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[MASATO HISA] Jabberwocky, Area 51, et plus si affinités

 
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Gemini_
Mangaversien·ne


Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 05/05/16 13:52    Sujet du message: [MASATO HISA] Jabberwocky, Area 51, et plus si affinités Répondre en citant

Allez, depuis le temps que j'en avais envie, j'ouvre le sujet consacré à Masato Hisa. Pour commencer, petit copier-coller de la section "dernières lectures".

Jabberwocky : Un an et 7 tomes plus tard, la série vient de toucher à sa fin chez Glénat. Une fin forcément frustrante en raison de l'arrêt du magazine de publication ; l'auteur arrive à mettre un terme à son arc, mais nous sentons qu'il introduit au forceps un aspect de la relation Lily/Sabata qu'il gardait pour plus tard, et il reste un sentiment d'inachevé. Les ventes ne semblent pas mirobolantes, donc je doute que Glénat nous propose la suite Jabberwocky 1914, et je n'imagine pas Sakka - autre éditeur français de Masato Hisa - se lancer dedans à leur place.
Je m'étais intéressé à ce titre après avoir commencé l'excellent Area 51, et si vous n'avez pas lu ce-dernier, je vous conseille de le tester en priorité. Si les deux reposent sur le même style graphique hérité de Frank Miller, et sur des délires similaires, Jabberwocky reste une oeuvre de jeunesse, encore maladroite, là où Area 51 parait beaucoup plus mature.
Masato Hisa crée des univers de la même façon que Alan Moore sur The League of Extraordinary Gentlemen (le comics) : en mélangeant personnages et événements historiques à des éléments de fiction, du fantastique, et de la SF (je plains les traducteurs). En l'occurrence, l'histoire se déroule à la fin du XIXème siècle, donc attendez-vous à du steampunk, à du Jules Verne, à du HG Wells, à Florence Nightingale en espionne, ou à Nikola Tesla en savant fou ; nous pourrions voir débarquer Gustave Eiffel aux commandes d'un robot géant, cela ne ferait absolument pas tâche dans le décor. L'auteur pioche ses références aussi bien dans la litérature classique que dans les pulps ou le cinéma - le Monsieur a du goût, il adore le western italien et un de ses protagonistes se nomme Kinski - et convoque des individus, des lieux, et des intrigues qui n'auraient jamais au grand jamais dû se croiser, pour un résultat aussi surprenant que potentiellement addictif ; il ose tout et ne se refuse rien, mais sans pour autant tomber dans la référence pour la référence, dans le concept pour le concept.
Le manga part du principe que les dinosaures existent toujours, se cachent au sein de la population, et ont largement influencé l'histoire humaine. Nous suivons Lily Apricot, ancienne espionne britannique, et Sabata Van Cleef (ce nom qui tabasse), un oviraptor tireur d'élite, au service d'une mystérieuse organisation secrète dirigée par le non moins mystérieux Comte de Monte-Cristo.
Non seulement le titre est très agréable à lire, rythmé à souhait, mais c'est le genre de délire qui me parle énormément. Et encore, il fait pire dans Nobunagun, niveau "je vais donner une crise cardiaque à tous les historiens de la Terre". Malheureusement, il ne maitrise pas encore totalement son prore style, d'où des scènes parfois confuses. Mieux vaut donc découvrir l'auteur par Area 51, puis passer à Jabberwocky, sauf si l'époque victorienne constitue pour vous un argument de vente suffisant.


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Gemini_
Mangaversien·ne


Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 05/05/16 13:54    Sujet du message: Répondre en citant

Area 51 T7 : Un tome au format inhabituel, puisque dans la lignée du précédent, nous suivons désormais une histoire au long cours et non plus une série d'enquêtes menées par l'héroïne. C'est cohérent d'un point de vue narratif, puisqu'il était clair depuis le début que la série possédait au moins un fil rouge susceptible de prendre le pas sur le schéma habituel.
Avec ce tome, j'ai pris conscience de l'attachement que je pouvais avoir pour le titre et ses personnages, au-delà de la maitrise graphique du mangaka, de l'univers qu'il a su créer, et du jeu de références (je me suis marré comme un con en lisant la description associée à Atragon). Alors évidemment, je n'en dirai pas plus sur le pourquoi du comment de cette prise de conscience, mais cela m'a secoué comme rarement manga m'avait secoué. Je suppose que c'est bon signe ?


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yakutake83
Mangaversien·ne


Inscrit le : 28 Mars 2006
Localisation : Saint Denis (93)

Message Posté le : 11/05/16 11:38    Sujet du message: Re: [MASATO HISA] Jabberwocky, Area 51, et plus si affinités Répondre en citant

Gemini_ a écrit:

Jabberwocky : [...] Les ventes ne semblent pas mirobolantes, donc je doute que Glénat nous propose la suite Jabberwocky 1914, et je n'imagine pas Sakka - autre éditeur français de Masato Hisa - se lancer dedans à leur place.


C'est confirmé dans la dernière newsletter de Glénat : Jabberwocky 1914 ne sortira pas chez eux. Pleure ou Très triste
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Gemini_
Mangaversien·ne


Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 06/05/19 19:17    Sujet du message: Répondre en citant

Grateful Dead : Sakka continue d'explorer l’œuvre de Masato Hisa avec Grateful Dead, son premier manga publié en tant que professionnel en 2003, sous la forme de deux tomes plutôt épais.

L'histoire se déroule en Chine, au début du XXème Siècle, alors que le pays a vu se multiplier les concessions étrangères. C'est notamment le cas à Shanghai, où notre histoire démarre. Ko-Lin est prostituée le jour et exorciste la nuit, chargée d'éliminer les morts-vivants.

Avec un synopsis pareil, inutile de s'attendre à un chef d'oeuvre. Et effectivement, il n'y a pas énormément à dire sur Grateful Dead, donc je resterai bref.

Si nous sentons bien les prémices de son style actuel, il demeure loin de la maitrise graphique d'un Area 51, mais nous noterons déjà son goût pour les femmes plantureuses, les références de tout poil, et les ambiances de séries B. Un texte signé de l'auteur à la fin du second tome vient nous expliquer sa démarche créative, notamment le fait qu'il était d'abord parti sur l'histoire d'un vieil exorciste, dans l'esprit de The Dark Knight, avant d'être poussé par son éditeur à se focaliser sur le personnage de Ko-Lin.

Le manga fonctionne plus comme un simple défouloir, un divertissement mélangeant les influences et les références historiques, mais bien plus porté sur la chair (quitte à mettre son héroïne dans des positions délicates) que ses autres titres sortis en France. Nous y retrouvons toutefois un certain talent pour les idées incongrues, de quoi surprendre le lecteur et ne pas se contenter d'un récit balisé.

Il est déjà impossible d'y voir autre chose qu'un manga de Masato Hisa. En cela, ce manga satisfera les personnes ayant lu et apprécié Jabberwocky et Area 51. Mais pour ceux qui n'ont aucun attachement particulier pour le mangaka, ou qui souhaiteraient le découvrir, ce n'est vraiment pas l’œuvre que je leur recommanderai, même si elle a le mérite d'être courte. Trop outrancier, trop jeune, trop porté sur les fesses de Ko-Lin, il est chaudement conseiller d'apprécier l'auteur avant de se lancer dans Grateful Dead.



A noter la sortie prochaine de Kamuya Ride, non plus chez Sakka mais chez Vega.
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Gemini_
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Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 12/10/19 18:57    Sujet du message: Répondre en citant

Batman Ninja T1 : Adaptation en un manga de deux tomes du long-métrage éponyme, lequel se démarquait justement de la production DC Warner par un scénario inédit. Scénario qui n'a finalement pour but que de transposer les alliés et ennemis emblématiques de la chauve-souris dans le Japon de l'ère Sangoku, où la présence du Joker et consort ne pouvait faire que des étincelles.

Après un Batman & The Justice League sans aucun intérêt, ce projet ne m'aurait pas attiré sans la présence de Masato Hisa. Je sortais déçu de son Kamuya Ride, puisque le mangaka ne semble vraiment s'épanouir que dans les environnements pouvant laisser libre court à ses références historiques et pop culturelles. Mais justement, il fait partie des rares auteurs japonais à évoquer une passion pour les productions occidentales, notamment américaines ; grand fan de Frank Miller, à qui il a emprunté le jeu de noir et blanc percutant de son Sin City, il fait peu de doute qu'il a lu ses aventures emblématiques du justicier de Gotham City. C'était un des meilleurs choix possibles pour un tel travail. Cela m'a convaincu de donner sa chance à se projet, même si j'étais sorti mitigé du film d'animation.

S'agissant d'un travail de commande, il ne peut s'exprimer autant qu'il le voudrait, mais son style graphique atypique, son amour communicatif des personnages, et le jeu de mimiques qu'il leur offre permettent de créer une œuvre certes imparfaite, mais qui sait imposer ses qualités. C'était donc étonnamment plaisant à parcourir, avec de vrais moments de bravoure, et des réflexions plutôt fines sur ce qui permet aux ennemis de Batman de triompher dans leur nouvel environnement. Ce n'est pas aussi jouissif d'un Area 51, mais cela fonctionne.

Reste que je m'interroge quant au public cible, certains protagonistes - comme Jason Todd, sur lequel le mangaka s'attarde particulièrement - n'étant pas forcément bien connus en dehors de la sphère des lecteurs et lectrices de comics.


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