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Masako YOSHI [Comment ne pas t'aimer, Du haut de mon monde]

 
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Gemini_
Mangaversien·ne


Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 25/11/13 22:59    Sujet du message: Masako YOSHI [Comment ne pas t'aimer, Du haut de mon monde] Répondre en citant



Pour ses débuts en tant qu’éditeur de manga, Black Box a décidé de faire confiance au catalogue de J-Comi – plate-forme proposant des manga dont les droits ont été récupérés par leurs auteurs – et à la mangaka Masako Yoshi. Pour ce qui est du catalogue en question, cela leur permet de faire leurs preuves sans devoir passer par un éditeur japonais, ceux-ci n’ayant pas la réputation d’accueillir les débutants à bras ouverts ; nous pouvons aussi penser qu’en rémunérant directement les auteurs (et probablement un intermédiaire chez J-Comi), cela leur revient moins cher et leur permet de proposer des titres plus confidentiels. Quant à la mangaka, cela peut paraitre étonnant de publier trois de ses séries coup sur coup alors qu’elle était encore inconnue en France avant ces annonces ; mais après un Comment ne pas t’aimer encourageant, Du Haut de mon Monde s’impose comme une réussite inattendue.

Sorti au Japon en 1985, nous retrouvons dans Du Haut de mon Monde ce charme propre aux années 80, déjà présent dans Comment ne pas t’aimer. D’ailleurs, il y a un détail qui ne trompe pas : la présence des bains publiques. Ce lieu, souvent fréquenté dans les manga de l’époque, nous apparait aujourd’hui comme le symbole d’un Japon révolu, étant non seulement passé de mode, mais aussi de plus en plus rarement évoqué dans les manga. Plus encore que le précédent titre de l’auteur, nous sentons vraiment que celui-ci s’ancre dans le quotidien. Mais ce qui compte le plus, c’est bien cette impression de légèreté chez les personnages, ces mimiques datées mais toujours efficaces, et ces amourettes emplies d’humour. Il s’agit d’un style peut-être difficile à décrire, mais qui caractérise les comédies romantiques de cette période ; et jusqu’à présent, le public français n’avait pas vraiment eu l’occasion de le découvrir autrement que par le biais de quelques adaptations pour la télévision. Black Box remplit donc ce vide, et cela suffit à rendre leurs premières publications dignes d’intérêt.

Mais attention ! Ce n’est pas parce qu’un manga nous vient d’une époque rarement représentée en France que cela en fait nécessairement une œuvre de qualité. En l’occurrence, ce style constitue un point fort, d’une part car il parait original au regard de la production contemporaine, et d’autre part car il permet d’obtenir des histoires agréables à parcourir et en aucun cas prises de tête.
Mais l’argument principal de ce manga, c’est bien son héroïne. D’un abord froid et hautain, presque désagréable – j’ai dans un premier temps cru qu’il me serait impossible de m’y attacher – nous découvrons rapidement une jeune fille bien plus humaine qu’elle ne veut bien le laisser croire ; elle perd ses moyens, devient nerveuse, maladroite, et finalement, elle se révèle comme une jeune fille attachante, attendrissante, et vraiment drôle. Pour autant, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, et elle est très loin d’être une bécasse. C’est donc un plaisir de suivre ses petites aventures du quotidien, ses succès, ses échecs, et surtout sa façon de se rapprocher d’Akira.
Akira qui, lui-aussi, change radicalement du beau gosse parfait en tout point qui pullule dans de trop nombreuses comédies romantiques. Non, tous les personnages ont leurs défauts, et ceux-ci seront à l’origine de plusieurs surprises et retournements de situations inattendus.

Grâce à son héroïne énergique et intelligente, sa bonne humeur, et son charme propre aux comédies romantiques de l’époque, Du Haut de mon Monde remplit un double rôle, en plus d’être simplement un manga réussi et plaisant : il permet de découvrir à la fois l’époque en question, mais aussi une mangaka qui mérite d’être connue et reconnue en France. A la manière de Wataru Yoshizumi (énorme compliment de ma part), elle a l’art et la manière de créer des personnages attachants, et de rendre vivantes et passionnantes des histoires en apparence banales (mais en apparence seulement). Sachant qu’il ne dure qu’un volume et mise plus volontiers sur l’humour, il est plus accessible que Comment ne pas t’aimer. Seules ombres au tableau : une fin précipitée, et une petite faute de traduction qui empêche de saisir cette même fin correctement ; ou du moins, le traducteur n’a pas su retranscrire une subtilité de la langue japonaise, d’où une réaction déconcertante de la part de l’héroïne après une discussion pourtant quelconque en VF. Mais ce sont des détails qui ne pèsent pas lourd face au plaisir que j’ai pu prendre à la lecture du très sympathique Du Haut de mon Monde !

A noter que l’édition est de meilleure qualité que pour le premier titre de l’éditeur ; cette fois l’agrandissement effectué pour obtenir le format voulu n’a pas de conséquences fâcheuses sur la netteté des contours. Par contre, il est évident qu’une fois de plus, ledit agrandissement ne sert qu’à justifier un prix supérieur à la moyenne : près de 11€ pour 180 pages.
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Gemini_
Mangaversien·ne


Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 26/11/13 00:12    Sujet du message: Répondre en citant

Je remets ma chronique sur Comment ne pas t’aimer :



Première publication de l’éditeur Bkack Box, que pouvons-nous dire de Comment ne pas t’aimer ? En premier lieu, qu’il s’agit d’un titre banal.
Oui, je sais, ce n’est pas forcément un compliment. Mais il faut aussi savoir remettre ce manga dans son contexte : cette gentille comédie romantique du début des années 80 est banale, mais elle appartient à une catégorie bien précise tellement peu représentée en France que, de fait, elle s’impose dores et déjà comme un incontournable. Cette catégorie, et bien c’est justement celle des gentilles comédies romantiques du début des années 80.
Le marché français est ainsi fait que nous trouvons des époques et des genres sur-représentés, là où d’autres restent quasi absents. C’est le cas ici. En soi, Comment ne pas t’aimer n’a rien d’extraordinaire, rien d’exceptionnellement mémorable, mais il s’agit d’un titre sympathique, drôle, et distrayant. Il y aurait de quoi faire une indigestion si nous en lisions trop – un peu comme avec la chantilly – mais cela n’est pas près d’arriver, même si l’éditeur a dores et déjà annoncé deux autres manga de l’auteur.

Comment ne pas t’aimer raconte tout simplement le quotidien d’Ayumi, une Japonaise de 18 ans (donc pas encore adulte au regard de la loi nippone) qui a décidé de déménager pour ses études, mais plus par envie de s’émanciper et de voir le monde que vraiment pour apprendre un métier. C’est d’ailleurs une constante dans nombre de manga : l’université apparait avant tout comme un moyen de profiter de sa jeunesse, une étape dans la vie d’un individu en attendant de reprendre l’affaire familiale, ou de rentrer dans n’importe quelle grande entreprise qui n’aura qu’un lointain rapport avec son cursus scolaire… Étrange de la part d’un pays qui mise tout sur les études. Et d’un autre côté, il parait que les étudiants passent plus de temps dans leur club ou à leur baito qu’en classe, donc ceci doit expliquer cela. Mais je m’égare.
Ayumi, donc, jeune femme qui n’a jamais connu les bonheurs de l’enseignement mixte, se retrouve un peu perdue dans sa nouvelle vie, entourée d’éléments pour le moins excentriques avec qui le contact n’est pas toujours facile. Nous suivrons leurs joies, leurs peines, leurs drames, et surtout leurs amours compliqués.

Ce qui fait la différence, ce sont tout d’abord des personnages bien écrits, rapidement attachants malgré leurs défauts : la candide Ayumi, Hirai le faux dragueur, Asami la gentille peau de vache, Ikuko la bosseuse obsessionnelle, Narushima le rêveur, et un couple de personnes âgées un peu à l’Ouest mais charmants. Plus d’autres qui apparaitront au fil du récit. Et comme ils sont attachants, il devient plaisant de découvrir leurs petites aventures de tous les jours, et les liens qui les unissent les uns aux autres.
Son autre atout, c’est ce style des années 80, qui outre le fait de proposer un témoigne sur la société japonaise, impose à ce titre les spécificités des manga de l’époque. Nous y trouvons des mimiques passées de mode, idéales pour désamorcer une situation compliquée, ainsi qu’une ambiance bon enfant, nostalgique et gentiment rétro, assez unique en son genre et que nous ne retrouvons plus dans la production actuelle. Chaque période a ses modes, ses particularités, et ce qui devait paraitre commun lorsque ce manga a été écrit devient ici un authentique argument de vente.
J’ai trouvé dans Comment ne pas t’aimer absolument tout ce que je recherchais : des personnages touchants, un ton daté mais attrayant, les codes graphiques du début des années 80, et de petites touches d’humour du meilleur effet. Nul doute que je prendrai les autres titres de l’auteur.

Concernant l’édition elle-même, je dirai que c’est du beau travail pour une première tentative. Le format rappelle celui employé par certains éditeurs américains, mais avec un papier de meilleur qualité. Je n’ai trouvé aucune inversion de bulle ou faute d’orthographe, malheureusement il y a tout-de-même des défauts. Le principal, et pas des moindres, c’est que les scans utilisés par l’éditeur ne sont pas parfaitement nettes, et sur un format plus imposant que celui utilisé habituellement, cela ne pardonne pas ; de nombreux contours apparaissent flous, voire pixelisés, et évidemment ce n’est pas agréable à l’œil ; je ne sais pas d’où peut bien venir le problème, mais cela touche parfois des dialogues pourtant rajoutés pour l’édition française. Cela ne gâche pas la lecture, mais le problème reste visible donc dommageable.
Gageons qu’ils apprendront de leurs erreurs et nous proposerons un meilleur travail par la suite ; mais nous sentons efforts et une volonté de bien faire avec cette première série.
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Bp
Mangaversien·ne


Inscrit le : 08 Mai 2003
Localisation : Sur la Drina

Message Posté le : 26/11/13 13:39    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
une indigestion si nous en lisions trop – un peu comme avec la chantilly


Tu fais une indigestion quand tu lis trop de chantilly, toi ? Mort de rire

La trad' est bonne, sinon ?
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Gemini_
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Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 26/11/13 13:53    Sujet du message: Répondre en citant

Bp a écrit:
La trad' est bonne, sinon ?
Globalement, oui. J'ai déjà vu largement pire, notamment chez Pika ou Kana (à noter que Black Box cherche actuellement un relecteur pour ceux que cela intéresse). Néanmoins, restent quelques petits problèmes, comme celui indiqué pour Du haut de mon monde :

[SPOIL]
L'héroïne, Aoi Oikawa, est en réalité plus vieille que ses camarades de classe ; elle a été obligée de redoubler car elle avait passé beaucoup de temps à l'hôpital, et a décidé de changer d'école pour ne pas subir les regards des autres élèves. A la fin, elle décide d'expliquer sa situation par l'intermédiaire de son professeur. A son retour à l'école, nous sentons dans une conversation avec deux filles de sa classe, que celles-ci ne savent plus quel niveau de politesse employer avec elle ; elles hésitent, avant de se choisir "Oikawa-san". Détail important, la réponse des deux filles est divisée en deux bulles : la première se termine par des points de suspension, pour montrer cette hésitation, et c'est dans la seconde qu'elles utilisent ce "Oikawa-san". Évidemment, l'héroïne accepte mal à la fois cette hésitation et cette distanciation, et nous le sentons.
Dans la VF, le traducteur a utilisé "Aoi" depuis le début, et reste sur "Aoi" pour cette conversation. De fait, il n'y a plus ni hésitation ni distanciation dans leur réponse. La réaction de Aoi est donc incompréhensible, d'autant plus que nous ne savons pas ce que le professeur a dit aux autres élèves : il avait un message à leur faire passer de sa part, mais c'est en voyant que le comportement des autres filles a changé que nous sommes censés comprendre qu'elle a souhaité qu'il leur dévoile sa situation.
Donc sur l'instant, cela fait bizarre. Comme je me doutais du problème, je suis allé vérifier la version d'origine sur J-Comi, et tout de suite, c'est beaucoup plus clair. Nous pourrions penser qu'il s'agit d'un détail, il n'empêche que cela rend la fin étrange (déjà qu'elle est un peu trop précipitée à mon goût).

[/SPOIL]
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shun
Mangaversien·ne


Inscrit le : 01 Sept 2002
Localisation : charleroi la ville noir

Message Posté le : 26/11/13 14:09    Sujet du message: Répondre en citant

j'ai lu y'a quelque jour du haut de mon monde et je suis bien déçu, toute les qualités émissent par black box a l'annonce de l'auteur ( proche d'adachi, ambiance etc ) et bien c'était le cas dans le premier titre " comment ne pas t'aimer " ( même si la fin est choquante et décevante ) mais alors dans ce dernier ce n'est pas du tout le cas, on se retrouve ici avec un récit de shojo lycéen ce qui a de plus classique et plat, ou est passé le charme de l'auteur ?
la qualité des scan elle, est enfin acceptable, par contre je trouve le format bien trop grand.
pour le coup je vais tester le système 100% remboursé que black box propose.
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Gemini_
Mangaversien·ne


Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 23/03/20 19:46    Sujet du message: Répondre en citant

Manabu T1 : Vous l'aurez compris, j'apprécie Masako Yoshi. Pour autant, je ne ressens pas forcément le besoin d'épuiser toutes les œuvres de mes mangaka favoris qui ont pu être publiées en Français. Je préfère en garder sous le coude, pour les savourer plus tard. Il me restait donc à découvrir Manabu.

Depuis que ses parents sont partis vivre à l'étranger, Musubu partage un appartement avec sa sœur, son beau-frère, et leur petite fille. Mais se sentant à l'étroit, elle décide d'aller vivre avec sa meilleure amie.

J'ai eu énormément de mal à arriver au bout de ce premier tome. Manabu est une comédie romantique se déroulant dans un cadre réaliste, partant d'un concept ne servant vraiment que de prétexte à la rencontre entre les personnages. Comme souvent, c'est donc sur eux que reposera le succès (ou pas) de la série. Malheureusement, ils n'ont pas grand chose pour eux, la plupart s'avérant unidimensionnels ; avec la meilleure amie égoïste, les copains complètement transparents, le beau-frère sympa, et la sœur un peu colérique. L'héroïne est un peu plus complexe, mais cela ne la rend pas forcément attachante.

Le gros problème, c'est le protagoniste masculin, qui donne son nom au manga (il n'en va pas de même en VO). Outre son immaturité et sa bêtise, sa confiance en lui est telle qu'il s'accroche à l'héroïne comme le gros lourd qu'il est, persuadé que l'élue de son cœur succombera forcément à son charme (et il a raison de le penser). Il ne se rend pas compte à quel point il est ridicule et insistant, et le pire, c'est que hormis Musubu, tout le monde trouve son comportement mignon. Désolé, mais non, c'est juste un abruti. J'en venais à ressentir en lisant la série la même gêne que l'héroïne en sa présence.

Les relations ne fonctionnent pas car les personnages ne fonctionnent pas. Comme je possède les deux tomes, je lirai de toute façon la suite, sachant qu'il s'opère un changement du statut quo. En espérant que cela permette à la série de partir sur de nouvelles bases, car jusqu'à présent, c'était décevant. Et dire que je me gardais ce manga pour la fin !
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Gemini_
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Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 24/03/20 09:37    Sujet du message: Répondre en citant

Parce que j'avais oublié l'existence de ce sujet, et pour repartir sur une note positive, je remets ici mon avis sur Histoires de Femmes.

Dernière publication de Masako Yoshi en date chez Black Box. Peut-être la dernière, car je n'ai pas l'impression que ces séries rencontrent le succès. Mais l'éditeur fait au moins un heureux, car si rien ne prédisposait les œuvres de la mangaka à être traduites en langue française, il aurait été dommage de passer à côté. Ce qui me fait penser à toutes les autres Masako Yoshi qui, elles, n'auront jamais droit à une publication chez nous. Mais je m'égare.

D'après ce que j'ai compris de la carrière de l'artiste, elle a vécu sa période la plus faste dans les années 80 avec le magazine Margaret. Histoires de Femmes vient plus tard, au début des années 90, chez un autre éditeur mais surtout pour un public plus adulte.

La série change radicalement de ce que nous pouvons lire. A commencer par son format : le premier tome est entièrement en couleurs, et contient pas moins de 35 histoires de quatre pages chacune.
J'avoue que le format histoires courtes m'a un peu rebuté au premier abord, mais je trouve au final qu'il s'agit d'une excellente idée. En effet, comme nous pourrions nous y attendre, cela permet de multiplier les personnages et les situations.

Il s'agit d'une succession d'instants de vie. L'autrice nous invite à suivre des femmes adultes, avec un intérêt particulier pour leurs relations amoureuses. C'est étonnant tout ce qu'elle arrive à raconter en seulement quatre pages, réussissant même à nous faire nous attacher à ces personnages. Il y en a vraiment pour tous les goûts, des femmes fortes et indépendantes, d'autres plus fragiles, des adultères, des amours naissants, de vieux couples, et ainsi de suite. Elles travaillent, ont des amants ou préfèrent rester seules, bref cela brasse très large. Certaines écorchent même l'image que nous pouvons avoir de la femme japonaise (à mettre en parallèle de l'impact du mouvement #metoo au Japon) justement parce qu'elles ne se laissent pas marcher sur les pieds.

Si j'avais un reproche à faire concernant les situations mises en scène par la mangaka, c'est qu'elle nous dépeint plusieurs cas d'hommes mariés ou fiancés couchant avec d'autres femmes, mais jamais l'inverse. Peut-être parce que les hommes sont moins fidèles, ou parce que l'attirance des hommes pour des femmes plus jeunes fait qu'ils ont plus de chance qu'elles d'être en couple, mais cela aurait pu être intéressant de présenter aussi la relation inverse. Néanmoins, l'amante n'est jamais présentée comme une briseuse de ménage, contrairement à ce que nous pourrions voir dans d'autres séries ; l'autrice éprouve énormément d'empathie pour ses héroïnes.

La diversité des situations fait que nous ne retirerons pas la même chose de chaque histoire. Certaines jouent plus sur un côté mignon et fleur bleue malgré l'âge des protagonistes, d'autres parlent de ruptures se déroulant plus ou moins bien ce qui suggère un aspect dramatique plus marqué. Enfin, il y a des passages misant surtout sur l'humour, comme celui où une femme tombe amoureuse à la piscine municipale d'un garçon beaucoup plus jeune qu'elle (et j'insiste sur le beaucoup). En tout cas, c'est bien plus mature et réaliste que la majorité des titres destinés au public féminin publiés en France, ce qui suffit à le rendre digne d'intérêt.

Après, comme il s'agit d'histoires courtes, je pense qu'il vaut mieux picorer la série, lire quelques chapitres d'un coup puis laisser reposer et recommencer plus tard.
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