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Cyril
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 04 Sept 2002
Localisation : Evry

Message Posté le : 26/05/18 06:19    Sujet du message: Répondre en citant

Eclats d'âme 2 : j'ai davantage aimé ce deuxième volume, qui m'a semblé moins vouloir imposer des idées. Au contraire, on y voit des personnages très différents et ce qui semble bon à l'un ne l'est pas forcément pour l'autre, même si le premier a de bonnes intentions. Je suis curieux de voir quelles conséquences les événements de ce volume auront pour le héros.

Le secret de l'ange 1 : un très bon shojo, axé sur une histoire de meurtre dont l'héroïne recherche le responsable avec le frère de la femme assassiné. Certes, Asashi est une lycéenne et il y a un aspect "triangle amoureux", ses amies soulignant d'ailleurs le côté beau gosse du frère. Mais il est loin d'être au coeur de l'oeuvre, bien plus centrée sur l'enquête autour de la mort de la professeur et sur les secrets des uns et des autres, et notamment de "l'ange" qui serait l'assassin, ce qui laisse sceptique, vu sa personnalité. J'aime bien l'ambiance, plus douce que glauque pour l'instant, malgré le sujet. Et la couverture est très belle.


Last pretender 1 : dans un monde de science-fiction, un tournoi est organisé pour déterminer qui sera l'épouse du futur roi. Pour ééviter le sort qu'a connu son père, le prince Kris choisit de se cloner lui-même pour fabriquer sa future femme, Kalki. Laquelle, sitôt réveillée, déclare ne pas vouloir l'épouser mais le tuer.

Le flyer contenant le premier chapitre ne m'avait pas convaincu, notamment parce que je ne voyais pas bien le rapport entre le synopsis et ce qui s'y passait. En fait, c'était l'histoire du père de Kris et ce passé explique les choix que va faire ce dernier. Et la suite du volume (je n'ai pas encore lu le 2) se révèle excellente. En le lisant, j'ai beaucoup pensé à Togashi : à cause des relations malsaines entre certains personnages, notamment le héros et sa mère qui rappellent la famille Zoldik, des plans tordus mis en oeuvre et de la profonde débilité de certaines idées, semblable à celle qu'on trouve dans Level E. L'aventure comporte déjà son lot de scènes d'action et d'humour tordu très réussies et les relations entre le trio de personnages principaux (et entre Kris et ses parents, avec de très bons strips entre les chapitres) fonctionnent très bien.
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Les chats, ils dépensent leur pognon au baby-foot, ils passent leur temps à fumer des pétards et à grimper au plafond. Les chats, c'est vraiment des branleurs. C'était un message du CCC, le Comité Contre les Chats.
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Gemini_
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 01/06/18 13:11    Sujet du message: Répondre en citant

The Bride was a Boy : Dans la lignée de My Lesbian Experience with Loneliness, l'éditeur américain Seven Seas propose un autre blog manga (pixiv ?) très personnel et traitant de sujets LGBT+.
Comme le titre l'indique, nous suivrons Chii, femme trans, dans son questionnement, son parcours pour s'accepter et faire accepter sa nouvelle identité, son traitement médical, son changement à l'état civil, et finalement son mariage. Non je ne dévoile rien, c'est le titre (et la couverture) de ce manga.
Les ressemblances avec My Lesbian Experience with Loneliness s’arrêtent toutefois au format (un tome unique d’environ 150 pages), l’autopublication, et le côté très personnel du récit. En effet, Chii possède une approche à la fois plus positive et plus didactique que Nagata Kabi.
Même si nous sentons que son questionnement ne fût pas sans heurts, et que cela s’est accompagné de moments de grande déprime, Chii bénéficie d’un très grand soutien de la part de son entourage, qu’il s’agisse de sa famille ou de son futur mari. De plus, elle avoue elle-même que dans son cas, les procédures furent assez rapides. Il en résulte un récit lumineux, certes touchant à de nombreux moments, mais avec une héroïne qui va de l’avant et qui finit bien pour tous les protagonistes. Chii possède un trait rond, presque enfantin, très agréable à l’œil, qui participe grandement à cette ambiance. Elle ne vit pas son parcours comme un fardeau mais comme une libération, nous sommes donc loin des crises de Nagata Kabi.
Autre aspect important, donc, le côté didactique. Entre deux scènes du quotidien, l’autrice nous informe sur la communauté LGBT+, la dysphorie de genre, et les conséquences pratiques de la transition d’un point de vue médical ou administratif. Elle s’est elle-même beaucoup renseigné sur tous ces sujets avant de franchir le pas. Elle en profite aussi pour répondre à des questions qui lui sont régulièrement posées (ou comment elle fait lorsqu’elle préfère ne pas répondre à certaines d’entre elles).
Alors, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Pas nécessairement. Nous sentons que le chemin fût long pour en arriver à son état d’épanouissement actuel, et elle se dit chanceuse notamment car son cas rentrait parfaitement dans le cadre de la loi japonaise. En effet, elle partage avec nous des histoires beaucoup plus compliquées que la sienne ; par exemple, le mariage homosexuel étant interdit au Japon, impossible pour une personne mariée de changer de genre auprès de l’état civil.
The Bride was a Boy fût une excellente lecture, à la fois sensible, amusante, et enrichissante. Si la langue anglaise ne vous dérange pas, je vous la recommande chaudement.


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- Tu es critique. Cela signifie que tu dois classer les films sur une échelle qui va de "bon" à "excellent".
- Et si je n'ai pas aimé ?
- Ça correspond à bon !
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Cyril
Mangaversien(ne)


Inscrit le : 04 Sept 2002
Localisation : Evry

Message Posté le : 22/06/18 06:44    Sujet du message: Répondre en citant



Nouveau manga de l'auteur de Beelzebub (qui n'a pas connu un grand succès au Japon, puisque stoppé au bout de 4 tomes), Hungry Mary a, comme Beelzebub d'ailleurs, un postulat de départ assez barré. Un prêtre et sa fille (ce qui pose déjà souci si on considère que le prêtre ne semble pas vêtu comme un pasteur et doit donc être catholique, et que la mère est habillée comme une religieuse, mais bref...) s'installent à côté de la famille shintoïste du héros, Taiga. Celui-ci tombe vite amoureux de la jeune fille, Anna mais, vu sa timidité et l'inimitié entre les deux familles, il n'ose rien lui avouer.

Quelques années plus tard, leurs relations vont changer lorsque Taiga, devenue lycéen, aperçoit Anna en train de réaliser une sorte d'exorcisme pour rappeler l'esprit de... Marie-Thérèse, fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette emprisonnée durant la Révolution. Et elle va se planter en beauté puisque Marie-Thérèse va se retrouver dans le corps de Taiga : lorsque l'âme de l'un est éveillé, c'est dans le corps de l'autre qu'elle agit, et réciproquement.

On reconnaître vite le style de Beelzebub puisqu'on retrouve, dans Hungry Marie, son humour idiot, son côté racaille et certains personnages se ressemblent très fortement. L'auteur en fait d'ailleurs lui-même le constat en dessinant côté à côté Hilda et Marie-Thérèse mais on peut aussi citer Taiga et Oga ou le copain looser du héros qui est un copié-collé de Furuichi. Si on passe là-dessus, ceci dit, on a un manga assez amusant : l'échange des corps propose des blagues classiques mais qui font mouche, de même que les références à d'autres mangas ou dessins animés. Pour 4 tomes, je pense que ça vaut le coup de faire la série.
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Cyril
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Inscrit le : 04 Sept 2002
Localisation : Evry

Message Posté le : 01/07/18 16:28    Sujet du message: Répondre en citant



La mode Sherlock Holmes frappe encore avec ce nouveau manga qui met en scène son ennemi le plus réputé (même s'il n'apparaît que dans peu d'histoires), le Napoléon du crime, le professeur James Moriarty.





Traditionnellement représenté ainsi, Moriarty, dans cette version, est beaucoup plus jeune (l'auteur du manga s'amuse d'ailleurs de ce contraste en fin de volume) : il est d'abord un enfant issu d'une famille de basse classe adopté par une famille aristocratique. Le comportement de ce milieu ne va pas le lui rendre particulièrement sympathique et, quelques années plus tard, avec l'aide de ses deux frères, il fait main basse sur l'héritage familial et devient un professeur de mathématique réputé, ce qui cache une réalité de consultant du crime.

Si le personnage reste assez froid, l'auteur tente de nous faire sympathiser avec lui en montrant la laideur de la société victorienne et en faisant participer son héros à deux crimes destinés à punir des hommes abusant de leurs pouvoirs. Les plans sont bien menés (surtout le premier ; je trouve que le second fait un peu trop vite appel aux talents du futur colonel Moran). Reste à voir comment le professeur évoluera et comment l'auteur compte nous présenter sa confrontation avec Sherlock Holmes : évolution de Moriarty vers le crime classique ou opposition entre deux visions de la société ? Ce premier volume est en tout cas intéressant à lire et, si la série ne se limite pas à une succession de crimes géniaux planifiés par le professeur, est plutôt prometteur pour la suite.
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Inscrit le : 03 Fév 2011

Message Posté le : 15/07/18 16:22    Sujet du message: Répondre en citant

Histoires de Femmes T1 : Dernière publication de Masako Yoshi en date chez Black Box. Peut-être la dernière, car je n'ai pas l'impression que ces séries rencontrent le succès. Mais l'éditeur fait au moins un heureux, car si rien ne prédisposait les œuvres de la mangaka à être traduites en langue française, il aurait été dommage de passer à côté. Ce qui me fait penser à toutes les autres Masako Yoshi qui, elles, n'auront jamais droit à une publication chez nous. Mais je m'égare.
D'après ce que j'ai compris de la carrière de l'artiste, elle a vécu sa période la plus faste dans les années 80 avec le magazine Margaret. Histoires de Femmes vient plus tard, au début des années 90, chez un autre éditeur mais surtout pour un public plus adulte.
La série change radicalement de ce que nous pouvons lire. A commencer par son format : le premier tome est entièrement en couleurs, en contient pas moins de 35 histoires de quatre pages chacune.
Une récente discussion avec Taliesin à propos de l'offre shôjo en France m'a rappelé qu'Histoires de Femmes trainait chez moi depuis quelques temps et qu'il faudrait que je m'y mette. J'avoue que le format histoires courtes m'a un peu rebuté au premier abord, mais je trouve au final qu'il s'agit d'une excellente idée. En effet, comme nous pourrions nous y attendre, cela permet de multiplier les personnages et les situations.
Il s'agit d'une succession d'instants de vie. L'auteur nous invite à suivre des femmes adultes, avec un intérêt particulier pour leurs relations amoureuses. C'est étonnant tout ce qu'elle arrive à raconter en seulement quatre pages, réussissant même à nous faire nous attacher à ces personnages. Il y en a vraiment pour tous les goûts, des femmes fortes et indépendantes, d'autres plus fragiles, des adultères, des amours naissants, de vieux couples, et ainsi de suite. Elles travaillent, ont des amants ou préfèrent rester seules, bref cela brasse très large. Certaines écorches même l'image que nous pouvons avoir de la femme japonaise (à mettre en parallèle de l'impact du mouvement #metoo au Japon) justement parce qu'elles ne se laissent pas marcher sur les pieds.
Si j'avais un reproche à faire concernant les situations mises en scène par la mangaka, c'est qu'elle nous dépeint plusieurs cas d'hommes mariés ou fiancés couchant avec d'autres femmes, mais jamais l'inverse. Peut-être parce que les hommes sont moins fidèles, ou parce que l'attirance des hommes pour des femmes plus jeunes fait qu'ils ont plus de chance qu'elles d'être en couple, mais cela aurait pu être intéressant de présenter aussi la relation inverse. Néanmois, l'amante n'est jamais présentée comme une briseuse de ménage, contrairement à ce que nous pourrions voir dans d'autres séries ; l'auteur éprouve énormément d'empathie pour ses héroïnes.
La diversité des situations fait que nous ne retirerons pas la même chose de chaque histoire. Certaines jouent plus sur un côté mignon et fleur bleue malgré l'âge des protagonistes, d'autres parlent de ruptures se déroulant plus ou moins bien ce qui suggère un aspect dramatique plus marqué. Enfin, il y a des passages misant surtout sur l'humour, comme celui où une femme tombe amoureuse à la piscine municipale d'un garçon beaucoup plus jeune qu'elle (et j'insiste sur le beaucoup). En tout cas, c'est bien plus mature et réaliste que la majorité des titres destinés au public féminin publiés en France, ce qui suffit à le rendre digne d'intérêt.
Vous l'aurez compris, j'ai passé un bon moment. Il me reste deux tomes à parcourir, qui d'après leur sous-titre respectif se consacreront apparemment moins aux relations amoureuses (même si ce premier volume ne se limitait pas à ça). Après, comme il s'agit d'histoires courtes, je pense qu'il vaut mieux picorer la série, lire quelques chapitres d'un coup puis laisser reposer et recommencer plus tard. Mais il me tarde de découvrir la suite.


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