. Sa mère lui manque (elle a des obligations ailleurs), elle se chamaille avec son grand frère protecteur Jin, et ses pouvoirs ont tendance à provoquer des résultats inattendus.

J’ai immédiatement été charmé par cette série. Déjà, car le trait de la mangaka est absolument somptueux. D’une rare finesse, ses cases fourmillent de détails et de vie, à l’instar de couvertures donnant l’impression d’être surchargées mais permettant au lecteur d’entrer de suite dans le bain. Les yeux des personnages brillent de mille feux, les cheveux de la Ran adulte ondulent au vent, c’est un ravissement de tous les instants. La chambre de l’héroïne est un capharnaüm sans nom, qui à l’instar de la représentation de la nature chez Hayao Miyazaki témoigne de son réalisme. La maison des Uruma dans son ensemble possède un charme vieillot, suranné, mais paisible et confortable, accueillante, même si famille de sorciers oblige, tout n’est probablement pas ce qu’il semble être. Bref, c’est beau, c’est vivant, c’est chaleureux, à l’image du manga lui-même.

Suivre les aventures de Ran et les effets imprévisibles de sa magie s’avère absolument charmant, j’oserai même dire magique, du moins dans ses débuts et si nous mettons de côté des détails gênants sur lesquels je reviendrai plus tard. Sans trop savoir comment l’exprimer, j’avais parfois l’impression de lire un manga des années 80, dans son dessin aux allures rétro, anachroniques, et cette joie trouvée par les protagonistes dans ces petits plaisirs simples du quotidien, malgré un environnement fabuleux très présent. En tant que lecteur, je n’avais de cesse de m’émerveiller devant les bêtises et les peines de l’héroïne. Outre Ran, la série regorge de personnalités mémorables et attachantes, qui apportent chacune leur pierre à l’édifice. S’il s’agit d’une comédie malgré une tristesse sous-jacente, elle n’est jamais hilarante et fonctionne avant tout sur son atmosphère tendre et agréable qui donne le sourire. Pourtant, le scénario sait aussi évoluer et partir dans des directions bien plus sombres, voire bien plus violentes. Mais je n’en dirai pas plus.

Comme souligné par Taliesin dans ses messages sur la série, certains points m’ont toutefois mis franchement mal à l’aise.
La relation entre Ran et le personnage d’Otaro est tout sauf saine, et seul Jin semble en avoir conscience. Sous sa forme adulte, l’héroïne incarne l’archétype de ce que je décrivais dans mon message sur le sexisme dans les manga et l’animation japonaise : une enfant dans un corps de fille hyper-sexualisée, d’une candeur et d’une naïveté censée la rendre mignonne – et désirable aux yeux du lectorat – et sans conscience de l’impact de son corps sur les hommes qui l’entourent. Otaro allant jusqu’à faire remarquer qu’elle ne porte évidemment pas de soutien-gorge. Autant dire que cette relation entre une enfant et un homme de plus de 20 ans son ainé passe mal, même si nous pourrions toujours avancer qu’il n’est pas au courant de la véritable identité de Ran (sauf que la mangaka laisse planer une très grosse ambiguïté à ce sujet à la fin). Là où cela devient paradoxal, c’est que Ran est censée être naïve, mais elle a tout-de-même suffisamment conscience d’elle-même pour ne jamais apparaitre devant lui sous sa forme enfantine, même quand cela n’est pas justifié par l’utilisation de ses pouvoirs ; elle sait pertinemment que leur relation n’existe que sous son apparence adulte.

[SPOIL]J’écoutais l’autre jour une émission traitant notamment des relations homosexuelles dans les manga des années 70, et les intervenantes notaient que cela se finissait toujours de façon tragique, avec un des personnages perdant la vie. La raison étant que dans la société dans laquelle ils évoluent, leur relation n’aurait jamais pu fonctionner sur le long terme et la mort demeurait la seule façon de proposer une conclusion satisfaisante sans trahir les sentiments des personnages.
Or, c’est exactement la même chose qui se produit dans Le Monde de Ran. La mangaka ne souhaite pas briser son couple principal sous prétexte que leur relation est malsaine, elle ne veut pas trahir les sentiments de ses protagonistes, donc elle tue Otaro. Désolé, mais je trouve qu’en l’occurrence, il s’agit d’une forme de lâcheté, d’une solution de facilité d’une autrice qui se doit de mettre un terme à la relation qu’elle a créée, mais refuse d’invoquer des raisons morales.
[/SPOIL]

Ce n’est malheureusement pas le seul aspect problématique de la série. Pour des raisons justifiées par le scénario, Jin va à un moment embrasser de force toutes les femmes en âge de procréer lui passant sous la main. Or au lieu de s’offusquer, de le repousser, elles en redemandent. Toutes. Parce qu’il est tellement beau et viril…

Cela fait tâche dans le décor, car ces problèmes mis à part, Le Monde de Ran est un ravissement de tous les instants.


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namtrac
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 02 Déc 2003
Localisation : The dark side of the road

Message Posté le : 29/08/18 14:18    Sujet du message: Re: [LE MONDE DE RAN] Ran et Compagnie Répondre en citant

Gemini_ a écrit:
ces problèmes mis à part



Pour ma part ça m'a vraiment refroidie. Malgré le dessin que je trouve sublime, je n'ai pas dépassé le tome 1 (faut dire aussi que je n'aime vraiment pas l'héroïne, qui me rappelle les magical girls les plus gonflantes de mon enfance).

L'auteur a clairement intégré des schémas narratifs malsains (cf les exemples que tu cites, le héros force la main mais il est trobô alors c'est pas grave, et l'héroïne femme-enfant beurk).
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Taliesin
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 01 Fév 2004

Message Posté le : 29/08/18 14:33    Sujet du message: Répondre en citant

Je répondrai plus tard mais on peut aussi ajouter l'avis de Morgan qui va dans le même sens: http://aftermangaverse.net/2016/11/07/le-monde-de-ran/
_________________
Merci pour tous tes liens Natth ^^ !!!!
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michael
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 03 Sept 2002
Localisation : alsaco-moselane

Message Posté le : 30/08/18 00:19    Sujet du message: Répondre en citant

J'avais écrit ça il y a deux ans :

"J'ai lu Le monde de Ran ce matin et j'avoue que je suis déçu. Le dessin est certes magnifique, l'ambiance vie quotidienne / familiale / magie plutôt agréable et certains persos sont bien charismatiques (Jin en tête) mais j'en ai ma claque des persos féminins hyper sexualisés. Il y a d'abord la mère aux boobs XXL qui fait une première apparition au décolleté hyper ouvert et chargé puis qu'on voit dans son bain et qui se fait mater par les serviteurs qui en font des malaises tellement qu'elle est hot... mais si ce n'était que ça... Ma gêne vient surtout du personnage principal, Ran, gamine de 8 ans qui a le pouvoir de grandir d'une dizaine d'année en enfilant une paire de Nike grande taille pour devenir une bonasse magique. Le décalage entre son corps très formé et son innocence, le désir des autres et son statut d'enfant, je trouve ça légèrement malsain. Je passe.

J'ai lu le tome 2 du Monde de Ran et il confirme les qualités et les défauts du premier : à savoir globalement des personnages attachants et une ambiance agréable, un rapport aux femmes et une intrigue générale limités.
Je n'irai pas plus loin !"
_________________
"Rien que d'être vivant, de respirer ce jour-là, c'était une vérité qui était comme un inexprimable miracle".
L'audacieux jeune homme au trapèze volant, William Saroyan
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