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Petites chroniques de Science Fiction
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herbv
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Inscrit le : 28 Août 2002
Localisation : Yvelines

Message Posté le : 11/01/03 19:46    Sujet du message: Petites chroniques de Science Fiction Répondre en citant

Bien, l'idée me trottait dans la tête depuis quelques temps. Je me lance donc, et à l'instar des Fredd, Popop et Kenjin, je crée donc ce sujet que je voudrais consacrer aux romans de SF (et de Fantasy) sortis en français dans nos contrées. Mais parler de séries en VO ne sera pas sans intérêt pour ceux qui maîtrisent l'anglais.

Ce soir, pour ouvrir le bal : Lois Mc Master Bujold avec sa série sur l'univers de Barrayar.


La saga Vorkosigan

Bon, il va falloir que vous vous habituez à me voir surtout chroniquer des auteurs féminins qui ont, de loin, ma préférence dans ce genre littéraire qu'est la SF. Lois Mc Master Bujold est donc une femme. Elle est née en 1949 et elle est américaine. Sa carrière littéraire a débuté tardivement, son premier roman Shards of Honor étant terminé en 1983. Il lui fallu encore attendre 3 ans avant de réussir à le vendre (ainsi que deux autre romans The Warrior's Apprentice et Ethan of Athos). Mais pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître.

A l'heure actuelle, elle a publié 15 romans (un 16ème est annoncé pour 2004) dont 13 font partie de la série "Vorkosigan") et 2 recueils de nouvelles. Elle a gagné les prix Hugo (considéré comme le plus important dans le domaine de la SF) en 1991, 1992 et 1995 dans la catégorie Roman (Best Novel) et en 1990 dans la catégorie Nouvelle (Best novella).

Son domaine de prédilection est la SF de type Space-Opera (c'est à dire avec des vaisseaux spatiaux et des combats). Mais son traitement du genre lui permet de se distinguer des innombrables tâcherons du genre et de nous offrir un certain nombre de perles où l'arrière plan technologico-spatial n'interdit pas de brosser de superbes personnages à la psychologie fouillée. Le développement de l'histoire de Barrayar sur de nombreux romans permet d'aborder différents sujets comme le problème de la place de la femme dans la société, le problème de l'acceptation par les autres quand on est physiquement handicapé, le problème du vieillissement, ...

Lorsqu'on s'attaque à son oeuvre, le lecteur débutant risque d'être désorienté par la chronologie de la série. En effet, la chronologie des parutions ne correspond pas à la chronologie des histoires. L'auteur n'hésite pas à publier ses histoires dans le désordre. A partir de là, c'est au lecteur de choisir s'il doit suivre l'histoire dans l'ordre ou pas. Comme chaque roman est indépendant, ce n'est pas un choix crucial.

Je vous conseillerais de suivre la série dans l'ordre de publication, ce qui permet d'apprécier l'évolution de l'oeuvre. Attention, je parle de l'ordre de publication original, pas celui que l'on a ici.

Voici donc les principaux volumes composants la série. Vous pourrez cliquer sur le lien pour faire apparaître la couverture correspondante. Ils sont tous disponibles chez J'AI LU en édition de poche.

- Cordelia Vorkosigan (Shards of Honor- 1986)
Cordelia Naismith dirige une équipe de recherche bétane quand elle croise la route du Lord-Amiral "Le Boucher de Komarr" Vorkosigan. Que pourrait-il déboucher de la rencontre de deux êtres que tout semble opposer ?
Ce roman, le premier écrit par Lois Mc Master Bujold, débute la saga en la plaçant de suite sur les sommets du genre. En partant sur une trame archi-classique, le développement de l'histoire et, surtout, la primauté donnée aux personnages nous donne là un excellent roman, tout à fait caractéristique de la série.
- L'apprentissage du guerrier (The Warrior's Apprentice - 1986)
Les épreuves physiques de l'examen d'entrée à l'Académie militaire impériale sont impossibles à franchir pour un nain handicapé ayant les os fragiles comme du verre. Quel avenir morne attend Miles Vorkosigan dans une société militarisée comme celle de Barrayar ?
Voici le début des aventures de Miles Vorkosigan, alors âgé de 17 ans. Le héros étant difforme dans une société qui rejette toute malformation physique, le roman nous dépeint un personnage que rien n'arrête, surtout pas ses limites corporelles. Une belle leçon d'optimisme.
- Un clone encombrant (Brothers in Arms - 1989)
Ayant réussi à se faire un nom dans l'univers, l'amiral Naismith doit préserver sa double identité secrète, celle de Lord Miles Vorkosigan. Et pour cela, pourquoi ne pas s'inventer un clone ?
8ème roman de la série, ce volume aborde l'horreur du conditionnement par la violence. S'il est un peu mineur dans la série, il permet l'introduction d'un nouveau personnage : Mark Vorkosigan.
- Miles Vorkosigan (The Vor Game - 1990)
La vie d'Aspirant n'est pas simple, même lorsqu'on est le fils du régent impérial Lord Vorkosigan. Surtout lorsqu'on est victime des machinations de vos supérieurs. Miles arrivera-t-il à sauver sa carrière au sein de l'armée impériale ? Rien n'est moins sûr quand la politique s'en mêle.
Prix Hugo 1991, ce roman est une perle. C'est le premier que J'AI LU a publié en français et je peux vous dire que c'est une claque tellement ce roman est nerveux, jubilatoire même, en retraçant la vie et le génie de Miles Vorkosigan. Incontestablement un de mes romans préférés.
- Barrayar (Barrayar - 1991)
Cordelia Naismith est une sacrée femme : elle a vaincu les farouches Barrayans et a épousé leur chef, le Lord-Amital Vorkosigan. Et elle attend un enfant. Sa vie sera-t-elle enfin comblée ? Sur Barrayar, il ne faut être sûr de rien, malheureusement.
3ème roman de la série, prix Hugo 1992 (le 2ème consécutivement, ce qui est extrêmement rare), l'auteur nous raconte ici la génèse d'une nouvelle société Barrayane sous l'impulsion de Cordelia Naismith, une femme comme on en a rarement vue. Violent réquisitoire contre les sociétés machistes et appel à l'ouverture d'esprit, ce roman est un des meilleurs de la série, un de mes 3 préférés.
- La danse du miroir (Mirror Dance - 1994)
Mark Vorkosigan est revenu pour dérober un vaisseau aux Dendarii. Et Miles Naismith doit partir à sa poursuite ainsi qu'à son secours. Mais qui aurait pu secourir Miles lorsqu'il trouvera la mort lors de l'opération de sauvetage ?
Encore un prix Hugo, celui de 1995. Ce roman est mon préféré car il est principalement axé sur Mark avec de nombreux développement sur la psychologie des personnages, y compris dit secondaires. On y aborde le problème des multiples personnalités qui peuvent habiter les humains, le scandale de la médecine et de la recherche à buts purement commerciaux. Un incontournable.
- Memory (Memory - 1996)
Depuis sa cryo-réanimation, Miles Vorkosigan souffre de convulsion et a des problèmes de mémoire. Réussira-t-il à le cacher à ses supérieurs longtemps ?
Ce roman aborde le thème de l'humanité en proposant une réflexion sur la personnalité et la mémoire. Avec moins d'action, Lois Mc Master Bujold, nous propose là une évolution importante dans la série.
- Ekaterin (A Civil Campaign - 1999)
Miles Vorkosigan a décidé de fonder une famille depuis quelque temps. Malheureusement, il est bien difficile de trouver une Lady Vorkosigan. La jeune et jolie veuve Ekaterin Vorsoisson se révèle être la candidate idéale. Mais l'esprit déformé de l'ex-amiral Naismith ne conçoit pas gagner le coeur de celle qu'il aime sans échafauder un véritable plan de bataille. Malheureusement, il aurait du se souvenir que même le meilleur plan de résiste pas à l’épreuve des faits. Le déshonneur attend Miles Vorkosigan, à moins qu'il ne réussisse à retourner la situation en sa faveur. Mais cela sera-t-il possible quand ses nombreux et puissants ennemis n'attendaient qu'un faux pas de sa part ?
Ce roman est beaucoup plus léger que le précédent. Il s'agit là d'une agréable comédie sentimentale, montrant que l'auteur peut être tout à fait à son aise dans l'écriture d'oeuvres moins trépidantes. Une belle peinture de la société barrayane au passage et quelques personnages savoureux, comme d'habitude. Malgrès les années qui passent et grâce à l'évolution de la série, on ne peut que rester fan Très content.

Pour finir, un lien incontournable :
- The Bujold Nexus
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Chroniqueur à du9
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Dernière édition : herbv le 12/01/03 21:19; Edité 1 fois
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herbv
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Inscrit le : 28 Août 2002
Localisation : Yvelines

Message Posté le : 12/01/03 11:11    Sujet du message: Chronique SF Répondre en citant

Bien, histoire d'alimenter la chronique, je vais vous parler aujourd'hui de Connie Willis, un de mes auteurs préférés.

Connie Willis est de nationalité américaine, née en 1945. Elle compte parmi les écrivains de SF les plus récompensés avec notamment 8 prix Hugo (2 pour la catégorie Roman, 3 pour des nouvelles et 3 pour des histoires courtes).

Je vais attirer votre attention sur deux de ses romans, rattachés à un même cycle et qui ont été tous les deux récompensés par le prix Hugo.


Le Grand Livre - Doomsday Book (1992) - Prix Hugo 1993 (ex aequo)
Le métier d'historien a été révolutionné par le voyage temporel. La jeune Kivrin Eagle a choisi une période encore inexplorée, le Moyen Age. Malheureusement pour elle, malgré une préparation qui aurait du être parfaite, les choses ne se passeront par comme prévu, ce que craignait le bon professeur Dunworthy, surtout en cette période de Grande Peste.

Voici un roman à lire absolument. Il est disponible chez J'AI LU en collection de poche. Par contre, il faut aimer les pavés de 700 pages. Mais il s'agit de 700 pages de pur bonheur, on ne s'ennuie jamais, on est loin des délayages outranciers actuels. Connie Willis nous fait suivre la vie de deux personnes en parallèle, celle de Krivin Eagle, transportée au Moyen Age afin d'étudier la célébration du massacre des Innocents et celle du professeur Dunworthy, son mentor, opposé à cette expédition et resté dans le présent. N'étant pas historien, je ne pourrais pas dire grand chose de la vision du Moyen Age proposé par l'auteur mais il me semble parfaitement crédible et éloigné des poncifs du genre. La peste noire se mêlant à la vie de nos protagonistes, aussi bien dans le passé que dans le présent, le roman nous propose une intéressante variation sur les voyages temporels, sujet délicat à traiter.


Sans parler du chien - To Say Nothing of the Dog (1998) - Prix Hugo 1999
Le professeur Dunworthy dirige une équipe d'historiens chargée de la reconstitution de la cathédrale de Coventry, détruite durant la Seconde Guerre Mondiale. Ned Henry fait partie de cette équipe d'explorateurs temporels. Mais à force d'abuser d'aller-retour entre le présent et le passé, il est envoyé se reposer dans l'Angleterre de la fin du XIXème siècle, l'Angleterre Victorienne. Malheureusement pour lui, il a oublié qu'il était chargé de corriger un paradoxe temporel créé par une de ses collègues qui a sauvé un chat de la noyade en 1888. Et ce chat est peut-être plus important qu'il n'y paraît...

Sur un ton beaucoup plus humoristique que le précédent roman de ce qui sera peut-être un jour un cycle, Sans parler du chien nous propose une vision de l'Angleterre Victorienne tout à fait intéressante, du moins pour les non-anglais. Connie Willis s'amuse à télescoper ses personnages, jouant sur le décalage des situations. Le tout nous donne encore un roman fleuve de plus de 500 pages (ce qui fera plus dans l'édition de poche que nous prépare pour 2003 J'AI LU) extrêmement jubilatoire. Sa lecture est indispensable pour tout fan de SF. La maîtrise dont fait preuve l'auteur pour tout ce qui concerne les paradoxes temporels ainsi que le soin apporté à l'histoire et aux personnages font que vous ne regretterez pas la lecture de ce chef-d'oeuvre.

Je concluerais, comme à mon habitude, par deux liens :
- La critique sur Noosfere de Sans parler du chien
- The Connie Willis Homepage, page consacrée à l'auteur, malheureusement abandonnée et incomplète.
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Daemon Irae
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Message Posté le : 12/01/03 14:19    Sujet du message: Répondre en citant

PHILIP K. DICK (1928 – 1982) – BLADE RUNNER
Titre original : Do Androids Dreams of Electric Sheep ?
Edition : J’ai Lu S-F



Qui ne connaît pas encore Philip Kindred Dick ? Auteur américain qui eut une grande influence sur la science-fiction moderne. Ses thèmes de prédilections, la réalité truquée, les simulacres et les mondes factices, lui permettent des récits d'une grande originalité, son addiction aux stupéfiants n'étant certainement pas étrangères à cela. Beaucoup de ses romans ont déjà été adaptés en films, souvent à gros budget comme Total Recall, Impostor, Planête Hurlant, Minority Report… et justement Blade Runner.
Cependant le film et le livre sont très différents, seuls l’univers et les personnages se retrouvent dans le long métrage de Ridley Scott qui ne pouvait de toute façon adapter une oeuvre aussi riche. Les thèmes de l'hiver nucléaire, de la religion et de la colonisation n'y sont pas abordés ou presque de plus la trame scénaristique est complètement chamboulée.
Ce n’est donc pas parce-que vous avez vu le film que vous pouvez passer à côté du livre ^^.

Un petit aperçu du scénario :

A la suite de la IIIe Guerre Mondiale, la Terre est laissée en un état désastreux. Chaque jour, une pluie de cendres radioactives s'abat sur les humains qui n'ont pas encore rejoint les colonies martiennes.
Pour lutter contre l’ennui quotidien, les terriens s'occupent des derniers rares animaux vivants. L'élevage est l'activité à la mode, mais coûte très cher.
Pendant que les Terriens s'exilent sur Mars, les androïdes de colonisation, les réplicants, se sentant de plus en plus proches de l’homme tentent de s'installer incognito sur Terre afin de fuir l'esclavage qu'ils subissent.
Afin de lutter contre eux, les humains ont les blade-runners, chasseurs de primes spécialisés dans la traque et l’annihilation des androïdes. Rick Deckard est l’un des meilleurs d’entre eux. Mais c'est aussi un homme qui doute. Car il devient tres difficile de faire la différence entre androïdes et humains. Les humains toujours plus froids et les androïdes toujours plus « humains ».

Ce livre nous plonge dans l'esprit d'un homme qui se pose énormément de questions. Dans un univers malade et voué à la disparition, où la nuit est éternelle et où les animaux vivants ont quasiment disparu. Les machines sont sur le point de remplacer l'Homme et Rick Deckard doit choisir quelle sera sa place dans ce monde, et c'est plutôt complexe.
Ce roman est un chef d' oeuvre du genre. Une histoire passionnante qui scotche d’entrée le lecteur, une atmosphère intrigante dans un univers post-apocalyptique et un personnage principal attachant qui nous fait partager ses doutes sur l’humanité. Le roman est très profond, voire philosophique pour certains passages, sans ne jamais devenir lassant et le dénouement est excellent.
Ce livre met mal à l'aise, c'est sûr. Mais le style de Dick est si puissant, à la fois très riche mais facile à lire, qu'on le lit d'une traite. On n’en ressort cependant pas rassuré.
Faites cependant attention, après avoir lu le roman, comme moi, vous risquez de beaucoup moins apprécier le film qui, bien que réussi, paraît totalement superficiel.

PS: Il existe deux suites a Blade Runner écrites par K.W.Jeter qui se nomment Blade Runner 2 et 3.
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Le possible a d'énormes pouvoirs. Des pouvoirs plus puissants parfois que lorsqu'il devient réalité.
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darkwu
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Inscrit le : 07 Sept 2002
Localisation : paris

Message Posté le : 12/01/03 22:02    Sujet du message: Répondre en citant

voila j'ai écrit une nouvelle de sf
la nouvelle s'appelle Lisa

An 4897
10 juillet
8H début de l'opération :
décongélation en cours sujet stable
reprise du rythme cardiaque :normal
fluctuation de la température corporelle : normal
activité des différents organes : activé normal
nanorobot : aucun, sujet complètement organique
9 H fin de l'opération
Sujet en phase de réveil
"Contactez-moi une fois que le sujet sera réveiller"
"A vos ordres professeur Benkley"




.....J'ai vraiment mal à la tête. Mais, où suis-je donc?...Et Lisa que fait-elle, où est-elle? Je ne me souviens pas de ce qui s'est passé. Je me rappelle parfaitement de m'être réveillé avec Lisa à mes cotés comme tous les matins, c'était le 15 décembre 3440, je l'embrassais tout doucement sur le front pour ne pas la réveiller et je partais travailler. Je suis sorti de la maison, je faisais un signe à Lisa qui me regardait par la fenêtre et paf plus rien le noir total... Je ne sais pas ce qui a pu se passer. Quel est cet endroit? On dirait comme une cellule de prison mais tout ce matériel qui est là, non ce n'est pas possible ce n'est pas une cellule cette technologie me parait fort avancée. J'ai l'impression de rêver et d'être dans le futur. ARAAAAAA je ne comprends pas.


La porte s'ouvre
"Bonjour je suis le professeur Jim Benkley. Comment allez-vous?"
"Je vais bien enfin je crois, j'ai un peu mal à la tête"
"Oui nous avons trouvé la marque d'une balle paralysante dans votre cou. Cela vous a rendu inconscient et vous avez été congelé dans cet état"
"Quoi j'ai été congelé!!!!!" criais-je
"Oui calmez-vous, on vous a juste cryogénisé. Pourquoi êtes vous si étonnez ? C'était tout à fait courant au XXXVIème siècle"
"Quoi vous avez dit 36ème siècle?" hurlais-je
"Je crois que le manque d'information que nous détenons vous concernant m'a fait faire une erreur. Quel est votre nom?"
"Mais répondez-moi. Où suis-je? En quelle année somme-nous?"
J'étais au bord de la crise de nerfs mais le professeur restait impassible.
"Tout d'abord calmez vous arrêtez de crier et donnez-moi votre nom"
"Je m'appelle Tom Marshall"
"Très bien Tom je vais faire des recherches sur vous. Je reviens tout de suite"

J'ai l'impression de suffoquer, tout est confus dans ma tête je n'arrive plus à réfléchir. C'est étrange mais finalement je suis plutôt calme je n'ai qu’à penser à toi ma Lisa et tout s'éclairci, rien d'autre ne compte.

La porte s'ouvre à nouveau
"Je n'ai trouvé aucune information vous concernant. Qui êtes vous?"
"Je suis Tom Marshall né le 6 décembre 3412 à New York. J'ai 28 ans, je suis chercheur en molécule au centre de recherche moléculaire international (le CRMI). J'ai une épouse qui s'appelle Lisa et je n'ai aucun enfant"
"Tout s'explique les membres du CRMI avaient leurs identités protégées et on a perdu une partie des informations concernant ses membres il y a 38 ans à cause d'une panne informatique. Néanmoins cela n'explique pas tout. La cryogénisation ou congélation comme certains peuvent l'appeler n'est apparu qu'environ 50 ans après la date où vous avez été cryogénisé. Cela a cependant le mérite d'expliquer pourquoi le caisson dans lequel on vous a trouvé ne correspond à aucun modèle standard. Heureusement pour vous car les premiers modèles avaient un but commercial et n'étaient pas très fiables. De plus pourquoi vous a t-on envoyé sur la lune?.
Vous devez vous poser de nombreuses questions. Je vais tout vous raconter mais préparez-vous à un choc. Nous sommes en 4897. Vous êtes dans un vaisseau spatial, la terre est maintenant inhabitable pour quelques millénaires. Il reste 297 hommes dans l'univers. Il y en a 150 dans ce vaisseau et le reste sur un autre vaisseau. Vous êtes le 298ème.
Cela doit être un gros choc pour vous, alors reposez-vous. Je reviendrais plus tard pour vous raconter ce qui s'est passé pendant votre long sommeil."

Plus de mille ans se sont écoulés. Je ne reverrais plus jamais Lisa. A cette pensée je ne pus contenir mes larmes, rien ne pourra plus les arrêter de couler désormais.

Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé quand la porte s'ouvrit à nouveau.
" J'espère que vous allez mieux Tom, je vais maintenant vous donner un petit cours d'histoire :
L’apparition de la cryogénisation fut une révolution pour l'humanité. Elle était tout d'abord réservé aux riches soit par curiosité de découvrir l'avenir en étant jeune soit en attente qu'une maladie puisse être guérissable, cela permit aussi d'envisager de long voyage dans l'espace. Puis cela s'est industrialisé et l'on a mis les détenus en congélation, c'est de là que vient l'expression congelée : les détenus disaient qu'ils allaient au congelo. Ensuite tout s'est accéléré.
La surpopulation gagnait la planète, la solution trouvée fut de cryogeniser des personnes pendant une dizaine d'années à tour de rôle. Mais la réalité fut tout autre, au début cela ne concernait que les volontaires mais bien sur, cela ne fut pas suffisant ,alors on s'attaqua aux pays les plus pauvres. Les relations internationales devinrent tendues et lorsque l'on s'aperçu que ceux qui était cryogénisé n'étaient jamais réveillés la guerre éclata et en moins d'une heure la Terre fut détruite et complètement inhabitable à cause des armes chimiques. Les seuls survivants sont ceux qui étaient dans l'espace pendant le drame. C'était il y a plus de 400 ans"
"400 ans? Il n'y pas de consanguinité? Comment faites vous pour vivre?"
"Nous ne nous reproduisons plus."
"Comment cela vous voulez dire que vous avez plus de 400 ans?"
"Oui en quelque sorte. Nous contrôlons le temps. Nous étions partis à la rencontre d'une société extraterrestre qui nous a appris à contrôler le temps"
"Mais si vous maîtrisez le temps pouquoi ne pas être revenu en arrière pour empêcher cette catastrophe"
"Et bien ce fut un long débat mais nous avons décidé de ne contrôler que le présent en agissant sur nos corps et en les empêchant de vieillir. Il nous est impossible de porter un jugement sur le passé , le mal , le bien sont des notions très aléatoires selon les personnes donc nous avons décidé de ne pas toucher au passé et de ne pas remonter le temps. Nous n'utilisons le temps que sur nos corps et pour nos déplacements. Nous explorons l'univers en attendant que la terre soit à nouveau habitable. "
"Comment cela fonctionne t-il?"
"Nous avons une machine qui nous permet de choisir l'endroit où l'on veut aller et à quel instant et à qui nous voulons que cela affecte"

Un éclair passa dans ma tête j'avais trouvé le moyen de revoir Lisa

"Et moi professeur que vais-je devenir?"
"Je pensais si vous êtes d'accord vous intégrer dans mon équipe de recherche. Vous avez fait de la recherche en molécule. Vous avez du retard à rattraper dans vos connaissances mais quelques années suffiront. Vous allez devoir comprendre comment la cryogénisation fonctionne car elle permet de nombreuses applications dans l'espace, elle permet d'augmenter la résistance des matériaux."
"Je suis d'accord"


30 ans se passe et pas un seul instant je ne cesse de penser à Lisa dans la solitude de l'espace, le vide me met mal à l'aise

"Bravo Tom bon travail"
"Merci professeur, on a enfin réussi a renforcer les molécules d'acier grâce à la cryogénisation"
"C'était une chance de vous avoir trouvé sur la lune. De plus on ne va voir la terre qu'une fois tous les 100 ans. C'était vraiment un hasard. On n’a toujours pas compris pourquoi vous étiez sur la lune mais cela vous a permis de survivre. Après cette dure journée je vais prendre une douche. A force de me voir manipuler la machine du temps vous devez avoir appris à vous en servir, veuillez aller la régler pour aller retrouver l'autre vaisseau spatial, nous devons leur faire part de notre découverte."
"A vos ordres professeur"

Enfin l'occasion de retrouver Lisa se présente. Voila j'attendais cet instant depuis si longtemps, je vais bientôt te revoir Lisa.


"Général, le radar nous montre un phénomène inhabituel, comme une distorsion du temps et de l'espace"
"Alerte maximale, nous devons aller voir ce qui se passe"
"Général il y a un homme"
"Emmenez le"

Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais je suis sur la terre et l'armée m'a emprisonné

"Je suis le général Verner, vos relevés génétiques prouvent que vous êtes Tom Marshall. Cependant nous avons déjà un Tom Marshall qui travaille au CRMI et qui est actuellement à son poste en train de travailler. Pouvez vous m'expliquer cela?"
"Quand sommes nous?"
"Pardon!?"
"la date dites moi la date"
"Nous sommes le 15 octobre 3440. Mais qui êtes vous?"

Je racontais mon histoire en omettant les détails concernant l'histoire de l'humanité car je ne voulais pas la transformer, mon réveil dans le futur et mon retour à l'instant présent. Ils avaient l'air sceptique. Je me suis trompé de deux mois dans mon retour en arrière mais ce n'est pas très grave je suis à la bonne époque pour revoir Lisa.

"Général cet homme est fou"
"Il est fou ou il dit la vérité. Il n'a pu falsifié son identité. Je vais retourner lui parler"

"Monsieur Marshall, vous devez comprendre que votre histoire est dure à admettre pour nous sans aucune preuve. Je vous propose un marché. Vous nous apprenez la cryogénisation et je vous libère et vous pourrez revoir votre Lisa"
"Je ..... heu.... c'est d'accord"

2 mois plus tard le premier caisson pour cryogéniser quelqu'un était prêt. Il ne restait plus qu'à passer au test.
Ma surprise fut qu'ils ont décidé de tester la machine sur moi-même ou plutôt le moi qui n'ait jamais allé dans le futur.
Mais peu importe j'étais tellement proche de revoir Lisa que cela m'importait peu. Cela expliquait que j'ai été enlevé.

L'opération s'est bien passée. Me voila libre, Il faut que je me dépêche d'aller retrouver Lisa avant qu'elle ne parte pour son travail.


"Comment s'est déroulé l'opération de ce matin? Pas de témoin j'espère"
"Non mon Général aucun témoin. La femme regardait par la fenêtre et on a dû l'abattre"
"Vous avez bien fait. Tuez Tom Marshall quand il arrivera chez lui et faites passer ça pour un meurtre et un suicide, les journaux en raffole, un homme perd son contrôle, tue sa femme et se suicide après"
"A vos ordres mon général, et que fait on du caisson?"
"C'est une technologie qui pourra révolutionner le monde, nous devons l'étudier encore. On ne peut cependant pas se permettre qu'un autre pays découvre cela, il y aurait alors des tensions. Il faut nous en débarrasser. Cependant le garder pourrait être une bonne idée pour le futur pour étudier les réactions Sur un corps cryogénisé. Envoyons le sur la lune, personne ne le trouvera là bas".
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herbv
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Message Posté le : 12/01/03 22:12    Sujet du message: Nouvelle Répondre en citant

Bravo, Darkwu. Ta nouvelle est pas mal du tout, c'est le moins que l'on puisse dire. J'ai beaucoup aimé la chute, ça m'a rappelé les short-novels de Fredric Brown qui excellait à ce petit jeu. Personnellement, je serais bien incapable d'écrire quelque chose de cette qualité même si j'ai trouvé que cela manquait un peu de transition (peut-être à cause de la mise en page limitée de phpBB).
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NeRuD
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Inscrit le : 22 Sept 2002

Message Posté le : 12/01/03 23:27    Sujet du message: Répondre en citant

Bon puisqu'on parle SF et que, comme herbv, c'est un genre littéraire que j'apprécie particulièrement je vais rapidement vous parler de William Gibson

Si vous êtes passionnés d'informatique et que vous êtes plutot du genre "Dark SF" vous avez probablement déjà entendu parler de lui.

Je reprends ici la bio des bouquins Jai lu:
William Gibson est né aux Etats-Unis en 1948, mais vit au Canada depuis l'âge de 20 ans. Fasciné par le Japon et l'informatique, il est l'un des pères fondateurs du mouvement littéraire cyberpunk, qui décrit un futur sombre et technologique où fusionnent univers réel et réalités virtuelles.

Le cyberpunk peut ne pas paraître très clair dit comme ça alors imaginez vous un monde, ravagé par une enième guerre, ou les puissances politiques n'ont plus aucun poids devant les multinationales et autres conglomérats économiques. Un monde ou le réseau est si présent que tout le monde y est plus ou moins connecté, que les intelligences artificielles sont une réalité ,que les implants cybernetiques sont légions et que les mafias ne se contentent plus de dealer de la drogue mais s'adonnent au transfert d'informations et au hacking.
C'est ça le cyberpunk.
(oui je sais c'est très moche Cool )

bref si vous voulez commencer dans ce genre, procurez vous l'oeuvre maîtresse de Gibson à savoir "Le neuromancien" (prix nebula 1984, prix hugo et philip K.Dick 1985)

D'autres exemples de cyberpunk:
- dans les jeux de roles -> ShadowRun (plus tout récent ça)
- dans les mangas -> Ghost in the shell, blame
- au cinéma -> Johnny Mnemonic (excellent, tiré d'une nouvelle de Gibson, et dont l'acteur principal, Keanu Reeves joue dans un autre monument du cyberpunk que je ne présente même pas. Allez j'vous aide ça commence par "M" et ça finit par "atrix" Moqueur )

Bonne lecture Clin d'oeil
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herbv
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Message Posté le : 13/01/03 00:00    Sujet du message: Précision Répondre en citant

Je me permets d'apporter un petit ajout au message de NeRud. Concernant le mélange Japon et Cyberpunk à la sauce William Gibson, je vous conseille la "trilogie" composé de Lumière virtuelle, Idoru et Tomorrow's Parties.


Lumière virtuelle (Virtual Light - 1993) - J'AI LU
Pour suivre les aventures de Chevette


Idoru (1996) - Flammarion et J'AI LU
Où l'on retrouve Rydell, un des protagonistes de Lumière virtuelle.


Tomorrow's Parties (1999) - Au Diable Vauvert
Rydell est toujours présent de même qu'un certain nombre de personnages des deux autres romans.

Ces trois romans sont indépendants mais il est préférable de les lire dans l'ordre pour mieux apprécier les différents personnages récurrents comme Rydell, Laney, Yamazaki et Rez.

Et je ne peux m'empécher de vous mettre un petit lien qui vous servira de point de départ pour le Cyber-Punk, William Gibson et Blade Runner : Postmodern Science Fiction and Cyberpunk
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HazuiTokage
Mangaversien·ne


Inscrit le : 15 Nov 2002
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Message Posté le : 13/01/03 03:04    Sujet du message: Répondre en citant

Herbv, tu as oublié Ethan d'Athos, Les frontières de l'infini, Komarr et Diplomatic immunity dans la série Vorkosigan ! Et pis Miles n'est pas un nain ! Il est juste un peu petit. Embarassé

Sinon, excellente idée, cette chronique !!
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herbv
Modérateur


Inscrit le : 28 Août 2002
Localisation : Yvelines

Message Posté le : 13/01/03 09:31    Sujet du message: Réponse Répondre en citant

Ma chère Mam'zelle Serpent, non, je n'ai pas oublié et oui, je n'en ai pas parlé Sourire.

Effectivement, on pourrait rajouter Ethan d'Athos, Les frontières de l'Infini (recueil de 3 nouvelles), Cetaganda, Komarr et Opération Cay. Mais bon, j'ai préféré me tenir aux ouvrages que j'estime être les principaux de la série. Quand à Diplomatic Immunity, si j'ai commencé à le lire grâce à une certaine fan, il ne devrait sortir en français que plus tard dans l'année.

Et effectivement, Miles n'est pas un nain mais il est perçu comme tel par ses compatriotes Barrayans, le pauvre. Donc, on dira qu'il est un peu petit Sourire.
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Azariel
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Inscrit le : 08 Sept 2002
Localisation : Bordeaux

Message Posté le : 13/01/03 13:58    Sujet du message: Répondre en citant

A mon tour alors (fallait pas me lancer sur la SF ... niark niark)

Aujourd'hui Raymond E. Feist et ses Chroniques de Krondor :
Un auteur que j'ai decouvert il y a 3 ans ... tellement de bonheur que j'ai lu ses autres livres en anglais ...
Genre : fantasy (magicien, elfes etc ...)
Mais une histoire qui sort un peu de l'ordinaire ... il a invente deux mondes totalement differents (un style moyen age, l'autre style Chine ancienne) ... Des perso aussi bien mysterieux qu'attachant.

Resume du debut de l'histoire : un jeune orphelin devient (bien malgres lui) l'apprenti d'un vieux magicien ... malheureusement il n'arrive absolument pas a se servir de la magie. On decouvre bientot que son monde est attaque par de mysterieux soldat. Le voila embarque dans la guerre ...

Honnetement de la Fantasy prenante ... un regal a lire ... On lit les 4 volumes d'un trait !

@ Herbv : je confirme ... Connis Willis et le grand livre c'est un regal. Je vais me depecher de me procurer le second dont tu parles Clin d'oeil Merci !
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Daemon Irae
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Inscrit le : 19 Oct 2002
Localisation : Sur un autre plan de réalité.

Message Posté le : 13/01/03 15:24    Sujet du message: Répondre en citant

Bon, ca fait un petit moment que je les ai lues, les chroniques de Krondor (la tetralogie initiale) et je suis assez partagé dessus.
Autant les deux premiers volumes m'ont énormément accroché avec, comme tu l'écris, la joie de découvrir deux mondes différents mais pourtant intimement liés, ainsi que des persos attachants mais qui évoluente très rapidement, et vers des destins souvent inattendus.
Les volumes suivant m'ont pourtant décu. Le second, avec changements de héros, m'est apparu un peu comme en dehors de la saga, et même comme une caricature du genre, le scénario étant plus que classique (non, je spoilerai pas). Le dernier tome par contre m'a paru long, tres long et tres lent avec plus de 200 pages sur la même bataille.
Au final, un livre qui aurait pu être tres bon mais qui, pour moi, pêche par un essouflement à partir de la moitié.
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Le possible a d'énormes pouvoirs. Des pouvoirs plus puissants parfois que lorsqu'il devient réalité.
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Judge Fredd
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Inscrit le : 02 Sept 2002

Message Posté le : 13/01/03 15:30    Sujet du message: Répondre en citant

"La fin des temps" de Haruki Murakami (Seuil - Points)

Est-ce de la science-fiction? Je ne sais pas.
Mais ce qui me parait certain, c'est qu'après la lecture de ce livre, c'est la sf qui n'existe plus.
Lessivé, réduit à une peau de chagrin, réduit à de la quincaillerie de bazar et à de la philosophie de comptoir, le genre n'existe plus. Son cadavre bouge encore, mais dorénavant, on le sait, la sf est morte.
Constat radical.

Murakami nous conte l'histoire d'un gars (on l'appellera le héros, faute de mieux) qui voit, via une expérimentation cérébrale, se brouiller et se transformer radicalement l'idée meme de sa réalité, de la réalité, de l'existence du monde, d'un monde, de son monde.
Rien de bien neuf, me direz-vous.
Mais à travers cette transformation radicale, Murakami se livre à une réflexion d'une intelligence rare sur l'individu et son rapport avec le monde. La manière dont ce rapport est vécu et dont il peut évoluer.
Murakami explore l'idée de l'immortalité, non par dilatation, mais par contraction temporelle. Par réduction à un point plutot que par expansion des volumes.
L'immortalité par l'immanence infinie du présent et l'immobilité figée.
C'est la tentation de l'atonalité, si présente dans les arts contemporains japonais (voir Kiyoshi Kurosawa au cinéma par exemple) qui trouve ici une manifestation d'une intelligence rare. Cette atonalité acceptée et finalement assumée par le héros.
Après 500 pages labyrinthiques, où le sens se construit petit à petit, par un jeu passionnant de rimes/ritournelles entre les divers éléments du récit, 500 pages menées à un rythme trépidant, Murakami nous amène au seuil du néant (ou d'autre chose ???) avec un calme qui se propage peu à peu et s'insinue en nous, jetant aux orties les tentatives de créations démiurgiques (si chères aux écrivains de fantasy par exemple) pour les révéler à elles-memes, çàd à l'émanation de monde figés, limités par essence, vivant en vase clos, inaptes à communiquer avec ce qui leur est autre.

Que reste-t-il de cette déconstruction hyper moderne? Quelques personnages aux allures fantomatiques, tout au plus des corps qui survivent, coupés de leurs ombres.
Un monde qui s'éteint, une réalité qui s'éteint, un homme qui s'évanouit et disparait dans l'immensité infinie d'une immortalité concentrée en un instant d'une durée infinie.

Au final, un immense chef d'oeuvre de cet écrivain japonais atypique.

PS : je crois que ce post clot ma participation à ce topic.
J'ai été un grand grand fan de sf, et je pourrais encore recommmander des tas d'auteurs de grand talent comme l'immense Philip K. Dick, Gibson, Ballard ou d'autres,... mais tout ça me semble si loin. Et je trouve que a littérature sf (et encore plus la fantasy) comporte tant de pages et d'oeuvres tellement médiocres, que je ne me sens plus à meme de vouloir la défendre... Et quand je lis Murakami, je me dis que j'ai sans doute pas tort...


Dernière édition : Judge Fredd le 14/01/03 21:03; Edité 1 fois
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Marie
Mangaversien·ne


Inscrit le : 10 Oct 2002
Localisation : Belgique

Message Posté le : 13/01/03 17:27    Sujet du message: Répondre en citant

Judge Fredd a écrit:
Est-ce de la science-fiction? Je ne sais pas.
Mais ce qui me parait certain, c'est qu'après la lecture de ce livre, c'est la sf qui n'existe plus.
Lessivé, réduit à une peau de chagrin, réduit à de la quincaillerie de bazar et à de la philosophie de comptoir, le genre n'existe plus. Son cadavre bouge encore, mais dorénavant, on le sait, la sf est morte.
Constat radical.


Radical? coupant, tranchant et sans appel. Clin d'oeil
Et voilà des centaines d'heures de rêves à l'imagination débridée balayées d'un coup par des paroles méprisantes Maléfique
Même si je ne lis plus de SF depuis très longtemps je ne renierais pas la passion qui a dévoré toute ma jeunesse. J'en ai lu des centaines (oui,oui!) certains très bon , beaucoup très mauvais...

Pour me venger je vous parlerai d'un auteur de l'âge d'or de la SF, bien populaire il a privilégié la quantité et pas toujours la qualité ( hé, hé.. Très content )
( c'est de mémoire soyez indulgents)

Isaac Asimov Américain d'origine russe, docteur en biochimie.
Son oeuvre majeure est "Fondation". Les trois premiers tomes du "cycle de la fondation" sont formidables les quatre derniers tout à fait dispensables.
" Le psycho-historien Hari Seldon crée la Fondation organisme (?) destiné à appliquer le plan qu'il a conçu sur mille ans afin de rebâtir une civilisation pour l'humanité tombée dans le chaos. Seldon le génie des probabilités a t-il pu tout prévoir ...?"

D'autres ouvrages sur sa passion des robots sont également très amusants, écoutons le parler;
"Une fois posées les Lois de la Robotique [mot créé par ASIMOV], il n'y a plus qu'à les contourner !
C'est le coeur des nouvelles qui constituent le Cycle : explorer les failles des Lois, les mettre en porte-à-faux, pour finir par les améliorer et permettre aux Robots et aux Humains de vivre ensemble sans souci.
Dans ces nouvelles, on retrouve chaque fois Suzan Calvin, roboticienne qui conte ses souvenirs à un journaliste."

C'est intelligent et malin ... ASIMOV quoi...

Un site sympatique :http://perso.wanadoo.fr/monot.jc/
et une petite citation d'Asimov pour finir:"La violence est le dernier refuge de l'incompétence. "

Voilà ça m'a fait du bien je suis plus fâchée Très content

Si je me laissais aller je vous parlerai bien de Leigh Brackett... bon je vous embête plus,. je sors.
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Judge Fredd
Mangaversien·ne


Inscrit le : 02 Sept 2002

Message Posté le : 13/01/03 17:52    Sujet du message: Répondre en citant

marie a écrit:

J'en ai lu des centaines (oui,oui!) certains très bon , beaucoup très mauvais...


Chacun sa manière pour dire des choses ma foi fort semblables...Clin d'oeil
Enfin, tout ceci pour dire que la sf, c'est vraiment très bien (à un moment je ne lisais que ça, et j'en ai lu par centaines aussi) mais qu'il faut bien se rendre compte qu'il y a autre chose et que y a p'tet mieux à faire que d'y rester cloisonné (quoique chacun fait ce qu'il veut...).
Et quand on voit comment Murakami peut traiter un thème apparemment sf, ça fait un peu réfléchir sur les limites de beaucoup d'auteurs "spécialisés" dans le genre.
Pareil pour l'immense Don De Lillo et son "Etoile de Ratner" par exemple. Des auteurs qui investissent un cadre sf, le font éclater, pour développer un univers singulier qui va bien au-délà du genre.
Par mon constat radical, c'est une certaine "idée" de la sf et de la fantasy que j'accompagne dans son cortège funéraire.

Par contre, meme quand je ne lisais que de la sf, j'ai jamais pu sacquer Asimov...
Rien à faire, je reste dickien dans l'ame. Ce sont toujours les espaces intérieurs (copyright Jim Ballard) qui m'ont intéressé...

marie a écrit:
"La violence est le dernier refuge de l'incompétence."


C'était pour moi? Clin d'oeil

Allez, je vous laisse discuter à l'aise de votre passion, et je vous prie de m'excuser de mes interventions intempestives.
Mais gardez-les dans un petit coin du cerveau, un jour, ça pourra peut-etre reservir...
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herbv
Modérateur


Inscrit le : 28 Août 2002
Localisation : Yvelines

Message Posté le : 13/01/03 18:23    Sujet du message: Répondre en citant

Judge Fredd a écrit:
Mais ce qui me parait certain, c'est qu'après la lecture de ce livre, c'est la sf qui n'existe plus.

Il est fort possible que la SF n'existe plus pour toi après une telle oeuvre, mais je pense qu'elle n'existait plus pour toi depuis bien longtemps en fait. Bah, la SF ne s'en portera ni plus mal ni mieux...

Citation:
Et je trouve que a littérature sf (et encore plus la fantasy) comporte tant de pages et d'oeuvres tellement médiocres, que je ne me sens plus à meme de vouloir la défendre... Et quand je lis Murakami, je me dis que j'ai sans doute pas tort...

Oui, comme pour tout, dans la SF, le médiocre côtoie le meilleur, toute la difficulté étant de faire le tri. Et certains n'ont plus le courage au bout d'un certain temps. C'est la vie... Et il faut dire, surtout pour la Fantasy, que je trouve aussi que le médiocre est très à la mode actuellement. Maintenant, si on y trouve son compte, ma fois...

PS : Marie, très belle réaction et très belle participation, chapeau bas Sourire
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