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Chroniques littéraires (3)
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otarie
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 30 Juin 2005
Localisation : Helium, Barsoom.

Message Posté le : 26/03/08 14:46    Sujet du message: Répondre en citant

Bon allez les gens allez vous acheter ou emprunter je sais pas mais allez lire 2666. Au (pub) FFC (pub) on va bientôt en parler en long en large.


Citation:
tout le monde écrit comme ça

C'est qui tout le monde ?
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festin + fricassée (maintenant avec parfum amélioré)
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Lafcadio 2
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 21 Fév 2008
Localisation : Paris

Message Posté le : 29/03/08 00:07    Sujet du message: Répondre en citant

otarie a écrit:



Citation:
tout le monde écrit comme ça

C'est qui tout le monde ?


Heulà, chais pas trop moé. Puisque justement ça ne me plaît pas, les gens qui écrivent en style "glacial", excluant tout signe de ponctuation sauf le point, ainsi que toute notation sentimentale, mais accumulant le maximum d'arrachages de têtes et de scènes-chocs, je n'en ai pas beaucoup dans ma bibliothèque. Sauf un que j'ai assez aimé, "Le Chasseur Zéro", de Pascale Roze et qui se trouve écrit selon ce procédé très galvaudé à mon avis.
Il y a très peu de romans dans ma bibliothèque, en plus, car je fous en l'air tous ceux dont je sais que je ne les relirai pas. Quant aux autres livres, pas rare que j'en arrache les mauvaises pages. Des fois même, comme Voltaire, j'arrache et garde les bonnes pages et je fous en l'air le reste du livre. Les livres d'art, je découpe les reproductions qui m'intéressent, que je colle dans des dossiers persos, et yop ! poubelle.
Mes pauvres bouquins vivent sous le couperet de ma dictature, hé oui.
Et vous, les mangaversiens, vous les traitez comment ?
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Ge..., ge...,
Ge-ge-ge no ke !
Minna no uta ge-ge-ge no ke !
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skye
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 26 Mai 2007

Message Posté le : 30/03/08 14:28    Sujet du message: Répondre en citant

Tu arraches les pages de tes livres et découpent celles des livres d'art !!! Choqué Mais quel barbare. Vas t'inscrire dans un bibliothèque, tu pourras lire des livres sans avoir à passer par tout ce massacre. Mort de rire
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purple velvet
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 05 Août 2006
Localisation : La ville du vent violent

Message Posté le : 30/03/08 15:06    Sujet du message: Répondre en citant

Lafcadio 2 a écrit:
Quant aux autres livres, pas rare que j'en arrache les mauvaises pages. Des fois même, comme Voltaire, j'arrache et garde les bonnes pages et je fous en l'air le reste du livre. Les livres d'art, je découpe les reproductions qui m'intéressent, que je colle dans des dossiers persos, et yop ! poubelle.
Mes pauvres bouquins vivent sous le couperet de ma dictature, hé oui.
Et vous, les mangaversiens, vous les traitez comment ?


Je crois que si j'avais fait ça, ma pauvre grand mère qui m'a appris à lire m'aurait mise au coin jusqu'à ma majorité au minimum Choqué

En résulte une obsession quasi maladive du bon état de mes livres quelqu'ils soient, à 30 ans passés je continue à couvrir même les livres de poche que je compte garder, comme à la primaire ( surtout ceux déjà un peu défraîchis achetés d'occase, pour éviter la catastrophe.
Et une furieuse envie totalitaire d'étriper les sagouins qui cornent les pages.
En ce qui concernent les livres qui ne m'intéressent pas ( erreur de calculs de copains en gros) atterrissent bien proprement sur la planchette d'échange gratos de mon cinéma de quartier.

Sinon en ce moment, j'alterne le " guide pratique d'analyse musicale" ( ouais, bon, c'est pointu, mais examen final de solfège en mai, donc) et le " cours d'électricité générale" - on a les loisirs qu'on peut- avec les nouvelles comico-science-fictionnesques de Fredric Brown.
J'aime beaucoup le sens de la chute à la fois inattendue mais éminemment logique de cet auteur.

D'une manière générale, j'aime bien les nouvelles, c'est tout un art d'arriver à raconter quelque chose, tout en étant concis, tout en arrivant à installer un style particulier. Si j'avais la pulsion d'écrire, je crois que c'est ce qui me tenterait le plus. Heureusement pour vous, je n'ai pas cette pulsion Mort de rire
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I love mankind... It's people I can't stand. ( Linus Van Pelt)
- Le djembé est à la musique ce que le couteau est à la purée -
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Kaibara
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 17 Déc 2002
Localisation : Asnières-sur-Seine (92)

Message Posté le : 07/05/08 00:35    Sujet du message: La chaussure sur le toit Répondre en citant

J'ai déjà parlé de ce roman sur mon blog mais qu'importe, ne dit-on pas que la connaissance s'accroît en la partageant !? Très content




De Vincent Delecroix

Au centre du roman, une chaussure abandonnée sur un toit parisien. Tous les personnages du livre fréquentent le même immeuble, à proximité des rails de la gare du Nord. On rencontrera un enfant rêveur, un cambrioleur amoureux, trois malfrats déjantés, un unijambiste, un présentateur vedette de la télévision soudain foudroyé par l'évidence de sa propre médiocrité, un chien mélancolique, un immigré sans papiers, une vieille excentrique, un artiste (très) contemporain, un narrateur au bord du suicide... et une chaussure pleine de ressources romanesques.

L'imbrication des histoires les unes dans les autres à l'intérieur du roman permet à Vincent Delecroix d'aborder des registres très différents, du délire philosophique à la complainte élégiaque en passant par la satire de mœurs et par la peinture drolatique de la solitude – thème de prédilection de l'auteur.


Né en 1969, ce professeur enseignant la philosophie à Paris fut remarqué dès la parution de son premier roman en 2003, Retour à Bruxelles. Par la suite, il publia deux autres romans, À la porte en 2004 (qui fut adapté au théâtre et interprété par le grand Michel Aumont) et Ce qui est perdu en 2006. Passionné du philosophe et théologien danois Sören Kierkegaard, Vincent Delecroix lui réserva également un certain nombre d'ouvrages comme Post-scriptum aux lettres philosophiques, Exercice en christianisme ou encore Singulière philosophie : essai sur Kierkegaard. Aujourd'hui, il est question d'un roman paru aux éditions Gallimard et au titre un brin énigmatique : La chaussure sur le toit.

On en trouve des choses sur un toit. Des cheminées, des antennes, des chats errants. Avec de l'imagination, on peut y voir des anges, le Père Noël ou encore Mary Poppins. On y a même déjà aperçu un bœuf, un violon et un hussard... sur le toit. Mais que se passe-t-il lorsqu'on y découvre une chaussure ? Une chaussure sur un toit, c'est étrange, bizarre, incongru, ridicule, amusant, agaçant et parfois même franchement énervant pour certains ; symbole d'un bonheur perdu, vestige du passage d'un ange mélancolique ou œuvre d'art en devenir pour d'autres. Une chaussure sur un toit, c'est beaucoup de choses à la fois et tout autant d'explications possibles. En neuf et un chapitres (le dernier étant un épilogue au roman), Vincent Delecroix apporte des semblants de réponses, mais pas seulement. La chaussure sur le toit n'est pas en effet un roman conventionnel.

Les histoires narrées à chaque chapitre sont à la fois indépendantes et liées, uniques et solidaires. Les personnages du roman fréquentent tous ce même quartier parisien. Ils vont se frôler, s'entremêler, se croiser, s'ignorer. De vraies tranches de vies associées à ce vieil immeuble populaire, et à une chaussure. Une chaussure qui symbolise leurs doutes et leurs craintes, leurs espérances et leurs détresses. Une valse à cloche-pied des sentiments, un peu bancale un peu gauche, drôle aussi et ironique, pathétique et émouvante. La vie, quoi. Et la chaussure n'est finalement qu'un prétexte, très bien exploité, pour raconter autrement la vie d’un quartier près de la gare du Nord à travers ces quelques déclinaisons proposées par l'auteur.

Le ton de Vincent Delecroix est souvent ironique, parfois moqueur, jamais méchant. Il y a vraiment beaucoup d'émotions dans cet ouvrage un brin mélancolique où la question de l'abandon (et pas seulement de cette chaussure) est grandement traitée et la solitude au cœur des préoccupations des différents protagonistes. Le livre se lit rapidement grâce une écriture très agréable et des personnages aussi variés qu'intéressants. L'humour et l'absurde omniprésents (jusqu'à la chute, exquise, pied-de-nez final malin et astucieux) aident également à apprécier ces petites saynètes pleines de vie.

Parmi toutes ces histoires, j'ai adoré "Caractère de chien" parce que, même en me doutant du truc, je me suis laissé avoir par l'auteur qui a su (a)mener son récit de façon admirable et rendre son "héros" particulièrement attachant. Après, comme j'aime beaucoup Cali, j'ai bien apprécié aussi "Secourisme" avec son héroïne folâtre aux allures de "Roberta". En revanche, "Explication de ma disparition" et "L'élément tragique" ont été particulièrement laborieuses à lire en raison de leurs références philosophiques appuyées qui sont plus indigestes qu'enrichissantes et donnent l'impression que l'auteur cherche à sortir sa science ; quitte à larguer certains lecteurs en cours de route. Ce qui serait dommage car l'ensemble est plutôt plaisant, et même plus que cela.

Je peux également évoquer "Le syndrome Conte de fées" dont les pérégrinations du héros m'ont quelque peu rappelées celles qui fut miennes à une époque pas si lointaine. Ou encore "La vérité sort-elle de la bouche des enfants ?", fable douce-amère angélique, et le "Chant de l'attente", magnifiquement écrit et dont voici un extrait : "Ma mère croit que j'ai l'âge inscrit sur ma carte d'identité française, parce que j'ai le même visage que celui de la photo. Ma mère ne veut pas savoir que j'ai vieilli deux fois, une première fois quand tu m'as prise dans tes bras, une seconde fois quand on m'en a arrachée – la première fois je suis devenue une femme, la seconde une morte. Je suis plus vieille que ma mère, plus vieille que n'importe qui."

Enfin, il y a "Le saut de l'ange", épilogue à l'extravagance suprême et sa note de page qui prouve que l'auteur ne prend ses lecteurs pour des imbéciles (comme quoi, on a eu tort de s'inquiéter de cela durant les passages "philosophiques"...). L'ultime question qu'il soulève renvoit indubitablement à toutes celles qu'on se pose. Comment certains personnages font-ils pour se croiser (à l'instar du cambrioleur et de l'unijambiste coincé sur le toit) ? Pourquoi n'ouvre-t-on jamais au présentateur de télévision ? Comment les personnages peuvent-ils tous voir cette même chaussure ? Combien y-a-'il de chaussures sur le toit au final ? Tant de questions et autant de réponses qu'il y aura de lecteurs. À l'instar des personnages du récit, chacun y trouvera une manière différente de l'appréhender selon son caractère. Quoi qu'il en soit, cette vulgaire chaussure sur un toit parisien aura su susciter grand intérêt. Quelque peu agaçante comme le roman durant certaines digressions de l'auteur, on lui pardonne tout. Elle est tellement attachante et de si agréable compagnie que, finalement, on aurait bien aimé que l'aventure se poursuive davantage. Dans nos esprits ? Pourquoi pas. Il n'est pas exclu d'en philosopher après tout...
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"Il y a des gens pour qui réussir à tout les coups est une véritable obsession, comme les parachutistes."

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Lafcadio 2
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 21 Fév 2008
Localisation : Paris

Message Posté le : 08/05/08 11:44    Sujet du message: Répondre en citant

Oui, cette histoire de godasse paraît alléchante ("Ach ! che bois du champagne tans fotre escarpin, pelle madmazelle ! Guel pied ! ).
D'un autre côté, écrit par un fan de Kierkegaard... enfin il y a pires choix phizolofiques.
Moi je voulais signaler la sortie d'un gros volume de l'intégrale des nouvelles de S.-F. de Stanley Weinbaum, que tous les amateurs connaissent pour sa nouvelle-culte "Une Odyssée martienne". C'est chez PUF Coda à 29 E. Cet auteur écrivit seulement pendant 2 ans car il mourut d'un cancer de la gorge en 1936. On le considère comme un des meilleurs intervenants dans les revues Wonder Stories, Amazing Stories, Astounding Stories, qui dans les années 20 et 30 construisirent toutes les assises du genre. Dans l'ouvrage, un cahier central donne bon nombre de savoureuses couvertures illustrées de ces magazines. C'est vraiment chez Weinbaum de la "Science-fiction intelligente", avec ce délicieux petit parfum désuet que pour ma part j'apprécie beaucoup. Très content
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Key
Modérateur


Inscrit le : 06 Sept 2002

Message Posté le : 23/07/09 11:33    Sujet du message: Répondre en citant

Pas trop le courage de développer, mais en ce moment, je m'amuse comme un petit fou avec les aventures de Thursday Next, de Jasper Fforde (oui avec 2 F et 1 E).

J'avais lu il y a quelques temps déjà l'Affaire Jane Eyre et je suis sur le bouquin suivant en VO (Lost in a good book ou Délivrez-moi en VF).

En gros, dans un univers parallèle, l'Angleterre (qui a viré totalitaire) est en guerre avec la Russie impériale pour la Crimée; la littérature fait quasiment office de religions (les gangs s'entre-tuent pas uniquement pour des bouquins mais également pour leurs personnages fétiches); les sciences sont beaucoup plus avancées que chez nous (notamment la génétique qui a permis de faire revenir les mammouths, les hommes de Néanderthal et les dodos); les vampires et autres loups-garous se baladent; les voyages dans le temps sont régulés... Bref... un monde où tout est possible.

Et dans ce monde, Thursday Next est une détective à la brigade littéraire du service des opérations spéciales (une agence qui s'occupe aussi bien de la régulation du marché des fromages que de surveiller les voyages temporels). Son boulot consiste à traquer les faux manuscrits, le recel des originaux volés, l'intégrité des livres (car oui ! changer un original change tous les autres copies). Tout irait le mieux si Achéron Hadès (le 3ème plus dangereux criminel du monde) n'avait pas volé le manuscrit de Jane Eyre et menaçait de tuer l'héroïne grâce à une invention de l'oncle de Thursday qui permet d'entrer littéralement dans les livres. (fin du pitch du 1er livre)

Jasper Fforde a créé un monde foisonnant et riche, bourré de clins d'oeil et de références littéraires (forcément). L'intrigue est bien ficelé et les personnages super attachants, le méchant est formidable à l'instar des super-méchants de pacotilles. On a l'impression qu'il avait tout un tas d'idées les plus farfelues les unes que les autres et qu'au lieu de les trier, il les a toutes gardées pour les mettre dans ses livres. C'est drôle, vif et malin. J'espère que la suite sera à la hauteur. Pour avoir lu la traduction et la VO, je trouve que la traductrice se débrouille vachement bien. Un peu comme le traducteur de Pratchett, elle a su adapter les jeux de mots à 2 balles et l'ambiance foufou. Pour l'instant que du bon !

En bonus le site web de l'auteur et celui de Thursday Sourire
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Sheldon: Why are you crying?
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Sheldon: Well, that's no reason to cry. One cries because one is sad. For example, I cry because others are stupid, and that makes me sad.
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Marie
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Inscrit le : 10 Oct 2002
Localisation : Belgique

Message Posté le : 23/07/09 13:19    Sujet du message: Répondre en citant

Ça a l'air bien tentant ça didonc. Je crois que je vais essayer l'Affaire Jane Eyre en souvenir d'un des livres fétiches de ma lointaine adolescence Sourire
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Taliesin
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 01 Fév 2004

Message Posté le : 04/08/09 18:47    Sujet du message: Répondre en citant

Cette description m'a en tout cas donné envie Key. Je garde ce titre dans un coin de ma tête malgré ma culture littéraire (je n'ai jamais lu Jane Eyre ...) Clin d'oeil
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Key
Modérateur


Inscrit le : 06 Sept 2002

Message Posté le : 21/08/09 11:37    Sujet du message: Répondre en citant

Ayé ! J'ai fini le premier cycle de la série Thursday Next, dont j'ai parlé récemment et je reste sur mes premières impressions : d'excellents bouquins surprenants, drôles, érudits et bien ficelés.

On découvre dans les livres suivants les aventures de Thursday qui travaille pour la Jurisfiction, sorte de Police de la fiction qui surveille et protège le monde des livres, dans lequel l'héroïne trouve refuge pour échapper à ses ennemis, après avoir appris à se lire dans les livres.

Elle travaille, entre autres, aux côtés du Chat du Cheshire (d'Alice au pays des Merveilles), de Miss Havisham (des Grandes Espérances de Dickens) par exemple, dans des missions aussi variées que combattre les grammasites, ces parasites qui altèrent l'orthographe des mots, protéger Heathcliff des nombreuses tentatives d'assassinat, poursuivre un minotaure qui s'est échappé de sa prison ou bien sûr sauver le monde.

On découvre avec elle le puits des histoires perdues, sorte de bouillon de culture dans lequel tous les livres écrits et à venir sont nés, comment les membres de la Jurisfiction communiquent avec des notes en bas de page, ou encore comment s'échapper des geôles d'une prison réelle grâce aux étiquettes de ses vêtements. On apprend également qu'entre 2 chapitres les personnages des livres ont une vie et des occupations, du genre la course automobile pour Miss Havisham, ou encore écouter du rock sur un walkman Sony pour un personnage secondaire de Raison et Sentiments.

La partie "Jurisfiction" concerne surtout les livres 2 (Lost in a good book) et 3 (the Well of Lost Plots), tandis que le dernier livre de la première partie, le livre 4 (Something Rotten), voit le retour de l'héroïne dans le monde réel, tout aussi bizarre, surtout quand on a ramené avec soi Hamlet, l'éternel indécis, qui a eu l'illumination après avoir vu la version de lui-même par Mel Gibson.

Oui oui c'est du portnawak, mais ça ne doit surtout pas éclipser le talent de Jasper Fforde pour trouver un sens à tout ça. Il y a derrière toutes ces idées farfelues juxtaposées une intrigue solide, mais aussi de la réflexion et de l'émotion.

Il ne me reste plus qu'à trouver le tome 5 (début de la saison 2) intitulé First among Sequels en anglais Sourire
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kidor_didine
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Inscrit le : 13 Mai 2004
Localisation : A l'est

Message Posté le : 21/08/09 23:21    Sujet du message: Répondre en citant

Key le tome 5 est paru en France depuis un mois environ et s'intitule Le début de la fin. Il se déroule quelques années après la fin de la première partie.
Je plussoie Key quand il recommande cette excellente série. C'est du tout bon. En plus les pages de garde de chaque tome dans l'édition poche font très warhol avec leurs boîtes de conserve. Pour le premier tome, c'est un dodo, rappelant Pickwick, l'animal cloné de Thursday... Rien que ça, ça m'avait interpelé. De plus les méchants sont vraiment intéressants:dans les premiers tomes le frère et la soeur Hadès, méchants 100% pour la plaisir, celle-ci ayant des pouvoirs surprenants , puis Yorrick Kaine qui veut conquérir le pouvoir politique, mais qui est-il vraiment? et enfin le minotaure...
Key en a déjà beaucoup dit, je dirai juste pour finir que ces livres m'ont donné envie de (re)lire les classiques mentionnés dedans, rien que pour voir si Miss Havisham est aussi une folle du volant chez Dickens... Je ne reverrai en tout cas plus jamais Hamlet de la même façon.
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Tant qu´y a d´l´eau d´vie, y´a d´la poire
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Bp
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Inscrit le : 08 Mai 2003
Localisation : Sur la Drina

Message Posté le : 04/09/11 22:16    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Piotr Ivanovitch passait plus de la moitié de son temps à démasquer les simulateurs. Il comprenait, bien entendu, les motifs qui poussaient les détenus à la simulation. Piotr Ivanovitch avait lui-même été un détenu peu de temps auparavant, et ni l'entêtement enfantin des simulateurs ni le caractère primaire et irréfléchi de leurs feintes ne l'étonnaient guère. Piotr Ivanovitch, ancien maître de conférence d'une des facultés de Sibérie, avait enterré sa carrière scientifique dans ces mêmes neiges où les malades tentaient de sauver leur peau en le trompant. On ne peut pas dire qu'il n'avait pas pitié des gens. Mais il était plus médecin qu'homme, c'était avant tout un spécialiste. Il s'enorgueillissait de ce qu'une année de travaux généraux n'avaient pu lui enlever ses qualités de médecin spécialiste. Sa tâche - démasquer les simulateurs - ne relevait pas pour lui d'un intérêt national supérieur ni d'une quelconque position morale. Il y voyait une application digne de ses connaissances, de sa capacité psychologique à tendre des pièges, et c'étaient des gens affamés, malheureux et à moitié fous, qui devaient tomber dans ses pièges pour la plus grande gloire de la science. Dans cet affrontement entre le médecin et le simulateur, le médecin avait tout pour lui: des milliers de médicaments ingénieux, des centaines de manuels, un riche appareillage, l'aide de l'escorte, l'énorme expérience du spécialiste; et, du côté du malade, il n'y avait que la terreur devant l'univers qu'il venait de quitter pour venir à l'hôpital et qu'il craignait de retrouver. C'était justement cette terreur qui lui donnait la force de lutter. Lorsqu'il démasquait un nouveau simulateur, Piotr Ivanovitch éprouvait une immense satisfaction: la vie lui apportait de nouveau la preuve qu'il était un excellent médecin, qu'il n'avait pas perdu sa qualification mais qu'il l'avait au contraire affinée, polie: en un mot, qu'il était encore capable...


Varlam Chalamov, Récits de la Kolyma, Editions Verdier
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church
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Inscrit le : 08 Avr 2008
Localisation : South west of France

Message Posté le : 05/09/11 10:42    Sujet du message: Répondre en citant

Bp a écrit:
Varlam Chalamov, Récits de la Kolyma, Editions Verdier

Voilà, c'est le bouquin parfait pour lancer et illuminer une journée. Merci Bp ! Mort de rire Mort de rire
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Taliesin
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Inscrit le : 01 Fév 2004

Message Posté le : 25/02/15 13:49    Sujet du message: Répondre en citant

Ces temps-ci, je me suis lancée dans la trilogie MaddAddam de Margaret Atwood. Encore une fois, c'est une auteure que j'ai découverte grâce à Moto Hagio, notamment par le biais d'un article d'analyse sur Marginal, de même pour Ursula Le Guin d'ailleurs. J'ai donc lu en premier le livre dont parlait l'article, La servante écarlate, une dystopie dans laquelle un gouvernement réactionnaire et religieux fanatique a pris la place de notre démocratie, un monde dans lequel les femmes ne sont plus réduites qu'à plusieurs fonctions: les épouses, les domestiques, et surtout, les servantes écarlates, celles qui sont encore fertiles.

L'autre oeuvre dystopique de Margaret Atwood est la trilogie MaddAddam, composée des romans suivants: Le dernier homme, Le temps du déluge et MaddAddam. En ce moment, je lis le deuxième chapitre, Le temps du déluge, mais je vais essayer de parler du Dernier homme. Apparemment, les droits de la trilogie ont été achetés par HBO et une série se prépare avec Darren Aronofsky aux commandes. Les deux premiers opus peuvent se lire indépendamment, ceux-ci se déroulant aux mêmes moments, avec des personnages qui s'entrecroisent. Mais je préfère quand même lire le premier avant.

Le dernier homme de Margaret Atwood, titre original: Oryx and Crake



Le titre français se focalise sur le héros de l'histoire, Jimmy, le dernier homme, tandis que le titre original est plus centré sur deux personnes importantes de sa vie. Au moment où l'histoire s'ouvre, Jimmy se retrouve sur une Terre où un virus a décimé une grande partie de l'humanité (toute l'humanité?). Il est seul parmi d'autres humains parfaitement adaptés à ce nouveau type de vie complètement tributaire de la nature, des êtres génétiquement créés par Crake. Il les appelle Crakers ou enfants de Crake. Ceux-ci ont le cœur pur, sont beaux, arborent chacun une couleur de peau empêchant tout racisme. Le roman suit une narration introspective, où on vit tantôt le moment présent avec Jimmy qui essaie de survivre, puis les moments passés, avant l'apocalypse, de l'enfance à l'âge adulte.

Je dois dire que j'ai trouvé ce roman particulièrement accrocheur et très actuel. A travers cette trilogie, Atwood imagine un monde futur possible où tout ce qu'on connaît aujourd'hui est amplifié: la puissance des entreprises, la privatisation de tout plein de services, les expérimentations agro-alimentaires, la manipulation génétique, l'omniprésence du sexe, l'importance des sciences, la présence très poussée d'Internet, l'habitude aux images violentes pour les enfants, les inégalités sociales très marquées, la poursuite de l'immortalité et de la jeunesse à tout prix, l'importance de l'apparence pour les femmes (surtout), les parents démissionnaires trop occupés par le travail, les inégalités très creusées entre pays riches et pays pauvres. Bref, tous ces éléments sont amplifiés dans ce roman, et c'est une sorte de sonnette d'alarme que tire Atwood.

On a le point de vue de Jimmy avant tout, enfant solitaire un peu délaissé par ses parents, n'ayant pas de dons pour les matières scientifiques à l'école mais grand amoureux des mots, un littéraire, mais cela n'est plus aussi utile dans ce monde. Jimmy fait partie d'une classe privilégiée, il vit dans un Module pour ensuite déménager vers un Compound (sorte de ville appartenant à une très grande entreprise) où se trouvent uniquement la pointe de la pointe, l'élite de ce monde. Son quotidien est ennuyeux et son adolescence frustrante, jusqu'à sa rencontre avec Crake, véritable génie. Leur amitié est là, ils passent leur temps sur des jeux violents et sur des sites pornos, notamment pédophiles, où ils découvrent la jeune enfant Oryx, qui vient d'un pays d'Asie du Sud Est (on dirait la Thaïlande). Dans ce premier roman, on découvre donc le point de vue et les pensées de Jimmy, un personnage masculin, et privilégiés. On apprend juste qu'il existe, en dehors des Compounds, ce qu'on appelle les plèbezones, des quartiers où vivent les personnes plus démunies, une espèce de jungle où règne la loi du plus fort.

Jimmy, Crake ou Oryx ne sont pas des personnages attachants. C'est même tout le contraire. Mais j'ai aimé le roman pour ça à vrai dire, je trouve que les personnages sont tels qu'ils sont, mais que Atwood ne cherche pas à nous faire adhérer à leur pensée, notamment avec un trop plein d'empathie. J'aime le fait de ne pas m'attacher à ces personnages. Jimmy a beau avoir vécu des moments difficiles, je n'arrive pas à l'aimer. Crake est très au-delà des autres êtres humains. Oryx, malgré tous les moments d'injustices qu'elle a vécu, arbore sans cesse un masque, on ne sait jamais à quoi elle pense. J'ai aimé ce procédé. Mais surtout, l'écriture de Atwood est toujours très vive, et les moments pleins de tension. Je suis très vite devenue accroc au Dernier homme et cela se poursuit tout autant dans Le temps du déluge (pur hasard, je l'ai commencé au nouvel an et sa couverture arbore un superbe mouton). C'est un roman qui fait, tout en divertissant, réfléchir sur l'état du monde actuel. L'être humain continue à polluer, à consommer sans raison, mais surtout à créer des êtres comme un dieu: des porcons, porcs abritant des organes humains par exemple, comme une banque d'organes, copie de soi, ou encore les CoqOTops où les poulets ne sont composés que de blanc ou de cuisses.

J'ai adoré La servante écarlate, roman flippant et très particulier par son ambiance, mais j'adore aussi cette trilogie MaddAddam Sourire . Une belle découverte de mon point de vue.
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scott_of_the_stars
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Message Posté le : 14/03/15 14:23    Sujet du message: Répondre en citant

Le Sabre des Takeda - Yasushi Inoué

Il y a deux jours, j'ai terminé ce roman de Yasushi Inoué, le premier que je lis de cet auteur.
Ce roman se repose sur des faits et des personnages ayant existé, dont Yamamoto Kansuke un guerrier qui n'a pas été gâté par dame Nature : de petite taille, borgne , boiteux , au visage vérolé et creusé de cicatrices. Peu loquace, sans attache à une école de bushi, il passe pour un moins que rien. Il est pourtant un habile technicien.
Guerrier vivant au croché d'une tierce personne, il décide de sortir de son état végétatif, obsédé par l'idée de se bâtir un château ! Pour cela, il magouille avec un samouraï errant, et se fait embaucher par un seigneur reconnaissant, Shingen Takeda. Il servira celui-ci durant des décennies, apportant moult victoires au clan, déployant ses talents de stratèges œuvrant pour l'unité du Japon.
Carnages, mariages, batailles s'étalant sur des mois remplissent ses journées. Ce petit homme extraordinaire ne prendra jamais femme, fidèle à une jeune otage qui deviendra la concubine de son seigneur.

Si le récit est intéressant, il y a des moment où je me suis noyé dans les mots. Je pense que la traduction y est pour quelque chose : certaines notions sont peu claires, les noms des personnages qui évoluent selon les status se mélangent, les dialogues sont parfois à la troisième et parfois à la première personne (du à la langue japonaise, si je me souviens bien... mais en français, ça ne marche pas).
L'aspect repoussant du personnage n'est que très peu exploité...
Bref, un bon moment de détente culturel.
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Saute le pas pour parler manga, mais pas que. Lecteur de comics, fumetti et francos Très content
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