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Petites chroniques ciné et DVD (3)
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skye
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 26 Mai 2007

Message Posté le : 25/05/08 15:29    Sujet du message: Répondre en citant


(Désolée pour l'affiche, si elle est trop grande, je l'enleverrais s'il le faut)

Iron man est très bon film à voir. Très content

Je suis aller voir ce film en raison de la présence de Robert DowneyJr, parce qu'habituellement je n'aime pas trop les histoires de super-héros en collant qui sauve la greluche et son mioche, et là je nai pas été déçue.

Les rôles principaux sont tenus par R. Downey jr ( bien entendu^_^), Jeff Bridges et G. Paltrow.

L'histoire raconte comment Tony Stark, playboy multimilliardaire, petit génie de la mécanique, digne fils héritier d'un fabricant d'armes en étant le plus gros client de l'armée américaine va devenir Iron Man.

Le début du film part très fort, il y a beaucoup d'action et d'explosion, et donne le ton du reste du film, avec un passage très "McGyver dans sa grotte afghanne", c'est à dire un mélange d'humour léger et de critique, très légère, de la guerre en Afghanistan et en Irak, et de scènes d'action assez impressionantes.

J'ai ri quasiment pendant tout le film. Les acteurs principaux sont excellents, enfin surtout Downey et Bridges. Paltrow a un rôle plutôt mince, donc on ne peut pas dire qu'elle peut utiliser tout son talent d'actrice avec son simple rôle d'assistante du héros. C'est Bridges, avec son look de chauve barbu qui le rend quasi méconnaissable, qui fait face à Downey avec brio.

Bref c'est un très bon film, très drôle. Je l'ai trouvé bien meilleur que le premier spiderman, par exemple. Bien plus divertissant en tout cas. Sourire
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Kaibara
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 17 Déc 2002
Localisation : Asnières-sur-Seine (92)

Message Posté le : 05/07/08 13:42    Sujet du message: Chantons sous la pluie Répondre en citant



Réalisé par Stanley Donen & Gene Kelly, sorti le 21 novembre 1952
Titre original : Singin' in the rain


Avec Gene Kelly, Debbie Reynolds, Donald O'Connor, Jean Hagen, Douglas Fowley, Millard Mitchell, Rita Moreno, Cyd Charisse ...

"Don Lockwood (Gene Kelly), star du cinéma muet, a pour partenaire Lina Lamont (Jean Hagen), actrice à la voix de crécelle. Celle-ci est persuadée que la relation amoureuse qui les unit à l'écran les unit aussi dans la vie. Les jours du cinéma muet sont comptés et lorsque que sort Le Chanteur de Jazz, premier film parlant, Lockwood et son partenaire Cosmo Brown (Donald O'Connor) se battent pour que le prochain "Lockwood et Lamont" qu'ils sont en train de tourner, The Dueling Cavalier, soit transformé en comédie musicale. Le studio accepte mais la voix de Lina Lamont est trop désagréable et Cosmo décide de la faire doubler par Kathy Selden (Debbie Reynolds), jeune tragédienne à la voix enchanteresse..."

Mon avis :

De tous les bijoux du septième art, il y en a certains qui ont plus d'éclat, qui dégagent quelque chose de plus, quelque chose d'indéfinissable qui rend ces films intemporels. Ainsi peut-on citer au rang des inoubliables les réussites fondamentales que furent Autant en emporte le vent, Casablanca, Sueurs froides, Elephant Man, Il était une fois en Amérique... ou plus récemment Edward aux mains d'argent, Pulp Fiction, American Beauty, Requiem for a dream ou encore La Liste de Schindler (c'est dans ces moments-là que je me rend compte que j'adore le cinéma anglo-saxon...). Bien sûr, tout ceci est bien subjectif et tout le monde ne perçoit pas ces films de la même façon. Certains les adorent, d'autres pas... et c'est très bien ainsi ! Accordons-nous simplement à dire qu'il s'agit de "grands classiques" du cinéma que tout cinéphile digne de ce nom se doit d'avoir vu au moins une fois dans sa vie. Parmi ceux-là, Chantons sous la pluie a tout à fait sa place et s'impose même comme l'un des plus grands films de tous les temps (et oui rien que ça ! mais ce n'est que mon avis...). Difficile en effet de rester insensible devant ce merveilleux film, bénéficiant d'une mise en scène incroyablement inventive pour l'époque, d'un casting sans fausse note, d'une bande originale merveilleuse et de moments d'anthologie ; à l'instar de celui qui donne son titre au film et fait incontestablement partie de l'imaginaire collectif (en effet, ceux qui n'ont pas vu le film connaissent néanmoins cette fabuleuse séquence où Gene Kelly fait un numéro de claquettes sensationnel dans des rues gorgées de pluie). Pour l'anecdote, on raconte que cette scène fut tournée par un Gene Kelly fiévreux sous une pluie faite d'eau et de lait mélangés afin de rendre plus visible cette averse torrentielle à l'écran.

Bref, revenons à ce film qui est donc l'un des rares à pouvoir se prévaloir de cette appellation, certes galvaudée mais très appropriée en l'espèce, de "chef-d'œuvre". Diamant scintillant d'une infinité pureté et d'une maîtrise prodigieuse, Chantons sous la pluie est un film admirable (les qualificatifs me manquent...) qui donne une incroyable pêche à chaque visionnage ! D'ailleurs, dès le générique (qui a servi de base à l'affiche qui vous pouvez voir un peu plus haut), le ton est donné. Nos héros marchent sous une pluie battante, mais le ciel est pourtant d'un étonnant bleu intense. Ce contraste est renforcé par le jaune vif des cirés des acteurs et contribue à renforcer l'impression d'enthousiasme et de gaîté de ce générique. À l'instar des comédies musicales de l'époque, il s'agira donc avant tout d'un film profondément heureux, coloré et optimiste, un formidable hymne à la vie, une vie dansée et chantée à la joie triomphante. Un parfait remède contre la morosité et la déprime ambiantes en somme !


Good morning, good morning to you !

Conjointement mis en scène par Stanley Donen et l'inimitable Gene Kelly, Chantons sous la pluie est leur deuxième réalisation après Un jour à New York quelques années plus tôt. À l'instar deAll I do is dream of you, You were Meant for me ou Would you, un certain nombre de chansons du film lui sont antérieures. L'inévitable chanson éponyme Singin' in the rain a ainsi été écrite par Arthur Freed (par ailleurs producteur du présent film) et composée par Nacio Herb Brown en 1929. Elle figurait déjà dans le film musical Hollywood Revue of 1929 de Charles Reisner et Gene Kelly, qui l'a reprise ici, n'a changé que quelques paroles. En fait, j'ai appris récemment que le scénario fut défini après que les chansons furent choisies ; les scénaristes durent donc imaginer une histoire dans laquelle ces chansons s'inséreraient parfaitement. En voyant le résultat, on ne peut que saluer leur talent et leur imagination. Ce qui aurait pu n'être qu'une banale comédie musicale filmée s'est mué en formidable film à part entière, fourmillant d'idées lumineuses ; à commencer par son casting.

Tout d'abord, il y a le charismatique Gene Kelly qui personnifie le personnage central du film : Don Lockwood. Partie de rien, le héros du film s'est progressivement imposé comme une star adulée et bondissante du cinéma muet. Avec l'arrivée du parlant, et sa rencontre avec la jeune Kathie Selden, il va profondément remettre en question ses talents artistiques. Celle-ci lui reprochant alors le caractère superficiel du métier de comédien de muet grimaçant qui n'a pas la grandeur du véritable artiste qu'est l'acteur de théâtre (ce qu'elle prétend être, évidemment). Séducteur au sourire ravageur et plein de bonne humeur, Gene Kelly a une classe incroyable. Il danse et chante avec un talent immense, rayonne littéralement à l'écran, élabore des chorégraphies hallucinantes et va même jusqu'à co-réaliser ce merveilleux film... Sans cet homme orchestre indispensable, il va s'en dire que le film n'aurait pas été aussi enchanteur. L'énergie qu'il apporte à la séquence "Singin' in the rain" est remarquable. Dans cet instant résolument optimiste, son personnage fait fi de ses problèmes (évidemment symbolisés par cette pluie diluvienne) avec une profonde liberté (il danse sur chaque recoin de la rue) et un enthousiasme immédiatement communicatif ; il est d'ailleurs amusant d'observer, post-synchro oblige, un léger décalage de son entre le son et les pas de claquettes de Lockwood (petit défaut facilement pardonnable tant le film est irréprochable par ailleurs).


I'm singing in the rain !

Ensuite, parlons de la jeune Debbie Reynolds, encore peu connue à l'époque et dont la carrière fut véritablement lancée par ce film. Son personnage, Kathie Selden est une fille simple, plutôt jolie, mais assez loin des strasses et paillettes du tout Hollywood. Assez peu sûre d'elle, elle feint ne pas reconnaitre Don Lockwood et s'invente un destin plus glorieux que celui de toutes les midinettes qui courent après la star. En fait, la réalité est tout autre et son métier n'est pas aussi prestigieux qu'elle ne le laisse entendre. Peu confiante donc, mais ne manquant pas de caractère, cette jeune fille va découvrir l'impitoyable monde du show-business à travers la relation complexe qu'elle va lier avec Lockwood. Avec une grâce infinie, Debbie Reynolds interprète à la perfection cette fausse ingénue. Peut-être pas aussi à l'aise en danse que ces deux complices (faut dire aussi que celle-ci ne savait pas danser à l'origine ; ce qui ne plut pas vraiment à Gene Kelly),Debbie Reynolds s'en sort pourtant très bien lors des numéros de danse. Son passé de gymnaste l'a certainement beaucoup aidé, sa rencontre fortuite avec Fred Astaire qui tournait dans le studio voisin (excusez du peu) a fait le reste. Le reste du temps, elle est juste irrésistible de charme et de tendresse.

Viens ensuite mon personnage préféré du film : Cosmo Brown, incarné par le virevoltant Donald O'Connor. Ce type est vraiment incroyable. Malgré toute l'admiration que je peux avoir pour l'immense Gene Kelly, je dois bien avouer qu'il est celui qui m'a le plus impressionné ! Ami de longue date de Don Lockwood dans le film, Cosmo a toujours été à ses côtés et a suivi son ascension vers la gloire et la célébrité. Il n'est pourtant pas aussi reconnu que Lockwood, mais ne s'en soucie guère. Au contraire, il s'accommode tout à fait de son relatif anonymat et se passe sans mal de tous les tracas que la célébrité engendre. Un brin frivole, Cosmo n'en demeure pas moin un ami sincère sur lequel on peut compter. Toujours prêt à remonter le moral de son ami Don (comme dans l'hallucinante séquence "Make them laugh" qui est l'une de mes favorites), Cosmo sait surtout faire preuve de malice et d'ingéniosité (c'est d'ailleurs lui qui soufflera à Don cette idée lumineuse pour moderniser The Dueling Cavalier et ainsi le sauver du fiasco annoncé). Inspirant une joyeuse bonhomie dès que son sourire jovial irradie l'écran, Donald O'Connor est un véritable clown capable des plus folles acrobaties et dont les grimaces appuyées ne sont pas sans évoquer les anciennes vedettes du cinéma muet (on ne se surprend ainsi pas d'apprendre que sa famille travaillait dans le music-hall lorsqu'il était plus jeune). Malgré tout le talent du bonhomme, je reste très étonné de sa faible notoriété actuelle dans notre hexagone. On parle souvent, et à raison, des talents de Gene Kelly. Mais je trouve qu'on oublie bien vite ce formidable acteur qui partagea notamment l'affiche du film musical La Joyeuse Parade de Walter Lang avec Marilyn Monroe peu de temps après...


Make 'em laugh ! Don't you know everyone wants to laugh ?

Outre ce trio de choc époustouflant, il existe un autre personnage qui, bien que délicieusement exécrable, est tout aussi indispensable. Il s'agit bien entendu de la "méchante" du film, l'horripilante Lina Lamont. Particulièrement stupide, égocentrique, capricieuse et vile, Lina Lamont est en effet très agaçante. Véritable archétype de la blonde glamour nunuche que les hommes désirent et que les femmes jalousent, Lina formait un couple de cinéma légendaire à l'époque du muet. Laissant l'image d'une personne distinguée auprès de ses admirateurs, c'est en fait une véritable enfant gâtée aussi insupportable que sa voix stridente et sossotante. Un joli contraste qui risquerait bien de surprendre (et pas en bien) ses fans lors de son prochain rôle... parlant ! Alors que ce personnage possède tous les traits de la caricature facile, l'interprétation toute en finesse de la resplendissante Jean Hagen rend Lina très attachante et plus complexe qu'il n'y parait à première vue. En outre, l'actrice met tout son potentiel comique au service de son personnage. Ce qui nous permet de savoureuses séquences à l'image de ces passages hilarants montrant la prise de son archaïque de ce nouveau genre de film (avec les drôles de battements entendus et les positionnements incongrus du micro) et le résultat atypique présenté en projection privé (où le son se désynchronise totalement et où les bruitages se font un peu trop lourdement entendre). Cette scène en particulier est d'une incroyable ingéniosité et demeure un instant rare du pur bonheur où l'on rit de bon cœur.

Bien sûr, on ne saurait oublier la présence de la divine Cyd Charisse (qui nous a malheureusement quitté récemment). Très célèbre depuis sa participation à Ziegfel Follies aux côtés de Fred Astaire en 1946, son nom est bien mis en évidence durant le générique d'ouverture alors qu'elle ne fait une apparition (et ne prononce pas un mot) que de quelques minutes dans le film. C'est dire la popularité de cette sublime artiste déjà à l'époque dont le seul nom suffisait à attirer les foules ! Danseuse à la plastique parfaite et aux jambes renversantes, Cyd Charrisse incarne dans cette séquence un peu à part du film toute la sensualité et le mystère de la femme fatale inaccessible. Dans cette séquence appelée "Broadway Melody", Cyd Charisse est tout à tour énergique et brûlante, sensuelle et envoûtante. Complètement déconnecté du récit (la séquence a été ajoutée in extremis alors que le tournage initial était terminé) et tout à fait hors du temps (ça n'a aucune espèce d'importante, mais on s'imagine assez mal comment ce passage pourrait s'insérer dans The Dueling Cavalier) cet enivrant ballet nous entraîne dans plus d'une dizaine de minutes absolument euphorisantes. Véritable film dans le film, cette saynète musicale nous narre une histoire pleine d'onirisme et de volupté, de son introduction à sa conclusion. Gene Kelly et Cyd Charisse y sont divins, les couleurs flamboyantes, les chorégraphies élégantes, la légèreté et la grâce omniprésentes. Un pur moment de magie où le plaisir d'écoute n'a d'égal que le délice des yeux, une parfaite symbiose qui embrase littéralement les sens. Sans cette séquence inoubliable, il va sans dire que le film perdrait une grande partie de son âme...


Un pas de deux sublime tout en sensualité et séduction...

Mais plus encore que l'une des plus grandes (la plus grande ?) comédies musicales de tous les temps, Chantons sous la pluie est surtout un film formidable au scénario brillant et qui a presque valeur historique. Illustrant à merveille le bouleversement total qu'a subi l'industrie du cinéma après la sortie du premier film parlant en 1927, Le chanteur de Jazz d'Alan Crosland, Chantons sous la pluie en suggère toutes les difficultés techniques (avec beaucoup d'humour comme on l'a vu un peu avant) et humaines (certaines vedettes ne se remettront d'ailleurs jamais de ce passage du muet au parlant, à l'instar des célébrissimes Buster Keaton ou encore Harold Lloyd). C'est à une toute nouvelle façon de jouer que les acteurs auront à faire face avec l'arrivée du parlant ; les textes prenant progressivement une importance primordiale. En outre, le film épingle la superficialité qui caractérise déjà le monde du cinéma. Les décors sont factices, les cascades réalisées avec trucage, les acteurs sont doublés, les sons sont retravaillés en studio... Dans ce monde d'illusion, rien ne semble réel. Et pas seulement en coulisses puisque la production n'hésite pas à instrumentaliser la vie privée de ses vedettes, espérant accroître le succès de ses films en laissant croire au public que les deux acteurs forment aussi bien un couple à l'écran qu'à la ville. Le film n'est d'ailleurs pas tendre avec les producteurs et les contrats très astreignants qu'ils imposent à leurs poulains (comme le montre celui dans lequel la pauvre Kathie semble emprisonnée) ; bien entendu, le film étant éminemment optimiste, à la fin, la morale est sauve. Good morning, good morning to you !

Pour conclure, si vous ne connaissez pas ce grand classique du septième art, je vous invite vivement à le faire. Même pour les allergiques des comédies musicales et des yeux films, ce film est à découvrir tant il n'a rien perdu de sa superbe au fil du temps. Au contraire, le poids des années semblent, comme le bon vin, lui donner saveur inégalable. D'ailleurs, quand on pense que ce film ne remporta pas un seul Oscar (malgré les nominations ô combien justifiées de Jean Hagen à celui de "meilleure actrice de second rôle" et Lennie Hayton pour celui de "meilleure musique de comédie musicale"), alors que Chicago de Rob Marshall (clairement moins exaltant) en obtint six, on a de quoi s'interroger sur la pertinence des choix de cette institution. Enfin : autres temps, autres mœurs j'imagine...


L'article étant très long, il sera peut-être plus agréable à lire sur mon blog : http://shin.over-blog.org/article-20995126.html
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Heiji
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 06 Sept 2002
Localisation : Japon

Message Posté le : 06/07/08 18:04    Sujet du message: Répondre en citant

Je fais appelle au cinephile, voila, j'aurais voulus savoir si quelqu'un savait quel était la musique qu'on entend sur cette video :
http://www.youtube.com/watch?v=I0bU3G2lfSo&eurl

Il me semble que c'est une musique utilisé pour les trailers de films (ça ressemble beaucoup a la musique de requiem for a dream, mais c'est pas celle la).
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Kaibara
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Inscrit le : 17 Déc 2002
Localisation : Asnières-sur-Seine (92)

Message Posté le : 06/07/08 19:22    Sujet du message: Lux Aeterna Répondre en citant

Heiji-sama a écrit:
(ça ressemble beaucoup a la musique de requiem for a dream, mais c'est pas celle la).

Tu m'étonnes qu'elle y ressemble ! Choqué

Je ne sais pas du tout quelle est le titre de cette musique, mais il y a de fortes chances qu'elle ait été composée par Clint Mansell (a qui on doit Lux Aeterna justement). Sourire
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Kaibara
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Inscrit le : 17 Déc 2002
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Message Posté le : 09/07/08 13:38    Sujet du message: P.S. : I love you Répondre en citant



Réalisé par Richard LaGravenese, sorti le 6 février 2008

Avec Hilary Swank, Gerard Butler, Harry Connick Jr., Lisa Kudrow, Gina Gershon, James Marsters, Kathy Bates, Jeffrey Dean Morgan ...

"Holly (Hillary Swank) et Gerry (Gerard Butler) sont un couple amoureux menant une vie parfaite. À la suite de la mort soudaine de Jerry, Holly sombre dans une dépression. C'est alors qu'elle reçoit une première lettre rédigée par Jerry avant sa mort. Ces lettres, agencées tel un jeu de piste, lui donnent des instructions de choses à faire pour, à terme, tourner la page et enfin réapprendre à vivre..."

Mon avis :

P.S. I love you est l'adaptation du best-seller éponyme de la romancière irlandaise, Cecelia Ahern, et marque la seconde collaboration entre le réalisateur Richard LaGravenese et l'actrice Hilary Swank après Écrire pour exister. Si la presse n'a pas été tendre avec ce film, les spectateurs ont généralement été beaucoup plus enthousiastes pour celui-ci. Comme je me fies plus volontiers à l'avis du public qu'à celui des professionnels, et que j'étais curieux de voir Gerard Butler dans un rôle diamétralement opposé à celui qu'il tenait dans l'épique 300, je me suis donc laissé tenté par cette romance dramatique pour le meilleur... et surtout pour le pire !

Pour commencer, je serais malhonnête si je n'admettais pas que Gerard Butler m'a plutôt bluffé. Même sans les artifices visuels et la portée symbolique du film de Zack Snyder dans lequel il incarnait le flamboyant Roi Léonidas, l'acteur est toujours aussi charismatique. Son personnage, absolument séduisant et doté d'une personnalité irrésistible, est un être tout à fait admirable dont la bonté n'a d'égale que la prévenance dont il fait preuve pour sa bien-aimée. Ainsi, il a pleinement anticipé son funeste sort et a préparé de quoi occuper une année durant la vie de sa future et jeune veuve. Pour l'aider à surmonter cette effroyable peine prochaine, il lui a donc concocté une série de lettres qui lui parviendront après sa disparition et lui permettraient, grâce à diverses instructions et recommandations, de faire son deuil et réapprendre progressivement à vivre. L'attention est merveilleuse et l'idée de départ plutôt originale, mais (dans le film tout du moins) on a un peu de mal à y croire. Gerry, le personnage qu'interprète Gerard Butler, semble en effet un peu trop "parfait". Sans défauts palpables et d'une patience remarquable (il supporte bien facilement les sautes d'humeur incompréhensibles de son insupportable fiancée), il est totalement sublimé par son funeste sort (et la charmante attention qui en découla). Véritable caricature du prince charmant moderne dénué de toute tare, il semble presque trop irréel et le film perd ainsi en authenticité. Mais, le problème n'est pas tant la "perfection" de ce personnage que la "banalité" des autres, en comparaison.

Face à lui, Holly, interprétée par une Hillary Swank (incroyablement sexy en sous-vêtements ! ^__^), semble justement trop "imparfaite". L'introduction du film la présente comme une fille exécrable, lunatique et vraiment chiante, avant qu'elle n'apparaisse comme quelqu'un d'assez terne et effacée (elle semble bien aisément influençable, tant par son défunt compagnon que ses amis proches). Vers la fin du film, lorsqu'il sera question de la première rencontre entre les deux amoureux (sûrement la plus jolie et la plus amusante scène du film), elle semblera enfin attachante. Mais cette séquence arrive trop tard pour qu'on parvienne réellement à s'attacher à ce personnage qui semble avoir perdu son charme au fil du temps ; comme si son existence avait été étouffée en vivant auprès d'un être si parfait. D'ailleurs, et c'est à mon avis la plus grosse maladresse du film, P.S. I love you aurait gagné à être raconté de manière plus chronologique. On aurait alors eu le temps de s'attacher vraiment aux personnages. Ici, le héros meurt trop rapidement et les bons côtés de l'héroïne sont présentés trop tardivement pour qu'on puisse se lier véritablement à eux (le livre est plus agréable à suivre, parait-il). Du coup, leur histoire a un peu de mal à nous émouvoir dans ce mélo qui n'évite ni le larmoyant exaspérant ni les longueurs inutiles (une demi-heure en moins aurait été appréciable). Et du coup, on s'ennuie...

Du côté des personnages secondaires, si Gina Gershon et James Marsters sont d'une transparence totale (ce qui est regrettable) et que Lisa Kudrow demeure dans son registre habituel de bonne copine fofolle, certains auraient vraiment mérité d'être plus présents. C'est notamment le cas de Kathy Bates, toujours aussi géniale, et surtout du sexy Jeffrey Dean Morgan (qui me rappelle par moment Javier Bardem je trouve). Inexistant dans le roman, son personnage aurait été rajouté avec l'approbation de l'auteur, Cecelia Ahern. C'est sans doute la meilleure idée de ce film car celui-ci apporte une fraîcheur salvatrice dans les (trop) rares passages où il apparait. Ce qui n'est en revanche pas le cas du personnage joué par Harry Connick Jr. qui est bien plus présent, mais également bien plus lourd avec son humour foireux et sa dégaine de pauvre type. On a d'ailleurs du mal à croire que notre jolie héroïne puisse, ne serait-ce qu'un instant, succomber à son "charme". Pas très crédible là encore. Toutefois, je ne crois pas que le problème vienne véritablement de leur interprétation que de la direction d'acteurs approximative et des choix de mise en scène discutables.

Au final, si le film est nettement meilleur dans sa partie irlandaise (aidé en cela par des paysages magnifiques et des seconds rôles plaisants, surtout celui de William), cela ne suffit pas pour nous emballer complètement. L'idée de départ est très mal exploitée et tourne un peu en rond (la faute sûrement à ce parti pris peu pertinent d'user de flashbacks plutôt que de narrer l'histoire de façon chronologique). Toutefois, si on apprécie les romances lacrymales, on peut être sensible au cheminement sentimental de ce film un peu longuet...
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Kaibara
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Inscrit le : 17 Déc 2002
Localisation : Asnières-sur-Seine (92)

Message Posté le : 16/07/08 20:43    Sujet du message: Bienvenue au Cottage Répondre en citant



Réalisé par Paul Andrew Williams, sorti le 9 juillet 2008

Avec Andy Serkis, Reece Shearsmith, Jennifer Ellison, Steve O'Donnell, Dave Legeno, Logan Wong, Jonathan Chan-Pensley, Doug Bradley ...

"Peter (Reece Shearsmith) et David (Andy Serkis), deux frères diamétralement opposés, organisent le kidnapping de la fille du boss de David, Tracey (Jennifer Ellison). Mauvaise idée pour eux, puisque ladite proie se révèle être une insupportable tigresse, qui profite rapidement de la lâcheté de Peter, et de l'idiotie du troisième complice, Andrew (Steve O'Donnell), son beau-frère. Retranchés dans un cottage isolé, ils doivent la poursuivre lorsqu'elle finit par s'évader, et atterrissent
dans une ferme voisine, qui cache un terrible secret...
"

Mon avis :

On le savait déjà. Les néo-zélandais et leurs voisins australiens sont plutôt habiles lorsqu'il s'agit de marier le gore et l'humour ; en atteste le culte Braindead de Peter Jackson, l'inégal (mais sympathique) Undead des frères Spierig ou plus récemment le déjanté Black Sheep de Jonathan King. L'ensemble n'est pas toujours très subtil, et lorgnerait plutôt sur le gros n'importe quoi délicieusement irrévérencieux, mais je reste très friand de ce mélange des genres. C'est pourquoi je me régale bien souvent de ce type de productions. Il est donc tout à fait logique que je me réjouisse également du bon goût de nos amis britanniques qui s'y sont également mis pour notre plus grand plaisir ; avec quelques pépites comme le déjà culte Shaun of the Dead d'Edgar Wright, l'excellent Severance de Christopher Smith et ce Bienvenue au Cottage de Paul Andrew Williams... la première bonne surprise de l'été !

Savant mélange donc entre le film d'horreur et la farce, Bienvenue au Cottage démontre une fois encore le talent de nos voisins d'outre-Manche et leur sens de l'humour "so british" irrésistible. Se rapprochant davantage du film de Christopher Smith que celui d'Edgar Wright, celui-ci en conserve l'esprit "survival horror", mais fait également une petite incursion du côté des films de gangsters. Ainsi, à l'instar du mémorable Une nuit en Enfer de Robert Rodriguez, un virage narratif brutal s'opère à mi-récit. Ici, le film commence donc – comme un polar des frères Coen – par un kidnapping raté orchestré par des loosers magnifiques qui rappelle inévitablement le fameux Fargo, avant de prendre effectivement un tournant radicalement gore à mi-parcours avec l'arrivée d'un nouveau personnage tout droit issu du remake de La colline a des yeux d'Alexandre Aja. Chose à laquelle je ne m'attendais absolument pas (ce fut d'ailleurs également le cas lorsque je vis le film de Robert Rodriguez la première fois) et qui m'a vraiment emballé ! D'ailleurs, je m'en veux presque de vous dévoiler ce "détail", mais que me resterait-il à vous narrer sinon ?

Tout commence dès le générique avec un thème musical entraînant de Laura Rossi qui rappelle grandement ceux que Danny Elfman a composés pour Tim Burton et Barry Sonnenfield, et place directement le film de Paul Andrew Williams dans la pure tradition des comédies macabres dont les anglo-saxons raffolent, et moi aussi. On fait ensuite connaissance avec les trois anti-héros du film, interprétés par des acteurs au sommet de leur forme, auxquels rien sera épargné. Dans le rôle de David, un voyou de petite envergure qui a surtout la malchance de ne pas savoir s'entourer, on trouve Andy Serkis. Vous savez le gars qui a "joué" Gollum et King-Kong dans les films de Peter Jackson (celui-là même qui a réalisé Braindead justement) ? Jouant pour une fois à découvert, l'acteur fait preuve d'un charisme incroyable et est assurément l'atout majeur du long métrage. J'ai pris autant de plaisir à le suivre à l'écran que j'en ai lorsque j'aperçois l'inimitable Steve Buscemi dans un film ; en bref, autant dire je l'ai trouvé particulièrement génial. Ensuite, vient le personnage de Peter, le frangin froussard, frustré et très soupe-au-lait qui a une peur panique des papillons. Ce personnage est incarné par Reece Shearsmith, un acteur que je ne connaissais pas mais qui est tout autant excellent. Comme j'ai pu le lire sur un autre blog, il est immédiatement attachant avec son côté Olivier Gourmet à la sauce Kevin Spacey ; et ce malgré le fait qu'il soit aussi un boulet de première ! Enfin, comment ne pas mentionner la surprenante Jennifer Ellison qui, sous ses fausses allures de Jenny McCarthy (ou Pamela Anderson, si vous préférez), campe une bimbo siliconée de services assez particulière... En effet, son personnage est aux antipodes des clichés du genre. Combattive, cogneuse et gueularde, elle ne servira jamais de faire-valoir et aura même méchamment tendance à mener la barque comme elle l'entend grâce à son caractère bien trempé et ses coups de tête fracassants. Avec elle, nos deux frangins vont vraiment en baver !

Outre ce trio énergique et haut en couleurs, le film de Paul Andrew Williams dispose d'une galerie de personnages secondaires mémorables. Des villageois farouches au simplet maladroit, en passant par deux tueurs asiatiques stupides accro à la machette et un déglingos amateur d'arrachages de colonne vertébrale façon Predator, Bienvenue au Cottage incorporera subrepticement différents intervenants dans le récit ; permettant à l'intrigue de sans cesse se renouveler grâce à ces divers rebondissements, jusqu'à basculer dans l'horreur totale. Avec sa tronche de mutant dégénéré (grandement esquintée par une rencontre avec moissonneuse-batteuse qui a mal tourné), sa collection d'articles de bricolage affutés et sa passion pour les masques en peau humaines, notre fermier rappelle fortement le Leatherface du Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel (une autre inspiration flagrante avec le film d'Alexandre Aja). Aux situations savoureusement burlesques du début succèdent alors un jeu de massacres oppressant (comme lorsque la blonde et le binoclard se retrouvent pourchassés dans la vieille baraque pourrie) et aux mutilations féroces à souhait (avec gros plans bien explicites, s'il vous plaît). Néanmoins, et c'est là tout le charme de ce film s'adressant principalement (exclusivement ?) aux fans du genre, cette seconde moitié est tout aussi burlesque, sinon plus ; exagérant le côté kitsch du monstre (avec sa gueule 100 % latex), accentuant les effets gores sanglants et exacerbant à outrance la personnalité de nos trois anti-héros. Ce qui aboutit à des passages délicieusement décalées comme un chantage à la photographie, une attaque de papillons de nuit sur fond de musique onirique (peut-être bien la scène la plus décalé et hallucinante du film), un binoclard hurlant comme une gonzesse, une blonde vociférant une nuée d'insultes à ses agresseurs ou encore une réconciliation fraternelle à la belle étoile. Un régal je vous dis !

Réussissant avec panache ce mélange des genres (ce qui était loin d'être gagné d'avance), Bienvenue au Cottage est cependant parfois un peu trop proche de ses modèles (les films d'Aja et de Nispel notamment) et c'est un peu dommage. Heureusement, ce manque d'ambition de ce film au second degré revendiqué est largement compensé par un travail d'écriture soigné sur les personnages, des dialogues aux petits oignons et une maîtrise du politiquement incorrect qui fait plaisir à voir. Sublimé par son casting de haut vol, le film de Paul Andrew Williams régalera les amateurs de films à l'horreur débridée, décalée et complètement décomplexée, quitte à laisser quelques grincheux sur le bord de la route. Détail important pour finir : pour les plus patients d'entre vous, une petite séquence assez amusante vous attend après le générique...

Article original : http://shin.over-blog.org/article-20793621.html
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Kaibara
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Message Posté le : 10/08/08 12:29    Sujet du message: Le premier jour du reste de ta vie Répondre en citant



Réalisé par Rémi Bezançon, sorti le 23 juillet 2008

Avec Jacques Gamblin, Zabou Breitman, Déborah François, Pio Marmai, Marc-André Grondin, Roger Dumas, Stanley Weber, Cécile Cassel, Camille de Pazzis ...

"La vie d'une famille à travers cinq jours décisifs dans la vie de chacun. Trois enfants : Al (Pio Marmai), le fils prodige quelque peu oublié, Raph (Marc-André Grondin), le jeunot un peu largué et Fleur (Déborah François), la benjamine révoltée. Les parents (Jacques gamblin et Zabou Breitman) ont parfois du mal à gérer leur petite entreprise mais le tout semble fonctionner... à peu près. Alors que l'on vieillit, les tensions se créent et le temps qui passe commence à faire son travail, plus ou moins bien. Mais ces cinq jours, disséminés sur une douzaine d'années, vont définitivement changer leur vie..."

Mon avis :

Trois ans après avoir signé une très bonne comédie romantique klapischienne qui passa un peu inaperçue (la sortie quelques semaines avant du film Les Poupées Russes n'ayant sûrement pas aidé au succès), Ma vie en l'air avec Vincent Elbaz et Marion Cotillard, Rémi Bezançon revient donc avec sa seconde réalisation, Le premier jour du reste de ta vie. Si le titre ne nous est pas inconnu, c'est tout simplement parce ce qu'il est issu d'une des plus belles chansons d'Étienne Daho ; dont le refrain donnait ceci :

Rester debout mais à quel prix
Sacrifier son instinct et ses envies
Les plus confidentielles
Mais tout peut changer aujourd'hui
Et le premier jour du reste de ta vie
C'est providentiel


Étant donné que le premier film de Rémi Bezançon avait donné son titre à une chanson de Jeanne Cherhal écrite pour l'occasion, on comprend rapidement l'importance de la musique dans le film. D'ailleurs, c'est de nouveau Sinclair qui s'est occupé de la bande originale (comme il l'avait fait pour Ma vie en l'air) ; bande originale qui, outre Daho donc, contient de très belles partitions et des chansons magnifiques (dont le sublime "Perfect Day" de Lou Reed qui accompagne divinement la poignante séquence finale). De plus, le personnage incarné par Jacques Gamblin étant un fin amateur de rock, la musique occupe une place d'autant plus importante. On le verra aussi par l'intermédiaire d'un concours très aérien de guitare sans guitare, à la fois lyrique et fantasmagorique ; l'enchanteresse Camille de Pazzis parachevant ce magnifique tableau emprunt de nostalgie et de rêverie.

D'ailleurs, le film, avec cette omniprésence de la musique rock, cette chronique familiale s'étalant sur plusieurs années, cette sincérité manifeste du réalisateur et la façon dont il sublime la vie des personnages dont il nous narre le destin, ajoutés bien sûr à la présence du remarquable comédien Marc-André Grondin dans un rôle similaire (tout en étant bien plus qu'un vulgaire ersatz), rappelle à bien des égards donc l'excellent C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée ; portrait d'une famille canadienne que j'avais adoré. Malgré ses ressemblances, Le premier jour de ta vie demeure toutefois un film assez différent, avec sa propre personnalité. Mais tout aussi abouti et qui parvient, avec une grande finesse, un soupçon de poésie, une certaine mélancolie et beaucoup de tendresse, à décrire la vie de famille (à travers les liens qui unissent ceux qui la composent) et l'influence qu'elle peut avoir sur la trajectoire de chacun. Tout cela étant bien entendu très complexe, chacun des cinq personnages apportera à sa manière, et parce que Rémi Bezançon a l'intelligence de leur laisser le temps d'exister vraiment, sa pierre à l'édifice. Un édifice aux murs usés par le temps, mais aux fondations solides. Un édifice qui a surtout de la gueule grâce à la mise en scène dynamique et audacieuse de ce jeune réalisateur inspiré.

Sans caricature grossière et avec beaucoup de justesse, l'interprétation épatante des comédiens est sublimée par des dialogues finement écrits. "Cette famille, c'est la vôtre" annonce l'affiche. C'est absolument vrai. À la fois attachante, agaçante, étouffante, détestable, essentielle, unique et formidable, cette famille nous saisit rapidement par son authenticité et sa sincérité (ça sent le vécu comme dirait l'autre !). On se retrouve dans leurs joies et leurs peines, on s'amuse à y faire le lien avec notre propre histoire. Chaque personnage, dans sa singularité, est une pièce fondamentale du puzzle familial. Dans ses coups de cœur et ses coups de gueule, ses réussites et ses erreurs, ses rires et ses pleurs, ses certitudes et ses doutes. Tous forment un tout, tantôt uni et solide, tantôt déchiré et vacillant. À travers cinq chapitres, aux découpages soignées et aux transitions ingénieuses, Rémi Bézançon s'attarde sur les journées charnières qui ont ponctuées le quotidien cette famille ; à nous d'imaginer ce qu'il est advenu durant les ellipses volontaires qu'a malicieusement laissé le réalisateur dans son film, et qui ne gênent en rien la parfaite limpidité du récit. Un quotidien ordinaire donc, presque banal (la vie, quoi...), mais qui change tout pour celui qui le traverse. Un petit décorticage en règle de ces "petits riens" qui jalonnent notre existence, mais qui ont pour nous une importance folle (c'est peut-être un détail pour les autres, mais pour nous ça veut dire beaucoup ; si on veut rester dans l'allégorie musicale...). Le regard du cinéaste vise juste, sa mise en scène est astucieuse et inventive. Notamment lors de la scène signifiant la perte de la virginité, et celle qui illustre la lecture du journal intime. Une jolie trouvaille où l'impudeur laisse progressivement le pas à un formidable cri du cœur.

Et puis quel plaisir de retrouver un Jacques Gamblin plein de charme et d'élégance, et bien plus inspiré que dans le décevant Enfin veuve ! Le reste du casting, de Zabou Breitman pétillante de vie à la touchante Déborah François, du révolté Pio Marmai (qui m'a rappelé un peu Vincent Elbaz dans ses meilleures interprétations) au grincheux grand-père oenologue campé par Roger Dumas, est une vraie réussite. On prend également beaucoup de plaisir à apercevoir, le temps d'une scène (ou un peu plus), Cécile Cassel, Philippe Lefebvre, Gilles Lellouche, François-Xavier Demaison, Jean-Jacques Vanier ou encore Camille de Pazzis. Et bien sûr, il y a le formidable Marc-André Grondin (qui s'est si bien dégagé de son accent québécois qu'on le croirait natif de la région parisienne ! ^__^), toujours aussi prometteur et qui est très bien parti pour prendre la relève de Romain Duris, le cas échéant.

Au final, le film aurait très bien pu s'appeler le "tourbillon de la vie" à l'instar de la magnifique chanson qu'interprétait Jeanne Moreau dans les années 1960 : "On s'est connus, on s'est reconnus / On s'est perdus de vue, on s'est r'perdus de vue / on s'est retrouvés, on s'est séparés / Puis on s'est réchauffés / Chacun pour soi est reparti, dans l'tourbillon de la vie...". Les méandres de la vie sont mis en images avec une grande acuité, beaucoup de tendresse et on se laisse agréablement emporter par l'émotion grandissante du film. Loin de décevoir après la jolie surprise Ma vie en l'air, Rémi Bezançon nous offre l'un des temps forts de l'été et assurément le meilleur long-métrage français de l'année. Si vous ne l'avez pas encore vu. Lâchez votre ordinateur pendant les deux heures que durent le film et courez le voir... Vous ne le regretterez pas !
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A-Xiang
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Message Posté le : 10/08/08 12:54    Sujet du message: Répondre en citant

Moi aussi j'avais adoré C.R.A.Z.Y. (d'ailleurs depuis je me suis sérieusement mise à écouter David Bowie :p ) et la lecture de cette chronique me donne bien envie de lui laisser sa chance, à ce film-là Très content
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Breizhtiger
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Message Posté le : 10/08/08 22:23    Sujet du message: Répondre en citant

Comme Kaibara, j'ai beaucoup aimé ce film. Je me suis laissé emporter par la réalisation et le très bon jeu de tous les acteurs.

A la fin je ne voulais pas même pas quitter le cinéma, je voulais que ça dure plus longtemps Moqueur
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purple velvet
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Message Posté le : 03/09/08 00:40    Sujet du message: Répondre en citant

Dans la série " on s'en fiche mais moi ça me fait plaisir".. parce que j'aime la SF, , parce que je vénère le réalisateur pour sa richesse viuelle et son sens du cadrage..


Une chose pour laquelle on avait abandonné tout espoir s'est produite début Juillet dernier: 25 minutes du film majeur de Fritz Lang, Metropolis, on été retrouvées par hasard chez un collectionneur.

Ce film, l'un des premiers cartons du cinéma de science fiction, avait été maintes fois censuré, tronqué, voire massacré dans la version colorisé et sonorisée dans les tristes années 80 par Girogio Moroder.

En 1995, on avait pu reconstituer près de 80% du film ( et certains muets de l'époque était très longs, on pense que Metropolis faisait dans les 210 minutes..), les séquences manquantes avait été remplacées par des photos de tournage ou des cartons explicatifs. On avait même parlé de version définitive devant le peu de chances de la voir un jour encore améliorée. C'est chose faite!

Il ne manque donc maintenant plus qu'une seule séquence pour profiter du film de Lang et de ses trouvailles visuelles assez stupéfiantes presque dans les mêmes conditions qu'en 1927.

Metropolis version longue
Cinema fluctuat
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Kaibara
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Message Posté le : 04/11/08 15:00    Sujet du message: Eden Lake Répondre en citant



Réalisé par James Watkins, sorti le 8 octobre 2008

Avec Kelly Reilly, Michael Fassbender, Jack O'Connell, Finn Atkins, Thomas Turgoose, Bronson Webb, Thomas Gill, James Gandhi ...

"Jenny (Kelly Reilly) est maîtresse d'école. Son petit ami Steve (Michael Fassbender) et elle quittent Londres pour passer un week-end romantique au bord d'un lac. La tranquillité du lieu est perturbée par une bande d'adolescents bruyants et agressifs qui s'installent avec leur Rottweiler juste à côté d'eux. À bout de nerfs, ces derniers leur demandent de baisser le son de leur radio. Erreur fatale... Qui ose dire quoi que ce soit aujourd'hui à une bande de jeunes qui se conduit
mal ? Qu'arrive-t-il à ceux qui osent ?
"

Mon avis :

Le survival rural tendance "rape and revenge" (littéralement "viol et vengeance") était un genre très à la mode dans les années 1970 ; les plus fameux morceaux étant sans nul doute Délivrance, Les chiens de paille, I spit on your grave ou encore La dernière maison sur la gauche. À la frontière entre cinéma d'horreur et thriller psychologique, la façon ultra radicale dont ces films montraient la violence à l'écran fut, déjà à l'époque, extrêmement controversée (certains les taxant même de voyeurisme gratuit et de complaisance malsaine). Avec le temps, ce sous-genre cinématographique transgressif et particulièrement osé tomba quelque peu en décrépitude. On aurait d'ailleurs pu penser à un moment que de tels films ne verraient plus jamais le jour ; même si quelques films assez radicaux avaient récemment laisser à penser le contraire comme Wolf Creek, le remake de La Colline a des yeux ou encore Frontières(s)(et bien que ceux-si s'apparentent davantage à du divertissement craspec et glauque qu'à une véritable terreur sociale comme peut l'être le film de James Watkins). Car loin d'être un vulgaire film de genre pour les amateurs de sensations fortes (en arguant "Par les producteurs de The Descent", les distributeurs induisent de fait rudement le public en erreur), Eden Lake se place plus volontiers dans la lignée de films comme Délivrance ou Les chiens de paille (le "viol" étant simplement ici substitué par une autre sorte d'humiliation : la torture). Dans un sens, c'est peut-être même le film le plus couillu que les britanniques nous aient proposé depuis Orange Mécanique de Stanley Kubrick. D'une violence rare et d'une radicalité extrême, le film de James Watkins a surtout le mérite de pousser la transgression dans ces derniers retranchements sans jamais tomber dans le voyeurisme de bas étage (et ce grâce à une mise en scène et un montage d'une grande maîtrise). Pourtant, les risques que prend le long-métrage sont loin d'être minimes : de jeunes ados se livreront à des actes de pure barbarie pendant que d'autres gosses crèveront dans d'horribles souffrances, alors que des adultes soi-disant responsables passeront progressivement du statut de bêtes traquées à celui de prédateurs impitoyables et avides de vengeance. So what ?

Mais en rendant directement hommage à Délivrance dès les premières minutes de son film, Watkins inscrit d'emblée son film dans une réalité sociale qui l'éloigne irrémédiablement des teen horror movies habituels ; où la motivation des personnages est surtout prétexte à des effets récréatifs (en gros : faire flipper, ou sursauter, le spectateur) avant d'être génératrice d'une véritable réflexion de fond. Ce qui serait plutôt l'inverse ici. En effet, le traitement de la violence rapprocherait plutôt le film de Watkins de ceux de Boorman et Peckinpah comme je le soulignais un peu avant que des horreurs gratuites d'un Saw (de ses suites surtout) ou d'un Hostel ; même si le réalisateur n'évite pas certaines séquences codifiées du genre un peu gratuites (le pieu métallique dans le pied par exemple) qui ne servent pas véritablement le film. Pourtant, malgré quelques petites faiblesses formelles, Eden Lake est un long-métrage particulièrement réjouissant qui ose beaucoup de choses. Pour en revenir au parallèle avec Délivrance, là où Jon Voight et ses acolytes partaient explorer une dernière fois les richesses naturelles d'une indomptable rivière condamnée à être inondée, Kelly Reilly et Michael Fassbender espèrent profiter des derniers instants d'un lac également contraint à être prochainement englouti par un gigantesque projet immobilier (quitte à égratigner un peu la nature à l'aide d'un 4x4 rutilant...). Revenir à l'état de nature et en profiter avant que la civilisation ne vienne tout anéantir. Un endroit reculé, paisible et réputé paradisiaque donc qui, comme dans tout bon film du genre, va progressivement se transformer en territoire de tous les cauchemars. Même si certains signes avant-coureurs nous indiquent insidieusement que nos héros se dirigent inexorablement vers un piège mortel (l'arrière du panneau publicitaire intime franchement aux "bourgeois" de déguerpir – Fuck off Yuppies ! – alors que le GPS lui-même sembler suggérer de "faire demi-tour").


"Prête pour une autre pinte de maltraitance ?"

Surtout, James Watkins n'épargne rien ni personne dans ce long-métrage qu'il adresse à un public devenu très exigeant avec le temps. En opposant notre couple à ce groupe d'adolescents agressifs directement sorti d'une version hardcore du roman Sa Majesté des mouches de William Golding, le cinéaste nous propose une vision sans concession de notre réalité. Une réalité qui a depuis longtemps dépassé la fiction, et où pas une journée ne se passe sans qu'on entende parler d'agressions à l'arme blanche dans un lieu public, de personnes volontairement brûlés vifs ou encore d'autres poussées sur une rame de métro. Des horreurs du quotidien qui s'ajoutent à d'autres violences entretenus par la société contemporaine ; une société qui marginalise et ghettoïse certaines tranches d'individus dans une période pleine d'incertitudes où s'intensifient les angoisses contemporaines. Misère grandissante et exclusion des laissés-pour-compte, perte des liens sociaux et des valeurs morales, chômage massif et avenir de plus en plus incertain. Une injustice manifeste ressentie par une génération en pleine dégénérescence sociale (et éduquée ici à coup de taloches dans la gueule), une jeunesse désemparée frappée de plein fouet par la violence (économique) de la société et qui entretient une jalousie galopante envers ceux qui possèdent, même honnêtement par le seul fruit de leur travail (ce qui leur semble justement inaccessible). Une incompréhension mutuelle surtout entre ceux qui ont et ceux aimeraient avoir. Jenny et Steve s'accordent d'ailleurs tout à fait lorsque la radio énonce l'inquiétante montée en puissance de cette délinquance exercée par des jeunes sans repères familiaux ou éducatifs tangibles. Et à la vue des évènements qui suivront, la séquence où le couple s'indigne devant la gifle donnée par une mère à son gosse turbulent ("Prête pour une autre pinte de maltraitance ?") va rapidement prendre une teinte tristement ironique.

Face à ces enfants détachés de toute emprise adulte, nos tourtereaux auront bien du mal à concilier la bienveillance de leur idéaux pacifiques et la radicalité des actes barbares auxquels ils finiront par se livrer. Une ambiguïté d'où le long-métrage tire toute sa richesse et qui se matérialise tout d'abord avec le personnage de Steve que campe un impeccable Michael Fassbender (méconnaissable ici pour qui l'a vu dans 300). Anti-héros par excellence, Steve n'est pas franchement un modèle de charisme au début du film (et rappelle un peu le personnage de Tim Roth dans le remake américain de Funny Games). Il aurait même tendance à se faire sérieusement marcher dessus (comme lorsqu'il se fait piquer sa place de parking juste sous son nez), voire à être totalement transparent (il suffit d'observer la difficulté avec laquelle il essaie de commander un verre au bar de l'hôtel). Son intrusion atypique dans la maison au début (dont l'apparente absurdité disparaît lorsque le final se conclut) reflète bien l'ambiguïté de ce personnage à la témérité toute relative. Avec ces jeunes voyous, Steve commence donc par se laisser faire. Mais il finit par craquer, résolu à ne pas se faire gâcher plus longtemps le week-end romantique qu'il avait si ardemment désiré avec sa moitié par ces sales mioches insolents. Il aurait pu se taire et fuir (comme lui suggère à un moment Jenny lorsqu'elle évoque la possibilité d'aller ailleurs), mais se décide à agir ("On était là les premiers !"). Un élan de courage, un sursaut d'ego qui lui sera fatal. Et si le personnage n'apparait pas comme forcément sympathique à ce moment-là (même s'il ne mérite tout de même pas ce qui lui arrive), il devient franchement attachant à mesure que le film passe. En même temps, que pouvait-il faire d'autre ? Jusqu'à quel point peut on ignorer la provocation pour assurer sa tranquillité ? Jusqu'à quelle point peut-on contenir sa frustration ? Sa colère ? Sa haine ?


Jack O'Connell : Lame fatale

Blessé au plus haut point dans sa virilité, Steve agit comme pour prouver à Jenny, et aussi et surtout à lui-même, qu'il en a, que c'est un "vrai mec" qui ne veut plus se faire emmerder sans rien dire. Un problème de masculinité qui touche également Brett, le chef de bande, incarné par un Jack O'Connell hallucinant (LA révélation du film assurément). Un gamin bercé au rythme des beignes que lui a asséné un père alcoolique dominateur et violent dont il reproduit mécaniquement le modèle. Un modèle où les sentiments sont contenus, presque prohibés (on ne le verra s'émouvoir véritablement qu'une seule fois, lorsque "son seul ami" lui sera ôté), et où être un homme se prouve tout d'abord par la force de ses poings et son refus de passer pour un faible. Dès lors, les actes de chacun de ses deux mâles n'auront de cesse de se répercuter inlassablement avant que Jenny, interprétée par la toute mimi Kelly Reilly (dont tout le monde est tombé raide dingue depuis L'auberge espagnole), ne finisse par prendre ce rôle de "mec". Mais certainement pas à la façon d'une Sarah Connor (Terminator) ou d'une Ellen Ripley (Alien). La violence est ici montrée dans toute sa laideur, sa pire atrocité et sa répugnance (à ce sujet, la scène de la torture est un moment particulièrement éprouvant où la douleur est plus jamais palpable). Surtout, James Watkins a l'intelligence, toujours dans ce soucis d'authenticité et pour ne pas tomber dans le piège du divertissement sanguinolent, de ne pas faire de la vengeance un acte triomphal, où même exaltant. En effet, on est à des lieux de la jouissance ressenti lorsque Laurie Strode fait sa fête à Michael Myers dans Halloween ou lorsque Erin se débarrasse des dérangés de la famille Hewitt dans le remake de Massacre à la tronçonneuse, même si on comprend tout à fait la réaction de Jenny (aurions-nous vraiment ralenti à sa place ?). Le personnage que campe Kelly Reilly est à des lieues des stéréotypes habituelles du genre. Ce n'est ni la bimbo sexy à la Jennifer Love Hewitt (ce qui renforce incontestablement l'identification, même si l'actrice est tout à fait craquante), ni la battante vengeresse à la Sigourney Weaver (sa haine ne la soulage nullement de cette rage dont elle semble prisonnière). Cette femme est quand même une maîtresse d'école, une mère en devenir probablement, et les actes qu'elle commet sont absolument horribles (même si on la comprend tout à fait). Elle a d'ailleurs pleinement conscience de ce paradoxe émotionnel entre vengeance et culpabilité qui la traverse (comme on le verra à mesure que la conclusion du film se rapproche).

Watkins s'attache ici particulièrement aux conséquences de nos actes. Des conséquences parfois surdimensionnées, mais qui ne peuvent jamais être ignorer. Eden Lake est pareil à une tragédie grecque, ses personnages ne peuvent échapper à leur inéluctable destinée. Contrairement à bon nombre de films du genre, le long-métrage ne se résume pas à une vaste boucherie, mais pose une véritable réflexion sur la violence des rapports humais et sur l'engrenage tragique qu'engendre incompréhension mutuelle et haine réciproque. Mis en scène avec élégance et monté de façon particulièrement judicieuse, Eden Lake n'entre jamais dans le jeu de la violence gratuite. La caméra se détourne avec plus d'efficacité encore lorsque cela est nécessaire (l'horrible scène d'immolation en arrière plan n'est que plus horrible) et prend même des poses inattendues (comme lorsqu'elle prend une vue subjective, à la façon de Peckinpah dans Les chiens de paille, pour impliquer davantage le spectateur). Parfois, certains plans aériens viennent également renforcer la tension de certaines scènes, accentuant davantage encore la solitude de nos héros aussi dense que forêt dans laquelle ils cherchent désespérément à fuir cette horde enragée. Ajoutons à cela les effets sonores, très maîtrisés, qui renforcent efficacement les images sont jamais les faire tomber dans un grand guignol tout à fait inapproprié. D'un réalisme inouï, à la limite du supportable, le film de James Watkins nous entraîne de la quasi insouciance à la terreur pure en près d'une heure trente. La conclusion inattendue du film, d'une noirceur totale (bien qu'amené par le biais de ficelles scénaritisques un peu grossière), nous rappelle surtout que la monstruosité de ces adolescents n'est pas quelque chose d'innée. Ils ne sont que les fruits corrompus (les "victimes") par l'éducation lamentable qu'ils ont reçue. L'accroche du film "Attention aux enfants" prenant alors un double sens d'une extrême pertinence et donnant à la notion de "responsabilité" un caractère particulièrement intéressant. Au milieu de cette bêtise commune, de toute cette folie auto-destructrice, James Watkins génère un malaise certain chez le spectateur qui s'est forcément impliqué dans l'histoire, a choisi son camp et se retrouve face aux mêmes conséquences que les protagonistes de l'histoire. Et si Eden Lake possède effectivement quelques défaillances formelles, elles sont décidément bien peu de choses en comparaison des réflexions que soulève le film sur les failles de notre société contemporaine où l'humanité et le dialogue semblent s'amenuiser aussi vite que ne s'accroît la population et que ne se développent les moyens de communication. On n'est pas prêt d'oublier le voyage... et c'est tant mieux.
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sushikouli
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Message Posté le : 07/11/08 18:52    Sujet du message: Répondre en citant

Je viens d'apprendre que Michael Crichton est décédé mardi. RIP.
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Lu sur le net :
-"C’est très ironique [...], mais c’est fait avec beaucoup d’humour."
-"J'espère bien vite le revoir dans une série périodique sur la durée."
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Manuka
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Message Posté le : 07/11/08 21:37    Sujet du message: Répondre en citant

Que tu postes cette info sur ce sujet précis serait-il lourd de sens ?
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sushikouli
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Message Posté le : 07/11/08 21:45    Sujet du message: Répondre en citant

Non pourquoi ? J'aurais dû poster où ? ^^;;
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Lu sur le net :
-"C’est très ironique [...], mais c’est fait avec beaucoup d’humour."
-"J'espère bien vite le revoir dans une série périodique sur la durée."
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skye
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 26 Mai 2007

Message Posté le : 19/11/08 14:10    Sujet du message: Répondre en citant

Vu le dernier woody Allen, Vicky, Cristina, Barcelona. Une comédie que j'ai trouvé sympathique, mais moins interessante que son précédent film, Match point.
L'histoire : 2 américaines, une blonde (scarlet),une brune (que je ne connais pas), en vacances à Barcelone, qui rencontre un peintre catalan ( Javier Bardem, grrr) et son ex (pénélop Cruz).

En hiver, ce genre de film c'est vraiment divertissant : c'est l'Espagne, il fait beau, il fait chaud. Ca donne envie d'y être. J'ai pas arrêté de regarder les tenues de Scarlet (celles de la brune sont moches) , pour y trouver mes futurs tenues d'été. Sourire
En plus, comme d'hab, les protagonistes sont pétés de thunes, ils sont logés dans des superbes villas, vont à des vernissages, des dégustations de vins (qu'est-ce ça picole dans le film d'ailleurs -_- ), dinent dans de superbes restaurants.

Enfin, pour en revenir au film, le personnage de P. Cruz, maria Elena,est le piment catalan du film. Sans elle, et ses pétages de plombs, je me serais vraiment ennuyée. Le reste est assez plat, pas très nouveau , sans surprise. Malgré Javier. (je me répète )Sourire
Conclusion après avoir vu Viky etc : J'aimerais bien aller en Espagne, l'été prochain, pour mes vacances.-_-

Y a eu très bon reportage hier soir ( le 18 novembre) sur l'eau et son utilisation dans le monde sur Arte qui me fait penser au ,très bon,dernier james bond, Quantum of solace. Ca rend crédible le complot des méchants du film. Et rien à voir avec l'intrigue, mais Amalric et Craig sont excellents dans le film.
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