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Chroniques littéraires (3)
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Taliesin
Mangaversien·ne


Inscrit le : 01 Fév 2004

Message Posté le : 06/10/20 10:59    Sujet du message: 1Q84 (Haruki Murakami) Répondre en citant

1Q84 de Haruki Murakami

Dés sa sortie il y a 10 ans les chroniques sur la trilogie de Murakami ont plu. Je vais donc apporter ma pierre à l'édifice même si tout a déjà été dit. Je sors enfin d'un marathon qui a duré 15 jours, arrivant 10 ans après tout le monde. Lorsque les tomes 1 et 2 sont sortis, j'avais lu plusieurs livres de l'auteur à la suite et j'avais peur de me lasser (surtout que le héros masculin est toujours le même...).

Je ne sais pas si d'autres sont touché-e-s par l'amnésie murakamienne: après lecture d'un roman de l'auteur, il suffit de peu de temps pour que j'en oublie le gros de l'intrigue, ce qui s'y passe, de quoi ça parlait ou même la fin. J'ai vécu ça pour Les amants du Spoutnik, La course aux mouton sauvage, La Ballade de l'impossible (sans élément fantastique) ou Kafka sur le rivage (et encore, je me souviens le plus de celui-ci). Comme ça fait longtemps que je n'ai pas lu de Murakami (j'ai dû lire les synopsis des romans que j'ai lus dans le passé, et ça me disait même pas grand chose...) c'était le bon moment. Et à cause de cette amnésie, j'ai préféré lire le tout en un seul bloc. Après tout, ce n'est pas une "trilogie" comme on nous le vend sur les publicités mais d'un roman découpé en 3 volumes.

J'ai fait en sorte de ne jamais rien lire à propos de 1Q84 vu que j'avais l'intention de le lire depuis le début, je voulais être surprise. Je pense que c'est la meilleure manière d'aborder le livre. Pendant ma lecture (après le tome 1), j'ai lu des articles sur le tome 1 et beaucoup de choses sont dites. Le peu à savoir: l'histoire se déroule en 1984 à Tokyo où on suit en parallèle (en chapitres alternés) Tengo (le héros murakamien par excellence) et Aomame (l'héroïne), 30 ans. Les deux personnages vont être chacun embarqués de leur côté dans des événements liés à une secte.

J'ai pu retrouver avec plaisir la prose limpide, minutieuse, immersive et intimiste de Murakami, son univers mélangeant surnaturel, milieu urbain et personnages solitaires et esseulés et son rythme très lent. Le tome 1 (avril-juin) est prenant. On est totalement plongé dans le mystère de l'intrigue puisqu'on suit tout ça dans la peau des personnages. Tengo se laisse littéralement embarquer dans une entreprise éditoriale tandis que Aomame effectue des missions spéciales pour le compte d'une vieille femme. Le tout se dévore avec les révélations qui arrivent au compte-goutte sur la secte, c'est vraiment addictif. Les faits sont toujours très longuement exposés, que ce soit du côté de Tengo ou de Aomame, les personnages secondaires exposent leurs observations très précisément. Le tome 2 (juillet-septembre) continue dans cette voie, avec une montée à la moitié du roman, puisqu'on atteint là le point culminant de 1Q84. La sauce monte, le surnaturel est plus que présent, ça part parfois dans un délire bien fumiste mais toujours est-il que j'accroche quand même beaucoup (sauf le délire avec Fukaéri...). Puis passé cette moitié, le tout se calme énormément. On retourne encore plus qu'avant dans la tête des personnages et là, une nouvelle quête a lieu. C'est de suite beaucoup moins passionnant, et le côté surnaturel qui me plaisait est un peu mis de côté pour se concentrer sur autre chose. Évidemment, tout est entretenu pour donner envie de continuer même si le rythme baisse un peu (et puis il y a moins de personnages secondaires aussi, ce qui joue: on est en plein dans la tête des deux personnages principaux). Le tome 3 (octobre-décembre) est quant à lui une véritable déception. C'est clairement le tome en trop. Chaque tome fait environ 500 pages (550, 495 et 618) et je dois dire que le tome 3 ne bouge que sur les 150 dernières! Cela signifie que pour le reste, la narration est hyper statique, que le même événement est raconté plusieurs fois avec un angle de vue différent, que l'histoire n'avance donc pas et que c'est hyper frustrant (et parfois même souvent très très ennuyeux). Heureusement, un nouveau personnage fait son apparition car Tengo et Aomame (surtout elle...) lassent. Malgré tout, cela ne suffit pas à maintenir l'envie et arrivée là, je n'avais qu'une seule envie: en finir pour finir le roman. En fait, j'ai eu envie de dire "tout ça pour ça". Car Murakami avait un objectif qu'il a enrobé de surnaturel et quand enfin son objectif s'est révélé, le surnaturel a été mis de côté.

Citation:
En gros, tout cet enrobage surnaturel et toute cette intrigue pleine de surprise pour arriver à... une banale histoire d'amour - spirituelle avant tout puisque les deux personnages ne se verront qu'au dernier chapitre du roman. Une romance à la mords-moi le nœud avec ce destin d'âmes sœurs liées depuis toujours qui l'ignorent. Les personnages tombent amoureux à 10 ans et ne vont jamais chercher l'un-l'autre, puis se rendent compte qu'il faut chercher cette âme sœur à 30 ans. Pendant 20 ans, ils ne se sont liés à personne d'autre afin d'avoir cette histoire d'amour pure se concrétiser à la fin.

Le personnage de Aomame est celui dont l'évolution déçoit le plus. Ce personnage de tueuse à gage pour une cause particulière: la violence domestique sur les femmes, est réduite à se confiner puis attendre, enceinte - par le saint-esprit grâce à cet "échange polysémique" entre Tengo et Fukaéri - tous les jours, que Tengo se présente dans le jardin.

Dans cette partie, seul Ushikawa trouvait de l'intérêt à mes yeux: son passé, sa famille, son ancienne vie aussi. Un personnage très réussi. Heureusement que son point de vue était là finalement. Mais même lui n'est finalement qu'un outil pour que Tengo et Aomame se retrouvent.


Alors certaines personnes apprécieront probablement le récit pour le côté méta avec des histoires de fiction, de réalité, de création, les références aussi à la littérature (notamment Chekov). Mais je dois dire que de mon côté, ce long roman de Murakami reste quand même une déception. Quant aux personnes qui voulaient des réponses, elles seront encore plus déçues puisque chez Murakami, on prend les choses comme elles viennent sans trop d'explications (c'était déjà le cas dans ses autres romans que j'ai pu lire). Mais ici, c'est encore pire car il fait bien miroiter pendant 800 pages puis ça fait pschiiit comme dirait notre ancien président. Clairement 1Q84 est trop long et aurait pu se terminer en 2 tomes, Murakami s'est clairement trop étalé. Je n'en ai pas relu mais j'ai le sentiment que Murakami est plus intéressant sur ses livres plus courts, notamment Les amants du Spoutnik. En tout cas, j'ai encore envie de renouer avec lui surtout avec La fin des temps et Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil. Un jour, car j'ai passé 1500 pages poche en sa compagnie, ce qui suffit pour un certain temps.

Du côté des personnages, on est donc bien chez Murakami. Le héros sans attache, célibataire, solitaire, aimant le jazz ou le classique puis la littérature, ayant tout de même UN ami (qui le relie au monde) puis fréquentant quand même une femme. Quant à Aomame, elle reste un fantasme sur pattes avec ses belles oreilles, son corps athlétique mais passe son temps à se regarder dans le miroir, se plaignant souvent de ses seins ou de ses poils pubiens hirsutes... Il y a aussi, dans ce livre (je ne me souviens plus trop des autres - la fameuse amnésie murakamienne), beaucoup de scènes de sexe très détaillées (comme toutes les scènes du livre en fait), le sexe est hyper présent (et puis à quoi ça sert à part faire bander des lecteurs, de dire que Aomame pensait au moment où Tamaki et elle se sont caressées...?). Je n'avais pas cette impression aussi forte sur ses autres romans.
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Taliesin
Mangaversien·ne


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Message Posté le : 16/11/20 14:59    Sujet du message: Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay Répondre en citant

Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay de Michael Chabon

1937. Sam Clayman est un Juif de Brooklyn n'étant jamais sorti de New-York. Il a 19 ans et travaille dans une entreprise où il dessine, mais il rêve de faire carrière dans les comics de super héros qui sont en plein boum depuis que Superman a fait son apparition. Un soir débarque son cousin Josef Kavalier, 22 ans, qui a fui Prague pour les États-Unis afin de faire venir sa famille restée en Europe. Josef a étudié les Beaux-Arts à Prague et a du talent. Avec son cousin, il propose à son patron de créer leur propre comics de super héros maison au lieu d'aller payer des pages de publicité dans les numéros de Superman. Bientôt, leur création The Escapist devient un hit, symbole de Liberté des peuples opprimés, artiste de l'évasion, s'attaquant aux Nazis (sans les nommer, à l'époque les États-Unis n'étant pas entrés en guerre). C'est l'histoire de l'ascension de ce duo en plein dans la Seconde Guerre Mondiale, un hommage au Golden Age.

J'ai connu ce livre en VO il y a environ 10 ans mais je ne le lis que maintenant, en anglais et en grand format (dans une édition que je trouve vraiment très belle). Un roman qui parle de l'industrie des comics à l'époque du Golden Age, ça attire l’œil. Entre temps, j'ai pu lire un autre livre de Michael Chabon, Le club des policiers yiddish en français, et ce ne fut pas vraiment un coup de coeur, ayant eu plutôt du mal à entrer dedans. Un autre roman plutôt épais, tout comme l'est Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay.

Le livre fait 640 pages (environ 800 en poche chez 10-18 pour la VF). Toute la première moitié du roman m'a beaucoup plu. C'est vraiment l'ascension d'un duo dans le Golden Age. Le milieu du comics est bien représenté, Chabon s'est bel et bien penché sur l'industrie et cite donc des noms d'auteurs (ce livre se passe bien dans notre monde). Ce duo de créateurs juifs créant un super héros ne peut qu'évoquer Siegel & Shuster qui sont à l'origine de Superman et Kirby pour le côté business (à qui le livre est dédié). Le business est sans pitié et Kavalier & Clay l'apprendront à leur dépends comme d'autres auteurs connus de l'industrie. Même si ils gagnent très bien leur vie, les patrons s'en mettent littéralement plein les poches. L'époque est aussi restituée avec les personnages qui croisent des artistes comme Dali ou Max Ernst ou le réalisateur Orson Wells qui va sortir son Citizen Kane.

En filigrane, Chabon aborde évidemment la Shoah à travers Joe qui a tout abandonné pour venir aux États-Unis. C'est vraiment Joe le personnage principal du récit. On le voit souffrir de culpabilité du survivant, pensant chaque instant à sa famille et faisant tout pour avoir de ses nouvelles, en particulier faire venir son petit frère Thomas de 13 ans à New York par la voie marine. Même si Sam est là, c'est avant tout à Joe que l'auteur s'intéresse. Joe part en croisade contre tout Allemand de New York et s'en sort grâce aux comics qu'il considère comme de l'Art avant tout (en cela il fait penser à Will Eisner en abordant la bande dessinée comme un langage à part entière et même son évolution dans ses projets personnels comme ce qu'on appellera probablement le "graphic novel"). A travers les comics, il peut s'évader (comme son héros The Escapist) de la réalité mais surtout mener sa guerre anti-Nazis. J'aime beaucoup comment Chabon nous montre l'inspiration des deux comparses et à quoi cela aboutit côté comics.

Du côté de Sam, c'est d'un autre sujet grave dont Michael Chabon va parler. Disons qu'il se confrontera à son époque et à l'intolérance d'une certaine Amérique (faut aussi dire qu'il n'a pas beaucoup de chance). Contrairement à son cousin, Sam souffre d'écrire pour des comics et des pupls qu'il ne voit pas comme un art. Il aimerait s'institutionnaliser et écrire de la "vraie littérature". Lui ne voit pas, comme Joe, la force de ce nouveau medium qu'est la bande dessinée si ce n'est que l'aspect business. C'est là la grande différence entre eux.
Citation:
La grande révélation est l'homosexualité de Sam. Et cela va aussi jouer contre lui même s'il s'en est caché, même s'il n'a pas "osé" aller avec ami Tracy Bacon à Los Angeles. Sam aura peur d'être traité comme une "pédale" toute sa vie, d'où sa motivation de prendre Rosa pour épouse d'ailleurs.


Les 400 premières pages se lisent bien même si Chabon est un auteur très verbeux (et cela n'aide pas avec l'édition que j'ai où la police n'est pas super grande, ce qui fait en fait beaucoup de lignes par page!) qui aime beaucoup beaucoup beaucoup décrire. Il adore aussi le flashback à tout va: dés la première page, Sam Clay est déjà vieux, ça commence déjà avec un flashback: sa rencontre avec Joe. Mais même quand Joe débarque, ça finit en flashback sur comment il est arrivé à New York en partant de Prague (caché dans une boîte où était transporté le Golem de Prague que les Juifs ont voulu protéger des Nazis). Mais même avant son voyage, il y a encore un flashback pour nous montrer l'enfance de Joe et comment il en est venu à voyager ainsi! Même sur la dernière partie, on suit un personnage puis Chabon revient sur comment il en a rencontré un autre... Chabon kiffe ça: les rétrospectives. J'ai trouvé ce procédé un peu lourdingue à la longue surtout sur la dernière partie avec cet autre personnage.

Après les premières 400 pages, on a un passage moins long en Antarctique que j'ai trouvé vraiment très très très pénible. Ce passage est le plus court mais aussi le plus long en ressenti. Je pense hélas que ma lecture en anglais a rendu la pénibilité encore plus pénible. La dernière partie se passe dans les années 50, une époque connue aussi pour les fans de comics comme un jalon avec le livre Seduction of the Innocent du psychiatre Wertham avec ce qui sonnera le glas de certaines publications. Cette partie est beaucoup trop longue
Citation:
avec le retour de Joe qui ne "sait" pas comment rentrer après avoir disparu 12 ans lors de l'entrée en Guerre des États-Unis en 41. Dans cette partie, on suit Tommy, son fils biologique qu'il a eu avec Rosa, adopté par Sam qui s'est marié avec celle-ci, enceinte.


Je dois dire qu'une fois que la fin est arrivée, je me suis sentie soulagée. J'ai trouvé que Chabon jouait un peu trop sur le mélo tout au long du roman, et que cela s'accentue surtout sur la fin du livre. Je pensais que le livre aborderait une période plus longue, jusqu'aux années 80 avec l'essor du graphic novel, car l'idée était en germe quand on voit les travaux perso de Joe. Finalement, il nous plante en plein milieu des années 50. Je trouve ça un peu dommage. C'est un roman qui aborde beaucoup de choses, avec aussi beaucoup de drames. En fait, ce roman m'a fait penser à un biopic si c'était un film. Il y a tout ce côté flashback, les sauts dans le temps, l'aspect mélo aussi. Il se présente d'ailleurs comme tel puisqu'il s'agit d'une biographie fictive de ce duo culte du Golden Age.

Au final, je reste partagée par ce roman. Trop long et trop verbeux. Contrairement à d'autres lecteurs VF, je n'ai pas trouvé qu'il y avait tant de notes de fin de page pour décrire qui est qui dans l'industrie comics ni les super héros. Il y a quelques notes en anglais, et toutes sont fictives puisque notre duo n'existe pas. Je dirais qu'une des grandes forces de Chabon dans ce livre, c'est d'avoir rendu cette histoire crédible puisque chez les lecteurs français non lecteurs de comics, j'ai vu certains dire qu'ils ont cherché si The Escapist existait Sourire . En fait, je pensais plus lire un roman focalisé sur les comics plutôt qu'un mélodrame avec des auteurs de comics. Même si le comics est bel et bien présent dans la première partie.
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Gemini_
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Message Posté le : 16/11/20 18:19    Sujet du message: Répondre en citant

Je viens de terminer le livre de William Blanc sur les super-héros, et ce que tu décris fait totalement sens. The Escapist renvoie certainement à Houdini, présenté par l'historien comme un super-héros avant l'heure, un symbole de liberté se défaisant littéralement de ses chaines ; d'autant plus que, d'origine lui-aussi juive, il avait fui l'Europe pour s'installer aux USA.
Quant aux auteurs de comics souhaitant écrire de la "vraie littérature", c'était aussi une réalité à l'époque. Notamment Stan Lee, qui utilisait un pseudonyme et gardait son véritable nom pour le jour où il écrit le grand roman américain de ses rêves.
Ceci étant, ta description du bouquin ne me donne pas très envie de m'y atteler.
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- Tu es critique. Cela signifie que tu dois classer les films sur une échelle qui va de "bon" à "excellent".
- Et si je n'ai pas aimé ?
- Ça correspond à bon !
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Taliesin
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Message Posté le : 16/11/20 18:29    Sujet du message: Répondre en citant

Oui je sais aussi pour Houdini. Chabon est un auteur que je trouve intéressant pour la thématique juive souvent présente dans ses livres. Je précise que j'ai lu le livre en anglais alors ça a sûrement pu me donner plus de bâtons dans les roues que si je l'avais lu en VF. Je suis partagée car je trouve que le livre est intéressant sur 400 pages et que c'est vraiment sur la seconde moitié que j'ai été déçue. L'aspect mélo est là mais je ne sais pas comment l'ont ressenti d'autres personnes (dans ma tête ça s'est traduit par des musiques de film comme on entend dans certains biopic un peu mous ^^; ). C'est un roman riche qui aborde vraiment plein de sujets. Les avis de lecteurs américains sont dithyrambiques c'est vraiment un roman mega culte aux États-Unis. Je ne trouvais pas son nom mais il y Jim Steranko qui a aussi été artiste de l'évasion comme Joe Kavalier. Perso je trouve le personnage de Sam plus sympa que celui de Joe (parfois eu envie de le... arrrg la communication verbale ça EXISTE) mais c'est vraiment Joe le héros (ah oui je ne l'ai pas dit dans mon post, oublié cette partie mais ce personnage m'a vraiment agacée. OK il souffre mais il est tellement secret: quand il est avec Rosa, il ne partage RIEN avec elle alors que celle-ci se met en quatre pour lui... cet aspect du personnage m'aura GONFLE jusqu'au bout - surtout la dernière partie justement...).
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Taliesin
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Message Posté le : 25/11/20 14:51    Sujet du message: Orgueil et Préjugés Répondre en citant

Orgueil et Préjugés de Jane Austen

Voilà. Je peux le dire: j'ai lu Jane Austen! Même si le roman est culte, j'avoue qu'avant sa lecture, je ne connaissais pas l'intrigue (à tel point que je découvre ENFIN le lien entre Orgueil et Préjugés et Le Journal de Bridget Jones - je n'avais pas trop pigé les références lorsque je l'avais lu). Je suppose qu'ici, tout le monde la connaît.

En bref, la famille Bennet fait partie de la gentry (la petite noblesse rurale sans titre) du Hertfordshire. Les Benett ont 5 filles toutes en âge de se marier (22 à 16 ans, l'une a donc dépassé les 20 ans! il y a donc urgence) et c'est bien l'obsession de Madame Benett de voir ses filles au bras d'hommes de bonne fortune (de préférence). En effet (et ça m'a fait gratter la tête plus d'une fois...), leur propriété est soumise à l'entail (une close en gros) de sorte que celle-ci ne peut être héritée que par la branche masculine de la famille. Il y a donc urgence de marier les filles: à la mort de Monsieur Bennet, les 5 filles seront expropriées au profit d'un cousin lointain, Collins, héritier mâle le plus proche. Et voilà qu'au début du roman s'installe dans le voisinage un Monsieur Bingley, célibataire de bonne fortune (un coeur à prendre quoi). Monsieur Bingley est accompagné de ses soeurs (des pestes) et de son meilleur ami, un certain Monsieur Darcy qui regarde tout le monde de haut.

On se retrouve donc avec le schéma classique répété dans des milliers de comédies romantiques filmiques du 20ème siècle. Ce roman aura donc eu une descendance plus que vivace via cette intrigue de départ: Elizabeth déteste Darcy mais... bref. Voilà, ils ne s'aiment pas au début, rien n'est fait pour les rapprocher, et POURTANT!!! Au final, j'ai trouvé cette lecture prenante et même addictive. Surtout, j'ai trouvé l'écriture vraiment agréable à lire (lu en VO). Effectivement, ce qui a inspiré les comédies romantiques dont nous sommes abreuvés n'est qu'une partie du livre. Car le propos de Austen est bien le mariage à tout prix pour une femme dans cette époque (l'époque géorgienne, au tout début du 19ème siècle que Austen a bien connue). Le mariage à tout prix pour garder un confort matériel, la nécessité du mariage avec un bon parti. Pour une femme de la gentry, évidemment, qui ne peut travailler (c'est dégradant).

Austen observe la société de son époque avec un humour assez acide et sans pitié. Jane Austen aurait sûrement beaucoup amusé ses copines au téléphone, mais personne n'aimerait avoir son portrait dessiné par elle ^^; . Je n'aimerais pas être le modèle de ce pauvre Collins, personnage que j'ai trouvé ridicule de bout en bout. Un pur produit de son époque... Le personnage du père est sans pitié, décrivant souvent ses 3 dernières filles comme des idiotes. D'ailleurs, seules les 2 premières filles, Jane et Elizabeth, ont de la jugeote. Les 2 plus jeunes sont cruches et courent après des militaires pour flirter à qui mieux-mieux (elles appliquent l'éducation de leur mère: se marier à tout prix...), la mère est à fond dans les commérages. Seules les 2 sœurs sont mises en valeur. Et évidemment, Elizabeth: une fille intelligente, observatrice, fière qui a du caractère et dit ce qu'elle pense. En gros, c'est un peu l'héroïne parfaite car elle saura évidemment apprivoiser l'autre forte tête bien fortunée (bien née!!!).

Un jour, j'aimerais lire Emma de Austen. Ce que je trouve fou, c'est la passion suscitée encore aujourd'hui pour les écrits de Austen. Il y a tant de débats et de discussions sur ses livres, plus particulièrement Orgueil et Préjugés!!! De mon côté, je l'ai lu en VO et ne comprenant pas le mot "entail" j'ai fini par chercher de quoi il en retournait... et j'ai même fini par lire une fiche Wikipédia consacrée à l'époque dans les romans de Austen! Il se trouve qu'en lisant un roman dans cette époque et cette classe sociale, je ne pouvais m'empêcher de me demander comment les gens passaient leur temps. Ou la fonction de gouvernante. En fait, j'ai lu ce livre et beaucoup d'à côtés! D'ailleurs, les heures de repas m'ont souvent surprise: le petit déj environ à 10h, le déjeuner (appelé dinner) vers 15h, le thé vers 17h puis le souper plus tard. Bref, rien à voir avec notre mode de vie.
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